Nous avons besoin d'équité !
(Baonghean) - L'économie nationale commence à peine à se redresser. Les entreprises, qui commençaient à peine à se remettre des graves difficultés engendrées par la longue récession économique, sont de nouveau durement touchées par la hausse de 7,5 % des prix de l'électricité, une mesure approuvée par le gouvernement !
Que ceux qui sont choqués ou désorientés le soient. Les dirigeants d'EVN vont même jusqu'à déclarer : « Si les prix de l'électricité étaient calculés correctement et intégralement, ils devraient augmenter de 12,8 %. » Dans ce cas, le nouveau tarif, applicable à partir du 16 mars, n'augmenterait que de 7,5 %, ce qui s'apparente à une véritable « faveur » du secteur de l'électricité envers la société. Les consommateurs devraient-ils donc accepter avec joie cette « aubaine » ? Avant de trancher, il convient de se demander si le secteur de l'électricité se soucie réellement des consommateurs et s'il a donc négligé de calculer le prix exact, préférant encaisser les pertes. Si tel est le cas, la réaction du public face à cette hausse des prix semble témoigner d'un manque de compréhension, d'empathie et d'équité. À ce propos, le secteur de l'électricité devrait peut-être montrer l'exemple.
Par exemple, concernant cette hausse du prix de l'électricité, avant de prendre sa décision, EVN aurait dû faire preuve de transparence et de clarté, en divulguant précisément au public les facteurs et les coûts qui composent le prix de l'électricité, afin que chacun puisse comprendre. Ceux qui ne comprenaient pas ou n'y croyaient pas auraient simplement pu faire appel à un organisme d'audit indépendant pour vérifier l'exactitude des informations. Au lieu de cela, EVN a annoncé unilatéralement une hausse prévue du prix de l'électricité de 7,5 %, 8,5 % et 9,5 %, « oubliant », ou peut-être ignorant, la nécessité d'expliquer à ses « clients » pourquoi ces hausses étaient justifiées. Il s'agit là d'affirmations mensongères, sans aucune preuve, qui ne démontrent pas que la hausse des prix est inévitable, nécessaire, correcte et raisonnable.
Est-il juste de faire de telles déclarations ? EVN affirme que si tous les facteurs étaient pris en compte, le prix augmenterait de plus de 12 %. Alors pourquoi ne pas annoncer directement cette augmentation au lieu de présenter trois niveaux de prix différents, comme mentionné précédemment ? Est-ce un manque de confiance, une façon d'évaluer la situation et de justifier plus facilement leur position ? Ils proposent simplement le prix qu'ils peuvent, sans aucune preuve concrète à l'appui. En bref, EVN recourt à la même vieille tactique : rester vague sur les facteurs qui composent les prix de l'électricité, laissant les consommateurs face à une multitude de prix déroutants au sein même de leur secteur. Et puis, selon leur convenance, ils choisiront le prix qui leur convient.
Pour revenir à la question de la transparence des prix de l'électricité : depuis des années, les consommateurs de tout le pays réclament que le secteur de l'électricité divulgue publiquement les éléments qui composent le prix de l'électricité. Pourtant, pour une raison inconnue, ce secteur tergiverse et refuse d'appliquer cette transparence. Le calcul est pourtant simple. Quels sont les intrants, leur coût, les coûts de construction, de main-d'œuvre et les frais d'exploitation ? Il suffit de les additionner pour obtenir le prix ! Même les agriculteurs peuvent calculer le coût de leurs poulets, œufs, riz et maïs. Le secteur de l'électricité, composé de professionnels qualifiés et expérimentés, est certainement capable d'effectuer des opérations arithmétiques élémentaires pour calculer le coût d'un kilowatt d'électricité.
Ce ne sont que des paroles en l'air ; en réalité, ils en sont parfaitement capables. Mais, franchement, ils ne le souhaitent pas. Car cela révélerait des problèmes embarrassants. Selon les statistiques du président de l'Association vietnamienne de l'énergie, la productivité du travail chez EVN est nettement inférieure à celle des autres pays de la région et du monde. Si l'on considère une production annuelle d'électricité de 120 milliards de kWh générée par une main-d'œuvre de 110 000 personnes, chaque personne produit moins de 1,1 million de kWh par an. La productivité du travail chez EVN représente actuellement seulement un dixième de celle de Singapour, les trois quarts de celle de la Malaisie et moins de la moitié de celle de la Thaïlande. Cette faible productivité dans le secteur de l'électricité est due à un excédent de main-d'œuvre.
Par exemple, EVN emploie actuellement plus de 6 700 personnes dont la seule tâche consiste à relever manuellement les compteurs, ce qui engendre une faible productivité. De plus, les pertes d'électricité d'EVN restent élevées et ne permettent pas d'atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. En 2014, ces pertes s'élevaient à 8,46 %, alors que l'objectif était de 8 %. Ce problème de pertes d'électricité recèle également des secrets choquants et scandaleux. Ces pertes ne sont pas uniquement dues à des pertes opérationnelles inévitables, mais aussi à des actes de malversation. Plus précisément, des employés du secteur de l'électricité s'entendraient avec de gros consommateurs pour convertir l'électricité en argent et en tirer profit. Ces rumeurs circulent à de nombreuses reprises, mais n'ont pas encore été révélées au grand jour. Quant à savoir pourquoi EVN dispose d'un excédent de main-d'œuvre sans le réduire, je pense que tout le monde le comprend, il est donc inutile de s'y attarder. Dès lors, la meilleure solution serait-elle de brouiller les pistes et d'intégrer ces pertes dans les prix, laissant ainsi le fardeau aux consommateurs ?
Il est temps d'instaurer l'équité et la transparence en toutes circonstances. Cela nous permettra de fixer des prix de l'électricité reflétant les coûts de production et d'offrir aux consommateurs des tarifs raisonnables et stables. Plus important encore, cela empêchera le secteur de l'électricité de recourir à des déclarations condescendantes pour masquer l'ambiguïté et éviter de donner aux consommateurs le sentiment d'être endettés tout en continuant de payer des prix élevés. Personne n'apprécie ni n'a besoin de faveurs ; ce dont le secteur de l'électricité a besoin, c'est d'équité !
Montagne du Bouddha
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