Des frais de circulation excessifs.
La conférence de presse de fin d'année, qui s'est tenue en fin d'après-midi le 3 janvier par les dirigeants du ministère des Transports, s'est envenimée lorsque les journalistes se sont concentrés à plusieurs reprises sur la proposition d'instaurer une taxe de circulation pour les véhicules privés au Vietnam et une taxe pour les voitures entrant dans le centre-ville aux heures de pointe.

Pour réduire les embouteillages, des mesures globales et rationnelles sont nécessaires. Photo : QUOC ANH
En conséquence, la réglementation fixe un montant maximal de 50 millions de VND pour les voitures et de 1 million de VND pour les motos. Le ministre a déclaré : « Tout véhicule circulant sur la voie publique doit s’acquitter d’une taxe. La perception de cette taxe vise plusieurs objectifs, tels que la limitation du nombre de véhicules privés, l’investissement dans la modernisation et l’amélioration des infrastructures de transport, et le financement de solutions pour lutter contre les embouteillages… Le paiement de cette taxe est obligatoire pour pouvoir circuler. »
Le lendemain matin (4 janvier), l'émission « Actualités » diffusée sur VOV1, la radio nationale vietnamienne, a reçu de nombreux commentaires du public, dénonçant les nombreux aspects abusifs du plan de perception des taxes du ministère des Transports. Certains ont déclaré : « Le pays est encore pauvre et le principal moyen de transport est la moto ; or, on nous impose aussi des taxes sur les motos ! »
« C’est inacceptable. Le système de transports publics vietnamien est médiocre et vétuste ; comment peut-il répondre aux besoins de déplacement de la population ? On entend toujours la même politique : encourager l’utilisation des transports publics et limiter les véhicules privés. Mais les bus ne circulent qu’en ville ; à la campagne, il n’y en a pas. Alors, si les gens ne peuvent pas se rendre en ville en moto, comment font-ils ? Cela pèse lourdement sur leurs finances. Pour limiter les véhicules privés, il faut développer un système de transports publics, or, les interdire de cette manière freine le développement… Je suggère au secteur des transports de se pencher sur la question et d’envisager des mesures qui facilitent les déplacements des citoyens… » ; ou encore : « L’idée de faire payer des péages pour limiter les véhicules privés ? Je trouve cet argument inapproprié et peu convaincant. Le système de transports publics est insuffisant, les salaires sont bas, et maintenant, il faut payer des péages supplémentaires… »
Revenant sur le sujet, le ministre des Transports a déclaré que la proposition d'instaurer une redevance pour la circulation des véhicules privés et l'accès au centre-ville aux heures de pointe s'appuie sur les résolutions et décrets de l'Assemblée nationale et du gouvernement relatifs aux solutions globales de lutte contre les embouteillages et les accidents de la route, notamment la limitation du nombre de véhicules privés par des mesures économiques éprouvées. Il ne s'agit pour l'instant que d'une proposition du ministère des Transports qui attend sa mise en œuvre concrète. Chaque année, le secteur des transports déploie de nombreuses mesures pour réduire les accidents et les embouteillages, mais le nombre d'accidents reste élevé et les embouteillages persistent. Des mesures fortes sont donc nécessaires, à travers une série de solutions globales, dont la proposition d'instaurer une redevance pour la circulation des véhicules privés.
Il est important de souligner que, pour pouvoir circuler avec un véhicule, les usagers doivent déjà s'acquitter de nombreuses taxes et redevances. Il y a notamment les contributions au fonds d'entretien des routes, les frais d'immatriculation, les taxes environnementales et, désormais, une taxe de circulation supplémentaire. Concernant l'utilisation de cette dernière, les responsables du ministère ont déclaré que les fonds collectés seraient versés au budget de l'État et affectés à des projets approuvés par les autorités compétentes. Mais il est clair que pour les plus démunis (comme les conducteurs de moto-taxi), qui ont investi plusieurs millions de dongs dans l'acquisition d'une moto pour gagner leur vie, devoir payer 500 000 dongs par an pour pouvoir continuer à exercer leur activité est absurde et impraticable.
En 2012, le secteur des transports n'avait qu'un seul mot d'ordre : agir, agir et encore agir. Impossible, dès lors, de parler de solutions sans passer à l'action. Le ministère des Transports s'est engagé à agir avec urgence, détermination et efficacité. Ces signaux sont très positifs et visent à résoudre de nombreux problèmes du secteur. Il convient toutefois de rappeler que le ministère avait précédemment soumis au Premier ministre un projet de péage pour la circulation des véhicules privés au Vietnam, ainsi que pour l'accès au centre-ville aux heures de pointe. Cette proposition avait immédiatement suscité une vive opposition de la part du public et des experts du transport.
Le ministère des Transports relance cette solution. L'immense majorité de la population l'approuvera-t-elle et l'acceptera-t-elle ?
Selon Dai Doan Ket