Les îles Paracels et Spratleys n'ont jamais été un territoire chinois !
Malgré des décennies de recherches, de raisonnements fragmentaires et d'argumentations, la Chine n'a toujours pas prouvé quand elle a occupé pour la première fois les îles Paracels et Spratleys, ni comment elle a exercé cette « souveraineté ». C'est quelque chose qu'elle ne pourra jamais obtenir, car les îles Paracels et Spratleys n'ont jamais été un territoire chinois.
Les recherches révèlent que si les îles Paracels et Spratleys ont bien été mentionnées et décrites dans des documents chinois, ces descriptions ne reflétaient que la compréhension qu'avaient les Chinois de l'époque de la géographie, de l'histoire, des coutumes et des routes maritimes reliant la Chine aux autres pays. Aucun document ne fait état de Chinois se rendant dans ces deux archipels pour y produire de la nourriture. Ces écrits ne peuvent donc être considérés que comme des témoignages d'une compréhension partagée de ces lieux et n'ont aucune valeur juridique. Selon M. Nguyen Dinh Dau, membre du comité exécutif de l'Association historique du Vietnam, il est difficile d'accepter les conclusions des auteurs chinois selon lesquelles les îles Paracels et Spratleys auraient longtemps appartenu à la Chine : « D'anciennes cartes chinoises du Vietnam datant du début du XVe siècle situent clairement le Vietnam sous le nom de Giao Chi Quoc, le pays de Giao Chi, et la mer sous celui de Giao Chi Duong, ce qui signifie que la terre est Giao Chi Quoc et la mer, la mer de Giao Chi. Des centaines d'autres cartes internationales indiquent également clairement que les îles Paracels et Spratleys appartiennent au Vietnam. Toutes ces cartes concordent parfaitement. »
Les Chinois ont également présenté d'autres preuves pour démontrer leur souveraineté de longue date sur ces deux archipels.
Une carte dessinée par Jodocus Hondius en 1613 confirme que les îles Paracels et Spratleys appartiennent au Vietnam - Photo : Fournie par le Dr Tran Duc Anh Son - Directeur adjoint de l'Institut de recherche sur le développement économique et social de la ville de Da Nang.
Sous la dynastie Song du Nord (Xᵉ-XIIᵉ siècles), des patrouilles militaires furent organisées, partant du Guangdong et s'étendant jusqu'aux îles Paracels. On en conclut alors que « la cour des Song du Nord plaça les îles Paracels sous sa juridiction » et que « la marine chinoise patrouillait les îles Paracels ». Cependant, une analyse plus approfondie de ces données révèle qu'il ne s'agissait pas de patrouilles, mais de simples explorations géographiques s'étendant jusqu'à l'océan Indien, ne fournissant aucune preuve d'une occupation effective.
Deuxièmement, le ministère chinois des Affaires étrangères a invoqué des relevés astronomiques effectués en mer de Chine méridionale au début de la dynastie Yuan pour affirmer que les îles Paracels faisaient partie du territoire chinois sous cette dynastie. Or, les archives de l'Histoire Yuan montrent clairement que ces relevés, menés dans 27 localités, n'étaient pas des relevés « à l'échelle nationale », comme l'affirme le document de Pékin, mais bien des relevés des quatre mers, d'où l'inclusion de plusieurs lieux situés hors du « territoire chinois », tels que Goryeo (actuelle Corée), Tiele (actuelle Sibérie, en Russie) et la mer de Chine méridionale. De plus, l'Histoire Yuan elle-même indique clairement que le « territoire » méridional de la Chine sous la dynastie Yuan s'étendait uniquement jusqu'à l'île de Hainan.
Après avoir examiné attentivement les documents présentés par les Chinois, Monique Chemillier Gendreau, professeure de droit public et de sciences politiques à l'Université Paris VII Denis Diderot, ancien président de l'Association française des juristes démocrates et ancien président de l'Association européenne des juristes, a conclu que les Chinois savaient depuis longtemps qu'il existait de nombreuses îles dispersées en mer de Chine méridionale, mais que ces documents ne constituaient pas des bases juridiques suffisantes pour étayer l'argument selon lequel la Chine aurait été le premier pays à découvrir, explorer, exploiter et gérer ces deux archipels.
Par ailleurs, des documents vietnamiens montrent que le Vietnam possède non seulement depuis longtemps des connaissances sur ces deux archipels, mais qu'il les possède également de fait depuis au moins le XVIIe siècle, étant le premier État à y établir sa souveraineté.
PV (compilé)