Conformisme ou innovation ?

May 20, 2013 18:34

(Baonghean) - Le développement du projet de réforme fondamentale et globale de l'éducation et de la formation est actuellement dans sa phase finale....

(Baonghean) – Le projet de réforme fondamentale et globale de l’éducation et de la formation est actuellement en phase finale. En effet, d’ici deux ans environ, et plus précisément après 2015, le secteur de l’éducation devra procéder à une réforme complète des programmes et manuels scolaires de l’enseignement général, conformément à la résolution de l’Assemblée nationale de 2000. À l’approche de cette phase finale, les contributions, les discussions et même les critiques se multiplient.

Récemment, des débats ont émergé sur les forums en ligne concernant la durée idéale de l'enseignement général : 10, 11 ou 12 ans. Certains préconisent un système de 10 ou 11 ans, tandis que d'autres défendent un système de 12 ans. L'option de 10 ou 11 ans présente l'avantage de réduire la scolarité d'un ou deux ans, diminuant ainsi l'investissement de l'État et des parents. Cela permettrait d'alléger le fardeau financier pesant sur l'éducation.

Deuxièmement, raccourcir la durée du lycée permettrait aux élèves d'entrer plus tôt à l'université. Cette option est envisageable si le programme scolaire est suffisant pour leur fournir les connaissances fondamentales nécessaires. L'autre point de vue, qui prône le maintien du cursus actuel de 12 ans, soutient que cette durée est indispensable pour doter les élèves des connaissances essentielles requises pour l'enseignement supérieur. Les deux dernières années du lycée devraient non seulement compléter les connaissances fondamentales, mais aussi inclure une orientation professionnelle, permettant aux élèves d'évaluer leurs aptitudes et de choisir une formation professionnelle, un enseignement secondaire professionnel ou des études supérieures. En résumé, les deux points de vue sont pertinents.

Un autre point de vue, plus global, souligne la nécessité d'élaborer une philosophie éducative claire. À ce jour, nous manquons toujours d'une philosophie éducative adéquate qui puisse servir de principe directeur à long terme. Cet argument semble convaincant. Cependant, l'examen de l'état actuel de l'éducation au niveau secondaire, voire supérieur, révèle que nos méthodes pédagogiques actuelles sont excessivement rigides et mécaniques, et n'encouragent ni la pensée créative ni le développement des élèves. En effet, dès l'école primaire, nos enfants sont contraints de s'adapter à des méthodes d'enseignement rigides et mécaniques. Concrètement, ils doivent mémoriser des dissertations et des problèmes de mathématiques types fournis par les enseignants, sans aucune stimulation créative. La lecture de leurs cahiers met en évidence cette approche rigide et mécanique. Par exemple, lorsqu'ils décrivent un médecin, les élèves terminent tous leur dissertation par : « Je rêve de devenir médecin quand je serai grand. » Lorsqu'ils décrivent une ouvrière, leurs dissertations se terminent par : « Je rêve de devenir éboueur quand je serai grand. » Même lorsqu'ils décrivent leur grand-mère, la conclusion est : « Je rêve de devenir grand-mère quand je serai grand. »

En résumé, après trois ou quatre dissertations, il était évident que, pour décrire n'importe quelle profession, les élèves concluaient tous par la même phrase. Selon eux, cela s'explique par le fait que « le professeur nous a dit de faire comme ça. On l'a appris par cœur, et dès qu'on rencontrait une question, on s'y conformait. » Ayant été exposés à ce type d'apprentissage dès leur plus jeune âge, il leur sera très difficile de se défaire de cette mentalité rigide une fois adultes.

Par conséquent, la question de savoir si l'éducation devrait durer 10, 11 ou 12 ans, et comment élaborer une philosophie de l'éducation, sont autant de sujets qui méritent un débat approfondi. Mais surtout, il est crucial de déterminer dès le départ s'il convient d'opter pour une approche rigide et mécanique de l'éducation ou pour une approche créative, afin d'orienter l'élaboration des manuels scolaires et de façonner les pratiques pédagogiques des enseignants. L'expérience actuelle montre que les pays développés les plus performants au monde sont ceux dont les systèmes éducatifs stimulent fortement l'imagination et la créativité de leurs élèves.

Notre système éducatif doit-il donc suivre une voie rigide et mécanique, ou une voie créative ?


Duy Huong