« Tant que ce n'est pas révélé, il n'y a pas de... regrets ? »
(Baonghean)Depuis que la résolution n° 4 du Comité central du Parti a profondément marqué la vie sociale, la lutte contre la corruption semble être entrée dans une nouvelle phase, avec la mise au jour successive d'affaires majeures. La population s'habitue peu à peu aux chiffres alarmants des pertes. Elle n'est plus non plus surprise de voir des fonctionnaires auparavant considérés comme intègres s'incliner soudainement et avouer leurs méfaits devant le tribunal ! Pourtant, depuis une semaine, l'opinion publique reste sous le choc d'un scandale de corruption présumé d'envergure transnationale, après qu'un entrepreneur japonais (JTC) a accusé des responsables des chemins de fer vietnamiens de s'être partagé des milliards de dongs en pots-de-vin.
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| Un projet utilisant des fonds d'aide publique au développement japonais (photo trouvée sur Internet) |
L'affaire a rapidement pris de l'ampleur pour plusieurs raisons : d'abord, sa dimension internationale ; ensuite, l'ampleur considérable des prétendues « commissions » ; troisièmement, l'intervention immédiate et décisive des autorités ; et enfin, les personnalités connues impliquées dans les accusations. Force est de constater que jamais auparavant une campagne anticorruption n'avait été menée avec autant de rapidité et de détermination, avec une telle crédibilité, voire un certain zèle. Les équipes de travail déployées en permanence, les lignes téléphoniques dédiées à l'affaire, les nombreux articles de presse, les suspensions et les explications suscitent un vif intérêt public. Et à juste titre, car l'affaire est d'une ampleur et d'une gravité exceptionnelles ! Il ne s'agit plus seulement d'une affaire intérieure ; l'honneur national est désormais en jeu, de même que la mobilisation de l'APD et d'autres sources de financement… Alors que les relations entre le Vietnam et le Japon sont excellentes, que le 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques confirme les progrès accomplis dans ces relations, que les visites officielles amicales entre les dirigeants des deux pays sont toujours chaleureuses… voilà que cet incident survient !
Alors même que l'opinion publique semblait avoir succombé au sentiment « un coup dur, des regrets pour la vie », une lueur d'espoir est revenue lorsqu'une douzaine de responsables, sommés de s'expliquer, ont affirmé à l'unanimité n'avoir reçu aucun centime de l'entrepreneur japonais JTC.
La situation s'est soudainement tendue. Il ne restait alors que deux possibilités. La plus improbable, mais aussi la plus probable, était que l'entreprise japonaise JTC accusait faussement nos fonctionnaires ! C'était la première possibilité, un dernier recours, certes, mais porteur d'espoir ! Chacun souhaitait que la vérité éclate, que nos fonctionnaires soient innocentés et que l'image positive de ces agents compétents et dévoués retrouve son cours quotidien au service du pays et du peuple. L'accusateur, quant à lui, devait être sévèrement puni par la loi. L'image positive de l'investisseur serait ainsi rétablie. Mais je le répète, il ne s'agissait que de la première possibilité !
Et la deuxième possibilité ? Se faire prendre, bien sûr !
L'opinion publique suit avec attention chaque développement. Cependant, il y a lieu de s'inquiéter, car en réalité, dans la plupart des affaires de corruption, avant qu'elles ne soient révélées, personne ne semble admettre sa culpabilité d'emblée. Il est fort possible qu'il s'agisse d'une sorte de « risque du métier », un cas où l'on ne se repent que lorsque la vérité éclate !
Nguyen Khac An
