Le ministère de la Santé modifie en urgence le protocole de traitement de la rougeole.
Actuellement, une épidémie de rougeole sévit dans 60 des 63 provinces et villes, avec près de 7 000 cas signalés.
Des foyers de rougeole ont été recensés dans 59 provinces et villes, faisant état de milliers de cas et de 25 décès. Toutefois, le ministère de la Santé estime qu'il est encore trop tôt pour déclarer une épidémie. L'augmentation continue du nombre d'enfants atteints de pneumonie et d'insuffisance respiratoire liées à la rougeole est particulièrement préoccupante.
Quelle est la situation actuelle concernant la rougeole ? Pourquoi les hôpitaux signalent-ils des cas inhabituels alors que le ministère de la Santé n’a pas déclaré d’épidémie et affirme que la souche du virus est restée inchangée depuis 38 ans ? Pourquoi l’objectif d’éradication de la rougeole a-t-il été reporté de 2015 à 2017 ? Pour comprendre ce problème, nous nous sommes entretenus avec le professeur agrégé Tran Dac Phu, directeur du département de médecine préventive au ministère de la Santé.
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| Professeur agrégé Dr Tran Dac Phu, directeur du département de médecine préventive - Ministère de la Santé. |
PV : Jusqu’à présent, de nombreux hôpitaux ont signalé que l’épidémie de rougeole est inhabituelle, tandis que le ministère de la Santé insiste sur le fait qu’il n’est pas encore temps de la déclarer comme une épidémie. Alors, monsieur, quelle est la gravité de cette épidémie de rougeole ?
Professeur agrégé Dr Tran Dac Phu : Actuellement, l’épidémie touche 60 des 63 provinces et villes, avec près de 7 000 cas. On observe également de petits foyers épidémiques dans certaines communes et certains districts de provinces montagneuses du Nord. À Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville, les cas sont dispersés, sans foyers épidémiques importants, mais leur nombre reste élevé. Nous constatons actuellement une saturation des services, avec un grand nombre de patients admis dans les hôpitaux, notamment au service de pédiatrie de l’hôpital Bach Mai et de l’hôpital Saint-Paul. En revanche, les hôpitaux des provinces voisines accueillent peu ou pas de patients.
Toutefois, la décision de déclarer une épidémie de rougeole doit se conformer à la décision 64/2010/QD-TTg du Premier ministre. Cette décision repose sur les conditions suivantes : premièrement, le niveau de l’épidémie est supérieur à la moyenne annuelle locale ; deuxièmement, l’épidémie n’est pas maîtrisée localement. Si deux provinces déclarent une épidémie et en font la demande au ministère de la Santé, ce dernier procédera à la déclaration. Par ailleurs, le ministère de la Santé peut également déclarer une épidémie s’il observe des anomalies du virus ou un taux de transmission inhabituel.
Pour l'instant, les provinces maîtrisent la situation, c'est pourquoi le ministère n'a pas encore déclaré d'épidémie. De plus, les recherches du ministère de la Santé n'ont révélé aucune mutation génétique anormale, justifiant ainsi l'absence de déclaration d'épidémie.
Toutefois, l'absence d'annonce officielle ne signifie pas que nous n'informons pas le public de la situation, ni que nous négligeons les mesures de prévention. Dès février, le ministère de la Santé a lancé une campagne de vaccination et communiqué sur la situation de la rougeole et le risque d'épidémies dans les 63 provinces et villes du pays. Actuellement, nous poursuivons nos recherches afin d'informer le public sur la rougeole, tout en promouvant activement la campagne de vaccination. Les familles dont les enfants ne sont pas vaccinés ou n'ont pas contracté la rougeole pourront être vaccinées en mars et avril.
La ministre de la Santé, Nguyen Thi Kim Tien, inspecte les soins prodigués aux enfants souffrant de complications graves de la rougeole à l'Hôpital national pour enfants. (Photo : Dan Tri)
PV : Le secteur de la santé confirme depuis 38 ans que la souche du virus de la rougeole n’a pas muté, alors pourquoi les hôpitaux signalent-ils des développements inhabituels dans l’épidémie de rougeole, avec un nombre croissant d’enfants souffrant de pneumonie et d’insuffisance respiratoire liées à la rougeole ?
Professeur agrégé Tran Dac Phu : C’est également une question que nous devons étudier. Pourquoi les décès sont-ils concentrés uniquement dans le Nord, alors que le Sud n’en compte aucun ? On observe aussi des patients atteints d’autres maladies, comme des pneumonies d’origines diverses ou associées à des pathologies sous-jacentes. Par exemple, des complications après la rougeole, une immunodépression ou d’autres maladies. Cependant, nous ne pouvons pas encore identifier et déterminer toutes les causes de ces comorbidités virales ou bactériennes. Le ministère de la Santé mène activement des recherches pour expliquer ce phénomène et améliorer la prise en charge diagnostique, thérapeutique et d’urgence des patients.
PV : Si la souche du virus de la rougeole n’a pas muté, pourquoi le ministère de la Santé s’empresse-t-il de modifier le protocole de traitement, monsieur ?
Le professeur agrégé Tran Dac Phu explique : les modifications apportées aux protocoles de traitement ne dépendent pas de la souche virale. Elles doivent se fonder sur les symptômes cliniques, l’état du patient, l’expérience acquise pendant le traitement et toute nouvelle donnée pertinente. La mise à jour des protocoles est essentielle. Par exemple, si un hôpital obtient de bons résultats, le traitement sera adapté. De même, si un médicament s’avère efficace, il sera intégré au protocole, indépendamment de l’agent pathogène.
Nous avons modifié l'étude car nous avons constaté qu'après avoir traité des patients atteints de rougeole, les médecins acquéraient également de l'expérience dans la prise en charge des cas graves et la réduction de la mortalité, ce qui est maintenant intégré aux protocoles de traitement.
PV : Merci, monsieur !
Selon VOV.VN
