Attention aux arnaques.
(Baonghean) - Au cours de la semaine écoulée, outre les discussions les plus animées sur les préparatifs du Têt, les achats pour le Têt et le retour à la maison pour le Têt, le deuxième sujet le plus discuté était la mouche, le fermier et le « magnat » des boissons Tan Hiep Phat (THP).
La polémique a éclaté lorsqu'une mouche, considérée comme l'une des créatures les plus répugnantes en raison de ses pattes chargées de végétaux, a soudainement atteint le prix exorbitant d'un demi-milliard de dongs l'unité. Cette soudaine notoriété fulgurante est due, par hasard ou non, à sa découverte dans une bouteille de boisson gazeuse produite par la société THP. L'agriculteur, ayant trouvé la bouteille par inadvertance ou intentionnellement, a fait une proposition à THP : soit payer un milliard de dongs en échange de la bouteille en silence, soit s'exposer à une publicité négative, avec la publication de sa photo et de son image en ligne et dans la presse. Dans ce cas, la réputation et la qualité des produits de THP seraient ruinées, et son chiffre d'affaires pourrait chuter brutalement, avec des conséquences difficiles à surmonter.
Voilà la façon de penser, loin d'être naïve, mais plutôt rusée et sournoise, d'un campagnard de Tien Giang. Mais dans la vie, rares sont ceux qui apprennent à prévoir. D'un côté, THP prétendait négocier une réduction de prix pour la mouche morte dans la bouteille d'eau, la faisant passer d'un milliard à 500 millions de dongs ; de l'autre, ils sollicitaient l'intervention de la police. Et juste au moment où ce paysan, loin d'être un simplet, touchait son gain mal acquis, la police l'arrêta pour extorsion.
L'affaire aurait pu tomber dans l'oubli, et l'agriculteur aurait pu payer en silence son acte de cupidité par une longue peine de prison. Mais non, les réseaux sociaux se sont immédiatement enflammés, donnant lieu à des débats passionnés aux points de vue variés. Ce tollé était tout à fait inattendu et inhabituel. Les défenseurs de l'agriculteur ont reproché à THP d'avoir délibérément agi de manière malhonnête et de lui avoir porté préjudice. Ils ont affirmé qu'après une rencontre et la conclusion d'un accord, THP avait renié sa parole et, sous l'effet de l'appât du gain, avait dénoncé l'affaire à la police. Ils ont donc appelé au boycott des produits THP pour « exiger justice pour l'agriculteur ». Si cet appel était largement soutenu par les consommateurs, ce serait un désastre qui pousserait THP au bord de la faillite. Les défenseurs de THP ont soutenu que les agissements de l'agriculteur s'apparentaient clairement à de l'extorsion et du chantage. THP affirme que les autorités ont raison et ont une « responsabilité sociale » d'éradiquer les éléments et les germes du mal. C'est l'opinion dominante.Troisièmement, il est avancé que les actions de l'agriculteur et de THP étaient inappropriées. Idéalement, en découvrant des mouches mortes dans les produits de THP, un agriculteur véritablement responsable aurait contacté les autorités compétentes pour signaler le problème et exiger des éclaircissements concernant les normes de sécurité alimentaire et d'hygiène de THP. Il aurait également dû largement diffuser l'information dans les médias afin d'alerter les consommateurs. Un tel comportement opportuniste est totalement inacceptable. Quant à THP, après avoir constaté le problème avec ses produits, l'entreprise n'aurait pas dû négocier à plusieurs reprises pour étouffer l'affaire. Elle aurait dû, au contraire, mener une enquête approfondie pour établir la vérité. S'il s'agissait d'une fausse accusation, elle aurait dû clarifier la situation. Si elle était fondée, elle aurait dû en identifier la cause. Ensuite, elle aurait dû annoncer publiquement cet incident regrettable dans les médias et présenter ses excuses aux consommateurs. Parallèlement, elle aurait dû retirer les produits suspects du marché, quels que soient les risques de pertes. Elle devrait refuser catégoriquement de négocier ou de cautionner toute forme d'extorsion, quel qu'en soit le prix. C'est la seule façon d'agir avec équité, intégrité et dignité, comme il se doit pour une grande entreprise. Au lieu de cela, ils ont accepté les négociations. Cela révèle une tentative délibérée de dissimuler la vérité si les négociations avaient abouti. Et lorsque les choses ont tourné mal, ils ont tendu un piège, entraînant quelqu'un dans des démêlés judiciaires à cause d'une idée futile et insensée. Est-ce là le comportement digne d'un grand patron ?
Quant à la réaction négative sur les réseaux sociaux, quel était le but de cette vague de critiques ? Protéger l’agriculteur ? Pas nécessairement. Il pourrait s’agir d’un prétexte pour appeler au boycott des produits THP. Quelqu’un pourrait-il profiter de la situation, instrumentaliser cet incident pour l’envenimer et éliminer un concurrent sur le marché très lucratif des boissons ? Mais il ne s’agit pas forcément d’une attaque malveillante de la part d’un rival de THP ; il pourrait aussi s’agir d’une stratégie marketing astucieuse de la part de THP elle-même. Depuis l’incident, la présence de THP sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels est fréquente et attire constamment l’attention, sans dépenser un centime. Si tel est le cas, il s’agit d’une tactique de promotion de marque rare et ingénieuse. Il reste donc à rester extrêmement vigilant et à toujours faire la distinction entre les anomalies authentiques et celles délibérément fabriquées, afin de ne pas tomber dans le piège des stratagèmes visant à promouvoir les marques ou à éliminer gratuitement les concurrents. Cela perturbe non seulement l’opinion publique, mais représente également un gaspillage inutile de temps et d’efforts.
Duy Huong