La fleur ne connaît pas la colère.
(Baonghean) - Les producteurs de fleurs ne se mettent pas en colère. Et les fleurs ignorent la colère ! Ainsi, peu importe combien les gens aiment, haïssent ou maltraitent les fleurs, partout sous le soleil, le moment venu, tout se pare de couleurs éclatantes et de parfums enivrants. Les fleurs ignorent la colère, c'est pourquoi « elles continuent de fleurir le long des routes de notre patrie ».
Les fleurs ont toujours été présentes, embellissant nos vies. Elles sont intimement liées à la vie spirituelle de l'humanité, dans la joie comme dans la peine : on s'offre des bouquets de fleurs fraîches pour se féliciter ; apporter un bouquet encore perlé de rosée à ses proches suscite l'émotion ; et offrir un bouquet à l'hôpital réconforte les malades. Lors d'un décès, famille et amis rendent hommage au défunt avec des couronnes soigneusement confectionnées.
Les fleurs symbolisent parfois une force indomptable. L'année dernière, à la mi-novembre, un massacre bouleversant a eu lieu à Paris. Après la tuerie, un père franco-vietnamien a emmené son fils de 3 ans se recueillir sur la tombe des victimes. Il lui a dit : « Ils ont des fusils, mais nous avons des fleurs. Les fleurs peuvent lutter contre les fusils. » Cette simple conversation entre le père et le fils, diffusée sur Canal+, est devenue virale sur internet. Inutile de préciser que cette phrase, « Les fleurs peuvent lutter contre les fusils », en dit long sur la valeur des fleurs.
Récemment, les saisons des fleurs ont également offert des opportunités au secteur du tourisme. On peut citer la saison des fleurs de sarrasin à Ha Giang, celle des tournesols à Nghệ An ou Da Lat, celle des tournesols sauvages à Da Lat ou Moc Chau, et celle des abricotiers et pruniers en fleurs dans le Nord-Ouest… Même à Hanoï, les saisons des fleurs se succèdent au rythme du temps : après la floraison du bauhinia vient celle du lilas des Indes, suivie de celle du lys, du lotus et de la fleur de lait ; et en fin d’année, dans la fraîcheur de l’hiver, la floraison de la moutarde jaune illumine les faubourgs.
Les fleurs symbolisent la beauté. Et qui n'aime pas la beauté ? Au rythme des floraisons, peu importe la distance, des gens de tout le pays partent à la recherche de ces fleurs. Il en résulte d'innombrables photos de fleurs publiées sur les réseaux sociaux, pour le plus grand plaisir de ceux qui ne peuvent pas simplement « faire leurs valises et voyager ». Hélas, après ces joyeuses occasions, les champs de fleurs se fanent et deviennent stériles. Les fleurs sont piétinées, alors même qu'on les aime !
Que serait la vie sans fleurs ? Sans couleurs ? Sans parfum ? Ces questions m'ont rappelé une histoire que j'ai lue autrefois. C'était l'histoire d'un père qui aimait les fleurs et possédait de nombreuses plantes en pot précieuses. Un jour, devant s'absenter, il appela son fils et lui demanda de prendre soin de ses précieuses plantes. Le fils s'occupa consciencieusement des fleurs, mais par un moment d'inattention, il fit tomber toute la treille, brisant les pots. Il était vraiment inquiet et triste. Mais finalement, il choisit d'attendre le retour de son père pour qu'il s'excuse. Le père l'attira à lui et lui dit doucement : « Je cultive des fleurs pour les apprécier et embellir mon âme, pas pour me mettre en colère. »
Les producteurs de fleurs ne se mettent pas en colère. Et les fleurs ignorent la colère ! Alors, peu importe l'amour ou la haine que l'on porte aux fleurs, ou la cruauté dont on fait preuve envers elles, partout, en ce jour béni, elles éclosent de couleurs éclatantes et de parfums enivrants. Les fleurs ignorent la colère, c'est pourquoi « elles continuent de fleurir le long des chemins de campagne ».
Ho Huy Son
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