Établir des critères pour les nouvelles zones rurales en régions montagneuses.
(Baonghean)L'ouest du Nghệ An abrite de nombreuses communautés ethniques minoritaires, dont certaines sont relativement développées et importantes, comme les Thaï, les Hmộng et les Tho. À leurs côtés, on trouve également des groupes ethniques moins développés et moins nombreux, tels que les Khmộ, les Dan Lai et les O Du. Ces groupes ethniques sont dispersés et imbriqués, résidant principalement dans des zones montagneuses et forestières d'une importance stratégique sur les plans économique, politique, de la défense nationale, de la sécurité et de l'écologie. Leurs niveaux d'éducation et économiques sont faibles et leur développement inégal ; chaque groupe ethnique possède ses propres valeurs culturelles et son identité propres....
Aujourd'hui encore, certaines coutumes et traditions désuètes persistent ; l'isolement des clans et des villages demeure ; et les méthodes de travail reposent sur une pensée simpliste et l'expérience… L'ouest du Nghệ An reste une région pauvre, Ky Son étant l'un des districts les plus démunis du pays. D'autres districts, bien que légèrement plus prospères, connaissent encore des conditions de vie précaires et non durables pour les communautés ethniques minoritaires.
Par conséquent, l'élaboration d'un nouveau modèle rural pour les zones à minorités ethniques de l'ouest de la province de Nghệ An est complexe et ne saurait se résumer à la simple transposition d'un modèle existant. Elle exige plutôt une prise en compte adéquate du lien entre l'universel et le spécifique.
Les caractéristiques uniques de l'ouest de la province de Nghệ An ont eu des répercussions directes et indirectes sur la construction de nouvelles zones rurales dans cette région. Ces facteurs justifient également d'envisager des ajustements aux critères de construction de ces zones afin de les adapter aux spécificités des régions montagneuses, de haute altitude et à forte population minoritaire, et ainsi éviter des incohérences dans leur mise en œuvre. Plus précisément, les critères relatifs à l'irrigation et aux infrastructures routières rurales sont plus difficiles à respecter dans les zones montagneuses et à faible densité de population des régions à forte population minoritaire que dans les régions de plaine et de moyenne altitude.
Concernant les critères d'établissement des marchés ruraux, il n'est pas nécessaire que chaque commune dispose d'un marché pour desservir ses habitants, compte tenu des caractéristiques de la population et des coutumes ; de nombreuses communes possèdent déjà des marchés locaux qui répondent adéquatement aux besoins de la population, rendant ainsi inutile l'ouverture de nouveaux marchés. Quant aux critères relatifs aux logements résidentiels, tels que stipulés par le ministère de la Construction, qui exigent des maisons « quatre-en-un » (murs, colonnes, fondations et toiture solides), ils ne sont pas adaptés aux zones appartenant à des minorités ethniques, sans parler des spécificités culturelles qui influencent les choix de construction de ces communautés.
Concernant les critères de revenu, conformément à la décision n° 491/TTg du Premier ministre relative aux critères nationaux pour les nouvelles zones rurales, le revenu annuel moyen par habitant doit être de 1,2 à 1,5 fois supérieur à la moyenne provinciale, selon les spécificités de chaque région. La comparaison avec la moyenne provinciale s’avère très difficile pour les zones à forte concentration de minorités ethniques situées dans des régions reculées. Par conséquent, le revenu est un indicateur qui nécessite un travail de longue haleine dans les zones montagneuses.
De même, les critères relatifs aux équipements culturels, qui stipulent la superficie requise pour les centres culturels et les installations sportives, ne sont pas adaptés aux zones montagneuses en raison des caractéristiques du terrain, des besoins en services et des modes de vie traditionnels des minorités ethniques. Concernant les critères de création de coopératives dans les régions montagneuses et peuplées de minorités ethniques, leur développement exige des mécanismes spécifiques. Si les critères de création restent identiques à ceux des autres régions, ces coopératives risquent de n'être qu'une formalité, inefficaces pour le développement de nouvelles zones rurales, l'augmentation des revenus des coopérateurs ou la fourniture de services d'intrants, la conservation et la transformation des produits agricoles. Il est donc nécessaire d'introduire une plus grande diversité de coopératives afin de répondre aux spécificités de chaque région, sans se limiter aux coopératives traditionnelles.
Imposer aux régions montagneuses des réglementations et des pratiques issues des plaines, ou aux régions à majorité ethnique aux régions à minorité ethnique, lors de la construction de nouveaux espaces ruraux, s'avérera assurément inefficace. Par conséquent, l'élaboration de nouveaux critères ruraux pour les régions à minorité ethnique nécessite des recherches approfondies et une analyse pratique, afin de proposer des solutions permettant de construire un modèle rural plus adapté et réaliste pour ces régions spécifiques.
Phan Cuong (Union coopérative provinciale)