COP21 : N'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font.
(Baonghean.vn) – Dans le cadre de la 21e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), qui s’est tenue en France, les dirigeants nationaux ont exprimé leur détermination et réaffirmé leur engagement à lutter contre le changement climatique en présentant des propositions ambitieuses. Cependant, un écart considérable persiste entre les engagements et les actions, des désaccords demeurant au sein des pays et entre eux.
Des idées ambitieuses…
L'une des initiatives clés lancées conjointement par les présidents des États-Unis et de la France, le Premier ministre indien et le milliardaire américain Bill Gates est la « Mission d'innovation », visant à améliorer les technologies de production d'énergie propre.
Par ailleurs, les États-Unis, la France, l'Inde et 17 autres pays se sont engagés à doubler les 10 milliards de dollars qu'ils investissent conjointement dans la recherche et le développement des énergies propres au cours des cinq prochaines années.
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| L’objectif de l’alliance pour l’énergie solaire est de rendre cette source d’énergie plus économique, plus fiable et plus respectueuse du climat. Photo : Reuters |
L'Alliance solaire a également été créée à l'initiative de l'Inde. Cette alliance regroupe 121 pays qui visent à accroître la production d'énergie solaire et à promouvoir son utilisation comme alternative aux énergies fossiles à l'échelle mondiale. Elle s'est engagée à mobiliser 1 000 milliards de dollars d'investissements dans des projets d'énergie solaire d'ici 2030.
Il s'agit d'initiatives concrètes dans un contexte de forte condamnation des combustibles fossiles, et notamment du charbon. Longtemps considéré comme une source d'énergie miraculeuse ou « or noir » ayant permis à l'Europe de mener à bien sa révolution industrielle pendant deux siècles, le charbon est aujourd'hui classé comme une source d'énergie « polluante », contribuant au changement climatique mondial.
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| La France et l'Inde annoncent la création d'une alliance pour l'énergie solaire. Photo : Reuters |
…Difficile à réaliser
Bien que les dirigeants présentent des chiffres idéalistes, il existe un écart important entre ces chiffres « illusoires » et la réalité.
En 2009, les pays riches se sont engagés à fournir 30 milliards de dollars de financement entre 2010 et 2012, un montant qui passera à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Cette mesure a été perçue comme une « compensation », car les pays riches sont les principaux responsables du changement climatique.
Cependant, en juin dernier, seuls 30 pays avaient versé environ 10,2 milliards de dollars, soit à peine un tiers des sommes initialement promises. Dans un contexte où même les grandes économies comme les États-Unis, la Chine et l'Europe peinent à retrouver une croissance économique soutenue et où nombre d'entre elles rencontrent des difficultés financières, la mobilisation de fonds pour des projets environnementaux est loin d'être simple.
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| Le président français François Hollande en compagnie de dirigeants d'autres pays lors de la COP21. Photo : AP |
Par ailleurs, des désaccords et des conflits existent au sein même des pays. Les États-Unis en sont un parfait exemple. Les efforts du président Barack Obama pour placer l'Amérique à l'avant-garde de la lutte contre le changement climatique ont été constamment entravés par des élus, principalement issus du Parti républicain.
Plus récemment, le 1er décembre, la Chambre des représentants américaine a adopté deux résolutions rejetant les réglementations relatives aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette décision est intervenue peu après le discours prononcé par le président américain lors de la COP21, dans lequel il reconnaissait la responsabilité des États-Unis dans le réchauffement climatique.
Ce n'est pas seulement le cas des États-Unis ; les économies plus modestes sont également confrontées à un dilemme similaire. Ces derniers jours, la Belgique a essuyé de nombreuses critiques après que le Premier ministre Charles Michel a participé à la COP21 avec un engagement dépourvu de plan d'action concret et d'objectifs précis, faute d'accord entre les régions sur le partage des responsabilités après des années de négociations.
Tant que les désaccords persisteront entre les pays concernant les engagements de responsabilité partagée en matière de lutte contre le changement climatique, il sera difficile de trouver un terrain d'entente. De fait, lors de la COP21, les pays sont en désaccord sur la fixation d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius.
Nombreux sont ceux qui affirment que les nombreuses initiatives et les déclarations grandiloquentes concernant des sommes d'argent colossales ne sont qu'un moyen pour les politiciens de redorer leur image. Sans un véritable souci du bien commun et de leurs responsabilités, tous ces engagements resteront de vaines paroles, peu susceptibles d'être tenues.
Thanh Huyen


