Debout, fermes sur la frontière sacrée de la Patrie
(Baonghean) – Quand on parle de gardes-frontières, on ne peut s’empêcher de repenser aux vers d’un poème appris dans mon enfance : « Le policier des frontières / Accroupi à cheval / Le cheval galope à la vitesse de l’éclair / Toute la forêt est balayée par le vent… » (Phan Thi Thanh Nhan). Cette belle image m’est restée en mémoire durant toute mon enfance…
Puis, ma vie de journaliste m'a menée vers des lieux où les montagnes s'élèvent haut et les cascades dévalent les pentes, jusqu'aux sources des fleuves qui se jettent dans ma terre natale, où j'ai retrouvé cet uniforme vert familier par ces nuits glaciales et ces jours où le vent chaud et sec du Laos me brûlait les cheveux. Aux petits postes frontières précaires accrochés aux flancs des montagnes, je m'asseyais sur un lit rudimentaire, contemplant en silence l'unique oreiller, l'unique couverture vert foncé et le petit coffre qui renfermait un monde de nostalgie : des photos, des lettres de chez moi… Un soldat m'a confié qu'il n'avait pas fêté le Têt (Nouvel An lunaire) depuis des années, et que le mal du pays le rongeait, mais que son amour pour ses camarades le soutenait. Il célébrait le Têt à la frontière même, pendant sa patrouille. Son seul souhait était d'entendre la voix d'une jeune femme chanter…

Cours du soir pour enfants du village de Huoi Son, district de Tuong Duong, organisés par les agents du poste de garde-frontières n° 551. Photo : Hai Thuong
J'ai aussi voyagé une fois à bord d'un vieux véhicule de la Croix-Rouge appartenant à l'équipe de propagande culturelle des gardes-frontières de Nghệ An pour rendre visite aux populations et aux soldats dans des régions reculées. J'ai vu ces soldats, chargés de la culture, chanter à pleins poumons sur une scène rudimentaire faite de planches de bois assemblées à la hâte ; leurs jambes les faisaient souffrir à force de gravir des pentes abruptes jour après jour. Après le spectacle, une femme, le cœur lourd du manque de ses jeunes enfants, a caché ses larmes amères dans la forêt, la nuit venue…
Au-delà de l'image héroïque et romantique des soldats accroupis à cheval au cœur d'une forêt balayée par le vent, le garde-frontière que j'imagine aujourd'hui est plus réaliste, plus proche de moi, et bien plus beau. C'est le visage penché sur un livre pour enfants dans les hauts plateaux. C'est la chaleur des mains qui aident les villageois à planter le riz, les fruits de la passion et les courges vertes en abondance. Ce sont les questions bienveillantes posées lors de l'examen et du traitement des malades dans les régions défavorisées. Ce sont les pas infatigables sur les routes frontalières, et l'émotion contenue qui les étreint lorsqu'ils saluent en silence l'hymne national devant le drapeau national à la borne frontière. Que de sacrifices silencieux se cache derrière ce simple uniforme vert…
Un villageois âgé des hauts plateaux a envoyé un message à un journaliste du journal Nghe An : « Notre village est bien différent aujourd’hui, grâce aux gardes-frontières. » Au fil des ans, 53 membres du Parti, devenus gardes-frontières, ont rejoint les sections locales du Parti dans des villages et hameaux situés dans des zones stratégiques, et 23 autres sont devenus secrétaires et secrétaires adjoints de comités du Parti dans des zones frontalières et défavorisées. Les villageois parlent toujours de ces « fils » bien-aimés avec respect et fierté. Parmi eux, on compte le lieutenant Phan Van Thang de la commune de Dien Hai, district de Dien Chau ; le commandant Dam Thien Thuong des hauts plateaux de Tri Le ; le lieutenant-colonel Que Van Su de Thong Thu (Que Phong) ; le lieutenant-colonel Ha Dinh Tin de Bac Ly ; et le commandant Vu Van Hau de Ta Ca (Ky Son)…
Pour ma part, j'aimerais reprendre les mots de quelqu'un : « Ce n'est pas seulement lors de l'anniversaire de la fondation des gardes-frontières que l'image du soldat garde-frontière est profondément ancrée dans le cœur des Vietnamiens ; chaque mois, chaque jour, cette image y est profondément enracinée. Lorsque le pays est en proie au trouble, le soldat garde-frontière se dresse inébranlable en première ligne, inspirant confiance, fierté, amour et respect infinis. »
Nghe An Week-end