L'ONU adopte un accord sur le contrôle des armements.

April 3, 2013 10:58

Aux termes de l'accord, les pays participants devront divulguer leurs chiffres annuels de ventes d'armes...

Le 2 avril, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé, par 154 voix contre 3, le premier accord international visant à contrôler le commerce mondial des armes. Ce document important contribuera à limiter la vente d'armes conventionnelles aux gouvernements et aux groupes armés qui commettent des crimes de guerre, des génocides ou des actes de violence à grande échelle.

La ratification par l'Assemblée générale des Nations Unies du Traité sur le commerce des armes (TCA), après près d'une décennie de discussions, a été perçue par la plupart des États membres comme un tournant dans les efforts visant à contrôler le marché mondial des armes, d'une valeur de 60 milliards de dollars, ainsi qu'à prévenir les conflits armés et la criminalité.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Vuk Jeremic, a souligné : « Je suis convaincu que l’absence de cadre juridique pour le contrôle des armements a contribué aux conflits, à l’instabilité régionale, au terrorisme et à la criminalité transnationale organisée. Cet accord démontre le lien entre la présence d’armes dans les pays en développement, notamment dans les zones de conflit, et les atteintes au développement durable et aux droits humains. »


Séance de vote - Photo : ONU

Conformément à l'Accord sur le commerce des armes (TCA), le transfert d'armes conventionnelles telles que des chars, des navires de guerre, des avions de chasse et des armes légères vers des pays soumis à des sanctions de l'ONU ou impliqués dans des actes de génocide, des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre est interdit.

L'accord exige des gouvernements participants qu'ils mettent en place des systèmes nationaux d'enregistrement des ventes d'armes conventionnelles afin de garantir que ces armes ne tombent pas entre les mains d'organisations terroristes ou d'autres groupes armés. De plus, les pays participants doivent publier leurs chiffres annuels de ventes d'armes.

L'accord ne stipule aucun contrôle des armements dans un pays en particulier, mais les pays participants doivent établir et mettre en œuvre des réglementations pour contrôler le transfert d'armes conventionnelles et de composants connexes, ainsi que pour réglementer les intermédiaires dans ce domaine.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a salué l'accord sur le commerce des armes (TCA), le qualifiant d'outil puissant, efficace et viable qui contribue à renforcer la sécurité mondiale et à protéger le droit légitime des pays d'acheter des armes.

Parallèlement, l'ambassadeur de la Russie auprès de l'ONU, Vitaly Tchourkkine, a déclaré que la Russie était préoccupée par certaines dispositions qu'elle jugeait ambiguës dans l'accord, notamment la définition du génocide. La Russie figurait parmi les 23 pays qui se sont abstenus lors du vote. L'Inde, l'Égypte, l'Indonésie et le Pakistan ont également fait valoir que l'accord favorisait injustement les principaux exportateurs d'armes. La négociatrice en chef indienne, Sujata Mehta, a par ailleurs averti que l'accord était insuffisant face au terrorisme et désavantageux pour les importateurs d'armes.

L'Iran, la Corée du Nord et la Syrie – trois pays ayant voté contre – se sont fermement opposés au TCA, arguant que l'accord empêcherait les petits pays d'acheter et de transférer des armes pour leur autodéfense. L'Iran a déclaré que l'accord de contrôle des armements protège les propriétaires d'armes aux États-Unis, mais pas ceux vivant sous occupation étrangère.

Auparavant, une conférence visant à trouver un consensus entre tous les États membres de l'ONU sur l'accord ATT avait échoué en raison de l'opposition des trois pays susmentionnés.


Selon VOV - DT