Le Japon se désengage de la Chine.
Selon les données publiées par l'Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO), les investissements des entreprises japonaises en Chine ont diminué de 33 % en 2013 par rapport à 2012, pour atteindre seulement 9,09 milliards de dollars en 2013.
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Selon JETRO, les entreprises japonaises ont investi 22,8 milliards de dollars en Asie du Sud-Est (Vietnam, Singapour, Thaïlande, Indonésie, Malaisie et Philippines) en 2013, soit un montant nettement supérieur à celui investi en Chine, bien que cette dernière soit le premier partenaire commercial du Japon. Il est également à noter que cette hausse des investissements directs des entreprises japonaises en Asie du Sud-Est a coïncidé avec le retrait continu de leurs capitaux d'investissement de Chine.
La hausse des prix fonciers et du coût de la main-d'œuvre en Chine figure parmi les principales raisons expliquant l'évolution des investissements directs des entreprises japonaises en Chine et en Asie du Sud-Est. Cependant, ces facteurs ne sont pas les plus déterminants, car les prix fonciers et le coût de la main-d'œuvre dans les pays d'Asie du Sud-Est n'ont pas diminué et pourraient même avoir augmenté par rapport à la période précédente. De plus, la croissance économique en Chine demeure stable et prometteuse.
Par conséquent, le principal moteur de cette évolution réside dans les relations politiques entre le Japon, la Chine et les pays d'Asie du Sud-Est. À cet égard, on observe actuellement des tendances contrastées. Tandis que les relations politiques du Japon avec la Chine demeurent tendues et marquées par une escalade des tensions, des confrontations et de la méfiance, les relations du Japon avec l'ASEAN et les pays d'Asie du Sud-Est se développent fortement, devenant plus étroites et plus fiables qu'auparavant.
Parallèlement, le gouvernement japonais, et notamment le Premier ministre Shinzo Abe, renforce ses relations politiques, sa coopération économique et commerciale, et surtout ses liens militaires et sécuritaires avec les pays d'Asie du Sud-Est. Dans cette région, le Japon ne rencontre pas les mêmes obstacles, anciens ou nouveaux, qu'avec la Chine. En réalité, le Japon y voit des opportunités de consolider son rôle politique régional et de fédérer les pays qui partagent son besoin de régler les différends territoriaux avec la Chine.
Les récentes actions de la Chine, qui violent la souveraineté et l'intégrité territoriale du Vietnam en mer de Chine méridionale, ont renforcé les inquiétudes des entreprises japonaises et les ont incitées à retirer leurs investissements de Chine au profit de marchés offrant un environnement commercial plus favorable et stable. Si la Chine persiste dans ses provocations envers ses voisins, comme elle le fait actuellement avec le Vietnam, le retrait des investissements japonais de Chine se poursuivra certainement. Créer un environnement propice à ce changement d'orientation des investissements japonais ouvrira de nouvelles perspectives de coopération commerciale pour les entreprises d'Asie du Sud-Est.
Selon le Business Forum
