Sons du printemps
(Baonghean) – Il semble qu’au plus profond de chacun de nos cœurs résonne la voix du printemps, cette voix fraîche et vibrante. Après un hiver rigoureux, comme une suspension du temps, un silence dans l’espace, la voix du printemps est celle de la vie qui renaît, se régénère. C’est là, après tout, la loi de la vie. La nature est une création merveilleuse, toujours en équilibre dynamique. Dans la perte naît le gain, dans la mort naît la vie, dans l’immobilité naît le mouvement. Et la voix du printemps est l’aboutissement de la sublimation et de l’effusion d’un moment, d’un lieu et d’une harmonie humaine propices. Les arbres choisissent le printemps pour germer et bourgeonner, les choses choisissent le printemps pour renaître et se recréer. Les hommes choisissent le printemps pour les fêtes et les célébrations…
La pluie printanière est une pluie bienfaisante. De fines gouttes tombent, laissant l'herbe tendrement éclore. Après des mois de dur labeur dans les champs, les paysans choisissent ce temps pour se reposer, savourer l'abondance de leurs récoltes et préparer les fêtes du village, les robes traditionnelles à quatre panneaux, les foulards, les chapelets que les mères emportent au temple, et pour que les jeunes gens se rencontrent et trouvent l'amour. Le printemps vibre de vitalité, sa voix est à la fois ample et douce. Cette abondance printanière n'est pas seulement faite de fleurs et de fruits, mais aussi de salutations. C'est l'animation du marché sur la place du village. Le marché est un prétexte pour se serrer la main, échanger des salutations et partager sa joie, décuplant le bonheur et atténuant la peine. Nous aspirons à entendre le printemps comme les chants de l'opéra traditionnel, comme la douce rougeur printanière sur les joues de Thi Mau, qui ne mâche pas de noix de bétel. La jeunesse est l'âge de l'amour, et le printemps est le chant de l'amour.
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Nous avons traversé les sons de l'automne, « Le cerf doré égaré – Foulant les feuilles d'or tombées ». Les sons passionnés de l'été, avec ses flamboyants arbres aux teintes rouges et le chœur des cigales dissimulé dans le feuillage. Les sons de l'hiver, avec ses pommes de terre fumantes et le crépitement du maïs grillé. Les souvenirs d'enfance sont toujours intimement liés aux sons des couleurs, imprégnés et préservés par le goût, l'ouïe et la vue. Les sons du printemps semblent embrasser l'étreinte passionnée de l'automne, l'essence débordante de l'été et la fraîcheur de l'hiver, tout en subtilement ravivant et faisant renaître, et en filtrant délicatement les éléments les plus essentiels. Les sons du printemps sont un échange harmonieux, un don et une réception. Donner pour se régénérer, recevoir pour chérir et préserver. Les sons du printemps sont la graine de la vie, le commencement, la promesse, l'avenir.
Sous la douce bruine, nous purifions nos âmes, la tête découverte, pour que chaque mèche de cheveux, chaque goutte de pluie, reflète la belle lumière de l'eau. Le murmure du printemps est comme l'eau, doucement rafraîchissant, florissant et s'offrant à la vie !
Écrivain:Nguyen Ngoc Phu
