Plus important encore, il s'agit de croyance.

June 9, 2014 14:28

(Baonghean)Récemment, en marge d'une session de l'Assemblée nationale, le vice-président de la Commission centrale des affaires intérieures a évoqué, lors d'un échange avec la presse, le financement de l'acquisition de renseignements destinés à la prévention et à la lutte contre la corruption. Il ne s'agit en réalité pas d'une pratique nouvelle, mais simplement de la poursuite de la politique menée par le Bureau du Comité central de pilotage de la lutte contre la corruption. Nombreux sont ceux qui y voient une avancée, une petite percée visant à améliorer concrètement l'efficacité de la lutte contre le détournement de fonds et la corruption, un domaine difficile, complexe et parfois dangereux. D'un point de vue professionnel, on peut y voir une tactique de collecte de renseignements employée par la Commission centrale des affaires intérieures.

D'après les informations recueillies lors de cet échange, depuis la mise en œuvre de cette politique, les autorités ont reçu une poignée de rapports, généralement de bonne qualité. Il convient toutefois de souligner que, malgré leur qualité, leur nombre reste largement insuffisant au regard de la réalité du terrain.

Il est particulièrement préoccupant de constater qu'à ce jour, à l'exception de la province de Lam Dong qui a mis en œuvre ce type de « collecte de renseignements », la plupart des directions provinciales des affaires intérieures n'ont pas encore concrètement appliqué ce système d'achat d'informations, bien que son application à grande échelle soit autorisée en principe. Certains expliquent cela par le fait que les capacités organisationnelles de chaque direction provinciale des affaires intérieures ne sont pas encore familiarisées avec cette nouvelle tâche. D'autres hésitent, estimant que les provinces hésitent par crainte de « dévoiler leurs faiblesses ». Ils se demandent si le fait de dépenser de l'argent pour acheter des informations et de laisser ensuite le problème en suspens ne risque pas d'entraîner des difficultés, voire de le rendre insoluble et de le faire stagner, comme cela s'est déjà produit.

Certains estiment que le prix maximal pour ce type d'information est trop bas. Dix millions de VND par renseignement ne compensent pas les pertes et les dommages causés par une fuite. Par conséquent, ce type d'information suscite peu d'intérêt, hormis les personnes courageuses, très responsables et celles qui sont ou ont été victimes de détournements de fonds et de corruption. En réalité, l'appréhension est présente tant du côté de l'acheteur que du vendeur, surtout du côté de celui qui fournit les informations. En effet, les personnes impliquées dans les détournements de fonds et la corruption sont généralement des individus influents. En bref, elles ont le pouvoir d'influencer de nombreux aspects de la vie des gens et des institutions à différents niveaux. Ainsi, malgré l'indignation générale face aux détournements de fonds et à la corruption, peu osent s'engager concrètement dans leur éradication. Cette appréhension est pleinement justifiée.

Parce que de nombreuses personnes courageuses se sont élevées pour dénoncer les pratiques néfastes, les détournements de fonds et la corruption, elles se sont ensuite heurtées à d'immenses difficultés et à des pressions considérables de la part des accusés. Certaines ont été victimes de discrimination et de représailles pour avoir signalé des actes répréhensibles, rencontrant des difficultés partout et en permanence. Elles ont même été licenciées, exclues du Parti ou agressées physiquement, malgré des accusations fondées. Certaines personnes ayant assisté à des conférences honorant des personnalités exemplaires dans la lutte contre la corruption et les détournements de fonds ont été isolées sur leur lieu de travail et à leur domicile, affectant ainsi leurs conjoints, leurs enfants et leurs proches. De plus, ces affaires de corruption et de détournement de fonds sont souvent traitées de manière superficielle et inadéquate, ce qui empêche que les coupables soient punis comme il se doit. Les citoyens se sentent alors en insécurité et doutent de leur protection lorsqu'ils luttent contre la corruption et les malversations. Ces histoires sont facilement vérifiables par les médias. Par conséquent, les gens hésitent à signaler, à informer ou à vendre des informations par crainte pour leur propre sécurité et celle de leurs familles.

Il ressort clairement de ce qui précède que rémunérer les personnes pour obtenir des informations permettant de détecter, d'enquêter sur et de poursuivre les actes de détournement de fonds et de corruption est nécessaire et fortement recommandé. Toutefois, il est plus important encore de renforcer la confiance du public dans la lutte contre les comportements répréhensibles, le détournement de fonds et la corruption en traitant les affaires avec rigueur et exactitude, conformément aux procédures et réglementations légales. Cette démarche doit s'accompagner de la garantie d'une sécurité absolue et d'une reconnaissance appropriée envers ceux qui participent à la lutte contre la corruption. Ce n'est qu'à cette condition que les citoyens seront motivés à collecter des informations et à les transmettre aux autorités, qu'ils soient rémunérés ou non.

L’achat d’informations pour lutter contre la corruption est nécessaire, mais plus important encore, et plus efficacement, il renforce la confiance au sein de la population.

Duy Huong