Poisson séché et… poisson en bois

March 22, 2016 21:39

(Baonghean) – Je suis extrêmement impressionné par les poissons en bois que le secrétaire provincial du Parti a récemment choisis comme cadeaux pour les Vietnamiens de l'étranger, offerts par Nghệ An lors du rassemblement du Nouvel An chinois 2016. Ces poissons en bois ne sont pas qu'un simple exemple de frugalité ; ils sont bien plus qu'un symbole, un reflet constant du caractère culturel de Nghệ An. Un choix unique, judicieux et raffiné. Il transforme un objet dont certains ont longtemps ressenti de l'infériorité ou de la honte en une source de fierté.

Les habitants de Nghệ An possèdent des qualités uniques, nées du vent laotien et du sable blanc, qui n'ont jamais été altérées. Ces qualités semblent non seulement inhérentes à chaque individu de Nghệ An, mais nous les percevons également chez des générations de dirigeants provinciaux.

Ảnh minh hoa
Image illustrative.
Dans le cadre de cet article, nous souhaitons aujourd'hui évoquer une figure qui a fait couler beaucoup d'encre, et il semble que, peu importe où et comment, on n'oublie jamais son histoire et sa spécialité : le poisson séché. Les récits à son sujet sont toujours des anecdotes fascinantes, racontées avec enthousiasme et affection par les conducteurs de moto-taxi, les vendeurs de légumes, les maçons et des générations de fonctionnaires, en poste ou retraités.

Durant son mandat à la tête de la province, il a laissé derrière lui une multitude de souvenirs, chacun empreint d'une dimension presque… artistique. Un homme brillant, dévoué, intègre, honnête, déterminé et humble. Il s'agit de Truong Dinh Tuyen, ancien secrétaire provincial du Parti.

Il y a exactement seize ans, le Comité central le chargeait de travailler avec les habitants de « Cá Gỗ » (une appellation locale désignant la population locale) dans un contexte de défis considérables. Il a rapidement appréhendé la situation et promulgué une série de mesures décisives, insufflant une dynamique intense à l'ensemble du système. On a immédiatement reconnu en lui l'image d'un secrétaire du Parti humble et discret.

La légende raconte que la « résidence » du secrétaire du Parti n'était qu'une pièce commune toujours encombrée de livres et de documents, et surtout imprégnée de l'odeur âcre du poisson séché, son aliment de prédilection lorsqu'il était loin de sa femme et de ses enfants, car pratique et… économique. Aujourd'hui encore, les petits commerçants du marché de Quan Lau se souviennent de l'image de M. Tuyen, le pantalon retroussé jusqu'aux mollets et chaussé de tongs, se rendant à vélo au marché pour acheter de quoi cuisiner petit à petit. Les rares week-ends où il n'était pas en réunion, il prenait le train pour Hanoï afin de « trouver » un repas avec sa femme.

Il avait l'habitude de se rendre seul en moto-taxi dans divers endroits, sans prévenir. De ce fait, il surprenait souvent en flagrant délit les pratiques bureaucratiques des districts et communes qu'il visitait. En sa qualité de chef de l'organisation, on peut dire qu'il a initié une réforme du mode de nomination et d'emploi des cadres. Le principe de « non-zone interdite » a été appliqué dès le début. En moins de trois ans, il a limogé une série de secrétaires de district du Parti, dont certains de ses proches amis originaires de sa ville natale.

Malgré tout, c'était un homme de parole et un homme compatissant. Lorsqu'un directeur d'une société commerciale montra des signes de difficultés financières, il n'hésita pas à le suspendre de ses fonctions pour recouvrer la dette, malgré les interférences de toutes parts. Une fois l'affaire réglée, il le réintégra – une décision ferme, mais humaine. Lors des congrès du Parti dans les districts montagneux, il invitait tout le monde à voyager dans une camionnette partagée de seize places pour plus de commodité. Au restaurant, il réglait toujours l'addition, car, disait-il, « mon salaire est supérieur au vôtre ». On pourrait raconter bien d'autres anecdotes à son sujet, chacune imprégnée de la saveur des vents chauds et des sables blancs de sa terre natale.

« Chaque fonctionnaire a son propre mouvement », et ses trois années à Nghệ An furent trois années de transformation. Surtout, son éthique de travail, imprégnée de l'esprit de Nghệ An, se diffusa véritablement. Son leadership affirmé et sa proximité avec la population insufflèrent une nouvelle vie à la fonction publique provinciale.

Les leçons qu'il dispensait sur la gestion des affaires officielles étaient empreintes de rigueur, mais aussi de compassion. Sa conduite quotidienne, en tant que haut fonctionnaire, était exemplaire. On l'admirait et on obéissait à ses ordres comme à une évidence. Personne ne lui en voulait, même si leurs intérêts personnels étaient parfois affectés. Voilà qui il était, et voilà ce qu'il nous a laissé. Son style, un style forgé par le peuple de Cá Gỗ !

Les repas simples du camarade Truong Dinh Tuyen et son style de leadership d'antan sont de beaux souvenirs. Le pays a beaucoup changé ; à l'ère d'Internet et de Facebook, plus personne n'exige que les fonctionnaires se nourrissent de poisson séché et se déplacent à vélo pour aller à la rencontre du peuple. Mais où que vous soyez, quelle que soit votre fonction, quoi que vous fassiez, n'oubliez jamais que vous avez toujours une source de fierté : votre patrie, le poisson « Go ». Le caractère du peuple de Nghệ An doit perdurer sur la terre de Nghệ An et être cultivé par les fonctionnaires de Nghệ An. Le cadeau du secrétaire provincial du Parti en début d'année est un message, un rappel.

Nguyen Khac An

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