Leçons apprises et exigences

October 6, 2011 14:13

(Baonghean)Depuis près de deux mois, l'opinion publique nationale est mobilisée par la construction d'un mur par des habitants du village de Quang Lang (commune de Thuy Hai, district de Thai Thuy, province de Thai Binh) devant l'entrée de l'usine de farine de poisson de Thuy Hai, suite à des problèmes de pollution. L'usine a été contrainte de fermer, engendrant des pertes économiques quotidiennes de près d'un milliard de dongs. Les premières investigations ont révélé : « Il y a bien une pollution, mais elle n'est pas encore grave » et « L'usine dispose d'un système de traitement des eaux usées, mais celui-ci est vétuste, non intégré et non conforme aux normes. »

De cette leçon coûteuse, nous devons réexaminer les violations environnementales similaires dans la province de Nghe An afin de mettre en œuvre résolument une planification globale et d'adopter des technologies propres – un sujet auquel les entreprises restent indifférentes, provoquant l'indignation du public.

L'exemple le plus frappant remonte à 2006, lorsque 200 habitants de la commune de Nghia Quang (district de Nghia Dan) ont manifesté contre l'usine de bois Viet Trung, exigeant l'arrêt de la production et la dépollution. La tension est telle que l'usine a dû déménager, engendrant des coûts de plusieurs milliards de dongs. Par la suite, les féculeries de manioc Yen Thanh et Thanh Chuong, polluant des zones résidentielles entières et provoquant la mort de poissons dans la rivière Lam, ont dû interrompre temporairement leur production et construire des stations d'épuration. Ces deux usines ont subi des pertes de plusieurs milliards de dongs, et des milliers de tonnes de manioc récoltées ont pourri. On aurait pu penser qu'après ces incidents, la production industrielle et les entreprises auraient tiré les leçons du passé. Or, la situation s'est récemment encore aggravée.



Une usine de traitement de métaux de récupération est à l'origine de pollution environnementale à Dien Hong (Dien Chau).
Photo : Chau Lan

En janvier 2010, des habitants du district de Nghia Dan ont creusé la route pour empêcher les véhicules d'accéder à la mini-usine de transformation de manioc de Hai Hoa, contraignant ainsi cette dernière à fermer ses portes. En réaction, des habitants de la commune de Dai Son (district de Do Luong) ont pris d'assaut la ferme d'élevage de Thai Duong, détruisant machines et ateliers en raison de la pollution environnementale.

Par ailleurs, les deux plus grandes usines de la province, la brasserie Saigon-Song Lam et l'usine d'emballage Sabeco, ont également fait l'objet de manifestations et ont dû verser des indemnités pour pollution environnementale. La brasserie a été condamnée à une amende de 72,5 millions de dongs et à payer plus d'un milliard de dongs de taxes environnementales, mais les habitants des quartiers de Truong Thi et Hung Dung continuent de déposer des pétitions. La situation est un peu plus calme concernant l'usine Sabeco, celle-ci ayant reconnu que ses eaux usées n'étaient pas traitées.

Plus récemment (avril 2011), l'usine de plastique Hoang Linh (située dans le parc industriel de Hung Loc, à Vinh) a été prise à partie par des élus locaux et des dizaines d'habitants qui ont filmé et photographié l'usine, exigeant l'arrêt de la production et la dépollution. Par ailleurs, lors d'une récente réunion du Conseil populaire de Vinh, des habitants ont signalé la pollution des eaux de la rivière (dans les sections Hung Tay et Hung Dong) due aux rejets d'eaux usées des sociétés Phuc Thinh et Viet Nhat Roofing.

En 2010, 14 entités ont été condamnées à des amendes pour diverses infractions à la protection de l'environnement, y compris celles considérées auparavant comme « inhabituelles » et rarement critiquées par le public, telles que : la Song Lam Sugar Company, la Mineral Development Company No. 4, la Nghe An Food Company, l'usine de transformation de jus d'ananas concentré, la Seafood Import-Export Company, la Cua Hoi Frozen Seafood Processing Plant, la Song Lam Paper Company, l'Export Meat Processing Plant, la briqueterie Hoang Mai, la société Intimex, le projet environnemental Industrial Shrimp, la Nghe An Aquatic Products Company… Les infractions commises par ces entités comprenaient : le défaut de construction de systèmes de traitement des eaux usées conformes aux normes ; le défaut de collecte des eaux usées domestiques ; l'absence de permis de rejet des eaux usées ; et la mauvaise gestion des déchets dangereux.

Une cause fréquente de pollution environnementale due aux entreprises manufacturières est leur mépris des problèmes de pollution et leur refus d'investir dans la construction de systèmes de traitement des déchets.

Une autre raison réside dans le manque de coordination de la planification globale. Même le parc industriel de Bac Vinh, en activité depuis plus de dix ans et qui a attiré 29 projets occupant l'intégralité de ses 60 hectares, ne dispose toujours pas d'une station d'épuration centralisée. De même, le parc industriel de Nam Cam, après cinq ans d'exploitation, n'a toujours pas finalisé la planification d'une zone de collecte des déchets solides ni d'une station d'épuration centralisée. Les parcs industriels de plus petite taille sont encore plus démunis face à ces exigences de planification obligatoires.

En revanche, la plupart des sites de production de notre province, faute de capitaux suffisants et d'accès aux nouvelles technologies, utilisent encore des lignes de production, des équipements, des matières premières et des méthodes d'utilisation des produits chimiques obsolètes. Par exemple, alors que le pays a depuis longtemps abandonné la technologie de production de ciment en four vertical, source de poussière, au profit du four rotatif et de machines modernes de dépoussiérage, nous continuons d'utiliser le four vertical. C'est un fardeau que les cimenteries d'Anh Son (12/9) et de Cau Duoc devront surmonter au prix de coûts considérables et sur le long terme.

Aujourd’hui, parallèlement à une planification globale et à des investissements dans des systèmes modernes de traitement des déchets et des eaux usées, l’application de technologies propres de pointe est également mise en œuvre. Pour notre province, compte tenu de la pollution environnementale grave et généralisée, ces deux approches doivent être prioritaires.


Hoang Chinh