Le retour d'Alexis Tsipras et l'avenir de la Grèce.
(Baonghean) – Les résultats officiels des élections législatives anticipées d'aujourd'hui confirment la victoire du parti de gauche Syriza, dirigé par Alexis Tsipras. L'ancien Premier ministre fait donc son retour en politique pour assumer la responsabilité de guider la Grèce à travers sa crise de la dette publique. Ce retour permettra-t-il d'espérer une sortie de crise pour le pays ?
Contrairement aux célébrations enthousiastes qui ont suivi les élections de janvier, la courte victoire du parti de gauche Syriza témoigne cette fois d'une baisse significative de sa popularité depuis le scrutin précédent. Cependant, la porte reste suffisamment grande pour que son chef, l'ancien Premier ministre Tsipras, puisse faire son retour en politique après un pari risqué. Tsipras avait déjà dû faire face à une forte opposition intérieure après avoir bénéficié du troisième plan de sauvetage massif depuis 2010 et avait démissionné de manière inattendue en août 2015, réclamant des élections anticipées en Grèce.
Nombre de Grecs, y compris certains membres du parti Syriza, l'ont qualifié de « traître » pour avoir accepté les réformes draconiennes exigées par les créanciers, allant à l'encontre du résultat du référendum de juillet contre l'austérité. Cependant, selon les observateurs, Tsipras bénéficie toujours du soutien d'un nombre important d'électeurs qui estiment que le plan de sauvetage est le seul moyen d'éviter le défaut de paiement de la dette grecque.
La démission de Tsipras le mois dernier et la convocation d'élections anticipées sont perçues comme une tentative de sa part de consolider son parti au pouvoir, Syriza, d'éliminer les dissidents et de rallier davantage de soutien aux petits partis. Il espère également démontrer l'approbation des électeurs pour le troisième plan de sauvetage qu'il a été contraint de signer avec les créanciers, bien que cette mesure contredise sa promesse de campagne de mettre fin à l'austérité.
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| Alexis Tsipras, chef du parti Syriza, a repris ses fonctions de Premier ministre de Grèce. Photo : AP |
Au vu de la situation actuelle en Grèce, la question de savoir s'il faut ou non mettre en œuvre des réformes n'est plus la priorité absolue de la société grecque. Désormais, le principal souci est de relancer une économie en piteux état. Le faible taux de participation à cette élection, à seulement 54 % – le plus bas depuis 70 ans – reflète fidèlement le sentiment des électeurs grecs : ils ne souhaitent pas la poursuite de mesures d'austérité excessives, mais n'ont d'autre choix que de suivre la politique de Tsipras et d'accepter des accords défavorables avec les créanciers pour obtenir des prêts.
Bien qu'il n'ait pas réussi à trouver une nouvelle voie pour la Grèce, Tsipras a au moins adopté une position ferme contre l'austérité. Durant son court mandat de sept mois, il s'est efforcé de diriger la Grèce à l'encontre des exigences des créanciers afin de trouver un accord plus favorable au peuple grec, mais il a finalement renié sa promesse faite à une grande partie des électeurs, acceptant les exigences draconiennes des créanciers internationaux pour éviter le défaut de paiement et le risque de sortie de la zone euro.
Actuellement, M. Tsipras mène campagne pour inciter les créanciers à assouplir les conditions rigoureuses imposées. Cela témoigne de sa volonté de tenir les engagements et les promesses qu'il a faits aux électeurs lors de sa première campagne électorale, plus tôt cette année. Toutefois, il est évident que les défis qui attendent le dirigeant de gauche et son gouvernement sont considérables.
Le nouveau gouvernement devra mettre en œuvre des réformes urgentes pour sauver l'économie en difficulté et trouver un moyen de rembourser les créanciers, tout en apaisant l'opinion publique, car des mesures sévères pourraient provoquer l'indignation générale et accroître le risque d'instabilité politique.
Dès sa prise de fonctions, le Premier ministre Tsipras et son nouveau gouvernement devraient faire des négociations sur la dette grecque une priorité absolue. Les experts estiment que le troisième plan de sauvetage de 86 milliards d'euros ne saurait résoudre à lui seul tous les problèmes persistants d'une crise qui dure depuis six ans. Par ailleurs, la Grèce se doit également de contribuer activement à la résolution de la crise des réfugiés qui frappe les pays européens, étant donné qu'elle constitue l'une des principales portes d'entrée pour les migrants souhaitant rejoindre le continent.
La voie à suivre pour sortir la Grèce de sa crise demeure extrêmement incertaine et imprévisible. Il semble que, malgré le succès de ce pari politique, le jeune Premier ministre Tsipras doive encore faire face à de nombreux risques sur la voie d'un avenir meilleur pour la Grèce.
Thanh Huyen
