Pourquoi ne pas essayer d'être un initié ?
(Baonghean) - Enfin, le chiffre exact de 100 000 personnes a été inclus dans le projet de décret sur le plan de rationalisation de la main-d'œuvre sur 6 ans (2014-2020) soumis par le ministère de l'Intérieur pour commentaires.
L'opinion publique a été inévitablement surprise par l'apparition plutôt inattendue d'une mesure jugée « sensible », surtout en cette période de festivités printanières. Bien qu'il ne s'agisse encore que d'un projet de document, et qu'il doive donc encore passer par de nombreuses étapes d'examen, plusieurs niveaux d'évaluation, des avis d'experts, et surtout l'approbation finale du Premier ministre avant sa mise en œuvre, compte tenu des longs délais habituels en matière de mise en œuvre des politiques publiques, il faudra probablement beaucoup de temps avant que cette mesure visant à réduire le nombre de fonctionnaires corrompus ne devienne une réalité. Cependant, le projet de décret a immédiatement suscité l'attention, non seulement des fonctionnaires, mais aussi de la société dans son ensemble.
L'inquiétude du public est compréhensible, car il s'agit d'un problème persistant et urgent au sein du système, d'une exigence objective du processus de développement et d'une situation jugée très complexe. Complexe, car elle affecte directement les citoyens et, de surcroît, les responsables politiques. Lorsqu'une politique, même à ses balbutiements, suscite autant d'attention, il ne s'agit certainement pas d'un simple « projet tombé du ciel » (une expression tirée du spectacle humoristique du Têt de 2014). L'efficacité des fonctionnaires est depuis longtemps considérée comme l'une des limitations les plus persistantes. L'opinion publique semble avoir atteint un point de saturation et rien ne change. L'expression « fonctionnaire débordé » est omniprésente dans les débats publics.
Les contribuables ont de quoi s'indigner d'apprendre que près de 30 % des fonctionnaires gaspillent l'argent public en « ne faisant rien » ! L'opinion publique, parfois ironique, exprime son mécontentement : « Tout le monde a un emploi, mais personne ne veut travailler ; personne ne veut travailler, mais tout le monde est payé ; tout le monde est payé, mais le salaire de personne ne suffit pas à vivre ; le salaire de personne ne suffit pas à vivre, mais tout le monde survit. » La population attend depuis longtemps que le gouvernement prenne des mesures concrètes pour afficher son intention, et qu'il s'attaque progressivement au problème de cette surabondance de fonctionnaires. Dans une récente déclaration, le vice-Premier ministre Nguyen Xuan Phuc a affirmé : « Dans notre système, jusqu'à 30 % des fonctionnaires sont inutiles car ils se contentent d'arriver le matin et de partir le soir, sans aucune productivité. » Ainsi, des plus hauts dirigeants aux simples citoyens, tous reconnaissent et condamnent cette situation. Le projet de décret relatif à la réduction des effectifs a donc été élaboré pour contribuer à atténuer la pénurie liée à cette politique.
Cependant, cette question a suscité de vives inquiétudes au sein de l'opinion publique. Tout d'abord, le chiffre de 100 000, un nombre apparemment « idéal » et rond, mais qui ne semble pas reposer sur une étude scientifique. On soupçonne une interprétation subjective de ce chiffre important. Quelqu'un a même tenté le calcul : actuellement, on compte environ 2,8 millions de fonctionnaires à l'échelle nationale. Si l'on prend 30 % de 2,8 millions, cela représente environ 840 000 personnes… Or, en six ans, nous n'avons réussi à « régler » que moins d'un huitième de ce nombre. Peut-on considérer cela comme « fondamental » ? À ce rythme, quand notre système de fonction publique sera-t-il véritablement rationalisé ? Supposons qu'après six ans, nous parvenions à « régler » 100 000 cas, qu'adviendra-t-il des 740 000 restants ? Faut-il réellement attendre « huit fois six » (48 ans) ? Il n'est donc pas déraisonnable d'affirmer que la politique en elle-même est correcte et bonne, cela ne fait aucun doute, mais que le niveau des « objectifs » est un peu… « amusant ».
La seconde préoccupation est que le projet semble insuffisant pour inspirer confiance quant à l'issue positive du processus de réduction des effectifs. On craint que, malgré la réduction prévue, la qualité des effectifs ne soit pas garantie ; des manœuvres opportunistes pourraient-elles avoir lieu ? Des inquiétudes concernant la corruption, voire un passage d'une attitude respectueuse à une attitude d'évitement, sont soulevées. Certains disent : « Nous avons peur avant même de commencer », tandis que d'autres affirment : « Il faut avoir peur pour faire quoi que ce soit. » C'est l'opinion publique, mais ces craintes ne sont pas infondées et ne sont pas dénuées de fondement.
Un autre sujet de préoccupation est que 80 % des personnes licenciées sont en âge de prendre une retraite anticipée. Cela signifie que d'ici quelques années, même sans réduction d'effectifs, elles devront de toute façon prendre leur retraite conformément à la réglementation. Dès lors, quel est l'intérêt de cette réduction d'effectifs ? Seuls 20 % des employés sont effectivement licenciés, alors que la réalité confirme que la fonction publique n'a pratiquement pas de limite d'âge ! Certes, il ne s'agit que d'un projet, et nous avons la responsabilité de contribuer à son élaboration. Nous restons toutefois plutôt favorables à la non-fixation d'un objectif à si long terme. Nous devrions peut-être définir un objectif général, puis mettre en place un projet pilote d'un ou deux ans, après quoi nous analyserons et évaluerons les résultats, et élaborerons simultanément une feuille de route pour résoudre définitivement le problème de pénurie de personnel persistant.
C'est toujours la même histoire : « C'est plus facile à dire qu'à faire… », alors nous encourageons chacun à se mettre à la place des personnes concernées pour comprendre, éprouver de l'empathie et agir au mieux. Mettez-vous à la place des décideurs politiques pour saisir les difficultés, à celle des fonctionnaires pour coopérer… Et surtout, si vous êtes fonctionnaire, osez vous mettre à la place de ceux qui sont « licenciés » pour éprouver de l'empathie. Qui sait, cela pourrait nous motiver à redoubler d'efforts et constituer la préparation nécessaire au changement en nous. Après tout, reconnaître nos limites et se retirer volontairement pour permettre le progrès est aussi une pratique culturelle… c'est aussi une contribution, et c'est aussi une façon de construire !
Nguyen Khac An