Pour faire de l'objectif un idéal
(Baonghean) - Quand j'étais enfant, chaque été, les lundis et jeudis soirs, alors que j'étais assis à manger du riz dans mon bol en forme de voiture et à regarder des dessins animés, les enfants des voisins frappaient inévitablement à ma porte et criaient fort :
- Avez-vous fini de manger ? Dépêchez-vous que nous puissions retourner au travail !
Aller en colonie de vacances, ça sonne bien, mais en réalité, le centre communautaire n'était qu'un petit bâtiment au toit plat. On enlevait nos sandales, on s'asseyait par terre dans la cour et on retenait notre souffle pendant que le responsable du groupe de jeunes expliquait le programme du camp. Il faisait chaud en été et les moustiques nous piquaient sans relâche, mais aucun de nous n'osait les écraser de peur de déranger. À la fin de l'été, nos fiches d'activités tamponnées d'un sceau rouge vif, on affichait tous une mine radieuse…
Pendant les vacances d'été à la fac, on faisait du bénévolat. Vêtus de nos t-shirts verts, on se postait aux carrefours pour indiquer aux étudiants venant d'autres quartiers comment se rendre aux examens d'entrée à l'université. Parfois, on allait à la campagne, on pataugeait dans les rizières, on construisait des digues, on grimpait sur les toits pour réparer les maisons… On se salissait, on se couvrait de poussière, mais on riait et on plaisantait toujours. Chaque « été vert » était synonyme d'efforts et de sueur, mais aussi de joie immense et de nombreuses nouvelles amitiés, qui nous laissent de tendres souvenirs de nos t-shirts verts…
Plus tard, lorsque j'ai eu l'occasion d'étudier à l'étranger, un ami étranger m'a demandé : « Dans ton pays, de l'enfance à l'âge adulte, il y a toujours des clubs et des organisations qui rassemblent les jeunes ? » J'ai acquiescé, et mon ami, surpris, a demandé : « Quel est le but de tout cela ? » J'étais moi aussi perplexe ; pourquoi réunir des jeunes ?
Pour les adolescents, participer à des équipes et des groupes leur offre l'opportunité de rencontrer et d'interagir avec leurs pairs dans un environnement sain. À cet âge, ils sont facilement influencés par des facteurs externes, qu'ils soient positifs ou négatifs. Il est donc nécessaire de les exposer de manière proactive à des activités et des éléments positifs qui stimulent leur développement physique et intellectuel et contribuent à forger leur caractère et leur esprit.
À l'adolescence, notre personnalité et notre façon de penser se développent progressivement. C'est le moment où chacun se trouve à un tournant de sa vie. Quel est le sens de notre existence ? Dans quel but ? Comment atteindre ces objectifs ? C'est à ce moment-là que nous définissons nos idéaux, les rêves qui nous guideront tout au long de notre parcours. Contrairement aux adolescents, les idéaux et les convictions des jeunes adultes se différencient nettement selon des facteurs tels que le lieu de résidence, le sexe, la profession et les croyances. Les jeunes scolarisés souhaitent étudier et bénéficier d'une orientation professionnelle. Les jeunes urbains aspirent à un emploi et à un revenu stables, et souhaitent rester en phase avec leur époque. Les jeunes ruraux souhaitent développer leurs compétences, accéder aux sciences et aux technologies, et investir. Les jeunes issus de minorités religieuses ou ethniques, quant à eux, aspirent à la socialisation, à l'intégration et à la pratique légale de leur foi.
Face à la diversité et à la différenciation, l'unité est essentielle, car la jeunesse représente le principal moteur de la société. Laisser une partie des jeunes en marge de la société est non seulement un gaspillage, mais aussi une menace pour son développement harmonieux. L'énergie et les capacités de la jeunesse, si elles ne sont pas canalisées et mises à profit, peuvent avoir des conséquences désastreuses ! Comment, dès lors, rassembler des jeunes aux idéaux différents en une force unie ?
Nous devons partir des idéaux de vie de chaque groupe de jeunes. Il nous faut comprendre leurs besoins, leurs désirs et leurs aspirations, et les guider sur la voie de la réalisation de ces objectifs. Pour les jeunes chômeurs des zones rurales et montagneuses, nous pouvons privilégier la formation et la mise en place de coopératives professionnelles afin de les aider à s'épanouir et à contribuer au développement de leurs communautés. Pour les jeunes urbains désireux de rester connectés à leur époque, nous pouvons organiser des clubs de langues étrangères et d'informatique. Pour les jeunes issus de différentes religions et ethnies qui souhaitent s'intégrer et échanger, nous pouvons mettre en place des actions caritatives et des services de solidarité.
La recherche du bonheur personnel est un instinct naturel et un besoin légitime pour chaque individu. Cependant, l'être humain possède également un fort sens de la communauté, toujours tourné vers elle et cherchant en son sein une place sécurisante. Pour survivre en communauté, il est indispensable d'articuler les intérêts individuels et collectifs. C'est ainsi que les besoins et les objectifs individuels se muent en idéaux de vie. Rassembler les jeunes, c'est leur montrer quels sont leurs idéaux et comment tendre vers eux.
Thuc Anh