N'en abusez pas.

February 7, 2014 14:17

(Baonghean) - Cette année, les vacances du Têt sont plus précoces et plus longues grâce au samedi et au dimanche supplémentaires qui les précèdent. On pourrait penser qu'avec une si longue pause, les bureaux seraient moins déserts et moins apathiques que les années précédentes, mais non, les agences et les services restent étrangement calmes en ces premiers jours de l'an.

(Baonghean) - Cette année, les vacances du Têt sont plus précoces et plus longues grâce au samedi et au dimanche supplémentaires qui les précèdent. On pourrait penser qu'avec une si longue pause, les bureaux seraient moins déserts et moins apathiques que les années précédentes, mais non, les agences et les services restent étrangement calmes en ces premiers jours de l'an.

L'ambiance au travail est morose, mais l'esprit festif du Têt (Nouvel An lunaire) est encore bien présent. On le constate par des poignées de main plus fréquentes qu'à l'accoutumée, et dès la fin de la matinée, la journée de travail est bel et bien terminée. Les employés des différents services et bureaux se retrouvent chez les uns et les autres ou se dirigent vers les restaurants pour… fêter le Nouvel An, et ce depuis une semaine. C'est un phénomène récurrent après le Nouvel An lunaire. Il y a peu, face au nombre important de fonctionnaires qui flânaient dans les restaurants et les cafés pendant leurs heures de travail, de nombreuses municipalités ont mis en place des équipes d'inspection et mobilisé la presse, caméras à la main, pour surveiller les établissements et recueillir des preuves en vue d'éventuelles sanctions. La campagne a suscité un vif enthousiasme, mais elle n'a duré qu'un temps avant que la situation ne redevienne comme avant. La question du gaspillage du temps de travail avant et après le Têt a été largement débattue, mais elle est peu à peu tombée dans un silence inexplicable, donnant à ces célébrations du Nouvel An un aspect excessif.

L'exubérance des célébrations du Têt (Nouvel An lunaire) se manifeste aujourd'hui dans de nombreux autres aspects de la vie. Le plus évident est celui des festivals. En gros, notre pays compte plus de trois mille grands festivals chaque année, sans compter les innombrables fêtes de village plus modestes. Après les trois jours du Têt, les tambours résonnent et les drapeaux sont déployés. Partout, des bannières flottent au vent et l'on pratique des jeux traditionnels et modernes, auxquels participent avec enthousiasme des personnes de tous horizons. Plus on s'éloigne du centre de la ville, plus l'ambiance semble joyeuse et sacrée. Chaque cérémonie d'ouverture de festival se doit de proposer un programme complet d'activités.Des responsables locaux et des représentants de différents services étaient présents. Le travail a été complètement paralysé.

À mesure qu'une fête se termine, une autre commence, et ce rythme ne s'apaisera probablement pas avant la fin du troisième mois lunaire. Or, le troisième mois lunaire correspond à avril dans le calendrier grégorien – près de six mois se sont écoulés ! Et ce, sans même parler du temps et de la charge de travail ; le coût financier de ces activités équivaut sans doute au budget annuel de plusieurs provinces aux revenus relativement élevés. Cet argent, investi dans la production et le commerce, générerait assurément d'énormes profits. C'est peut-être pourquoi le Japon, qui célébrait lui aussi le Nouvel An lunaire, a réalisé par la suite que les pays occidentaux, en célébrant le Nouvel An grégorien, perturbaient l'activité économique pendant plusieurs semaines, leurs partenaires étant encore en vacances. Les Japonais ont alors eux aussi pris une ou deux semaines de congés pour le Nouvel An lunaire. Ainsi, chaque année, ces congés, de part et d'autre, perturbaient la production et le commerce pendant un mois entier.

C'est tellement coûteux et onéreux que certains ont décidé de célébrer le Nouvel An occidental comme les Occidentaux pour gagner du temps et de l'argent. Même les plus riches planifient leurs festivités avec une méticulosité extrême. Et c'est précisément grâce à cette planification rigoureuse qu'ils sont riches. Quant à nous, nous sommes si insouciants, et de l'Antiquité à nos jours, nous n'avons jamais été un pays riche. Il est peut-être temps d'envisager sérieusement de fusionner les deux célébrations du Nouvel An en une seule afin de réduire le gaspillage d'argent et de temps. Mais avant cela, il nous faut faire preuve de retenue et éviter les excès. Cette démarche doit commencer au sein des administrations pour se propager à l'ensemble de la société. Elle doit débuter par les chefs d'agences et de services, puis s'étendre aux fonctionnaires et agents de tout le pays. Prenons l'exemple d'une famille : les troisième et quatrième jours du Nouvel An lunaire, le père est déjà aux champs, menant le bétail ; comment les enfants pourraient-ils rester à la maison à boire, à jouer ou à s'amuser ?

En résumé, il ne faut rien exagérer, et pas seulement lorsqu'on célèbre le Têt et qu'on profite des festivités printanières.

Duy Huong