Un homme de 86 ans écrit une lettre faisant la promotion de son pays.
Si vous avez déjà mis les pieds dans un bureau de poste, vous y avez sans doute rencontré un vieil homme simple mais toujours élégant, d'une grande humilité, toujours prêt à raconter des anecdotes sur Saïgon aux visiteurs. Il s'agit de M. Duong Van Ngo, le traducteur et correspondant le plus ancien du Vietnam.
Rédigez des lettres pour promouvoir le pays.
Malgré ses 86 ans, M. Ngo continue de se rendre chaque jour à vélo de son domicile à Thi Nghe jusqu'au bureau de poste. Pour chaque lettre qu'il rédige ou traduit, il ne demande que 10 000 à 15 000 dongs, pas plus. Cependant, il considère depuis longtemps ce travail comme bien plus qu'un simple moyen de subsistance ; il l'exerce par passion et par désir de promouvoir son pays.
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M. Duong Van Ngo travaille à la poste de la ville depuis 70 ans, où il a occupé divers postes. À 36 ans, il a été envoyé étudier l'anglais et le français afin d'améliorer ses compétences professionnelles. Il travaille comme rédacteur de lettres depuis 26 ans. Il utilise attentivement une loupe pour lire chaque mot des lettres de ses clients avant de les traduire et de les retranscrire. (Photo : My Phuong) |
Chaque jour, des centaines de visiteurs, vietnamiens et étrangers, se rendent au bureau de poste pour le découvrir. Nombre d'entre eux l'abordent pour prendre des photos ou lui demander d'écrire des lettres, admiratifs de sa méticulosité en traduction et en correspondance. Il partage également avec les touristes des anecdotes sur Saïgon, d'hier et d'aujourd'hui, et leur conseille des lieux à visiter. Par son savoir, son humilité et son enthousiasme, il offre aux touristes une image positive du peuple vietnamien.
Des centaines de lettres envoyées en cadeau depuis l'étranger.
M. Ngo a donc reçu de nombreuses lettres et photos envoyées par des amis étrangers. Il y a des histoires dont il ne se souvient plus précisément du contexte, mais il y a aussi des lettres qu'il n'oubliera jamais.
Il s'agit de l'histoire d'un couple français venu au Vietnam pour retrouver l'adresse de l'ancienne maison de leurs parents, où ils avaient vécu de 1956 à 1958. Par hasard, ils se sont rendus à la poste et ont eu la chance de rencontrer M. Ngo, un homme qui avait connu bien des hauts et des bas dans cette ville. Après une brève description de la maison qu'ils cherchaient, M. Ngo a conduit les deux touristes français près de l'ancienne ambassade de France. Ils ont pris des photos et les ont envoyées à leurs frères et sœurs pour confirmation. Plus tard, le couple lui a adressé une lettre de remerciement, pleine de joie, pour les avoir aidés à retrouver leur ancienne demeure.
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Lettres de touristes venus de nombreux endroits, adressées à M. Ngo. Photo : My Phuong |
« Il est l’incarnation même de la bonté et de la piété vietnamiennes », concluaient les deux touristes français dans leur lettre, avant que M. Ngo n’écrive sa lettre de félicitations. Il rédigea et recopia soigneusement chaque réponse à l’expéditeur sur du papier carbone, afin de la conserver en souvenir.
Une autre histoire, celle de la relation mère-fils entre un Vietnamien et une Française, l'a également profondément touché. Après la guerre, le fils est retourné en France avec son père, puis, devenu adulte, il est revenu à Binh Phuoc pour retrouver sa mère. Ils se sont retrouvés et ont commencé à correspondre.
De nombreuses années passèrent, et pourtant la mère continuait de faire le trajet de Binh Phuoc jusqu'au bureau de poste de Saigon pour que M. Ngo traduise ses lettres en français, les envoyant régulièrement à son fils tous les deux ou trois mois. Avec le temps, le Français, en plus d'envoyer des lettres manuscrites à sa mère, lui adressa également des lettres séparées pour exprimer sa profonde gratitude au vieil homme qui avait inlassablement transmis des messages à la mère et au fils.
« La joie est double lorsque nous donnons et recevons tant en retour », a raconté M. Ngo, évoquant sa longue histoire empreinte de bonheur, lui qui s'est toujours donné pour mission de combler les fossés.
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Les touristes ont offert à M. Ngo des photos d'eux ensemble en témoignage de leur admiration pour sa personnalité. Photo : My Phuong |
M. Ngo a indiqué que chaque jour, 30 à 40 visiteurs souhaitent se faire photographier avec lui, et que beaucoup viennent discuter avec lui. Malgré la fatigue, il répond toujours avec enthousiasme aux questions des visiteurs.
Compte tenu de son âge avancé, la direction de la Poste lui a proposé un endroit frais pour se reposer pendant sa pause déjeuner, mais il a refusé, craignant qu'un incident ne mette le personnel dans l'embarras. Il a donc choisi d'aller dans un restaurant voisin, de commander un repas à seulement 10 000 dongs et d'y passer sa pause déjeuner.
L'homme qui rédigeait des lettres à gages gardait toujours une chose à l'esprit : « Si je suis en assez bonne santé pour servir le public jusqu'à présent, c'est grâce à Dieu, et je dois vivre aussi humblement et éthiquement que possible. »
Monsieur Duong Van Ngo est une figure emblématique qui incarne la beauté du peuple de Saïgon, un témoin vivant des transformations profondes d'une ville moderne. C'est pourquoi on le surnomme le « Gentleman de Saïgon ».
Selon VNE


