Donald Trump va-t-il tourner le dos à la Russie ?
(Baonghean) – Contre toute attente, le président élu américain Donald Trump a accepté les conclusions des services de renseignement américains accusant la Russie de cyberattaques lors des récentes élections américaines. Ce revirement est d'autant plus remarquable que Trump a toujours nié ces allégations. Le président élu américain est-il en train de tourner le dos à la Russie ?
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| « Selon des rapports des agences de renseignement américaines, une campagne russe a ciblé des sources de données importantes, notamment les médias d'État et les réseaux sociaux. » Source : AFP / Getty Images |
Difficultés internes.
Contrairement à ses habitudes, Reince Priebus, chef de cabinet désigné de la Maison-Blanche, a récemment annoncé sur Fox News Sunday que le président élu américain, Donald Trump, avait accepté les conclusions des services de renseignement américains concernant les cyberattaques russes présumées contre l'élection. Il s'agit de la première reconnaissance officielle de ce sujet par un membre important de l'équipe de transition de Trump.
L'opinion publique s'interroge sur un éventuel changement de position du président Trump concernant ses relations avec la Russie. Le 7 janvier dernier, Trump avait tweeté, réitérant son refus des accusations portées contre la Russie et affirmant que le maintien de bonnes relations avec ce pays ne pouvait qu'être bénéfique aux États-Unis.
Trump a même écrit : « Seuls les imbéciles penseraient que c’est grave. Nous (l’Amérique) avons déjà assez de problèmes dans le monde et nous n’en avons pas besoin d’un autre. » Trump a également affirmé que la négligence du Comité national démocrate était à l’origine du piratage des élections.
Selon les observateurs, la déclaration du président élu Donald Trump découle de la pression croissante qu'il subit de la part des législateurs républicains, qui adoptent une position ferme à l'égard de la Russie, à l'approche de son investiture.
Ces derniers temps, face aux déclarations de « désescalade » de Trump à l'égard de la Russie, d'éminents élus républicains tels que les sénateurs Lindsey Graham et John McCain ont exhorté à plusieurs reprises Trump à « riposter » contre la Russie.
Ces parlementaires ont également exprimé leur scepticisme quant à la politique du président élu à l'égard de la Russie et ont fait pression sur Trump en déclarant à la presse qu'il devrait prouver à tous les Américains, démocrates comme républicains, que la Russie en paierait le prix.
Parallèlement, des rapports d'agences telles que la National Security Agency (NSA), le Federal Bureau of Investigation (FBI) et la Central Intelligence Agency (CIA), adressés à M. Trump, suggèrent tous que le président russe Poutine a ordonné une campagne de cyberattaques fin 2016 visant à influencer l'élection américaine.
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| La stratégie du président élu Donald Trump visant à « réchauffer » les relations avec la Russie devrait se heurter à de nombreux obstacles. Source : AFP / Getty Images |
Faites un détour.
Face à d'immenses pressions de toutes parts, le président élu Donald Trump aura sans doute du mal à rester indifférent. Cependant, il semblerait qu'il souhaite maintenir sa politique de « réchauffement » des relations avec la Russie. Par conséquent, tout en reconnaissant les accusations portées contre la Russie, Trump n'a pas précisé si cette cyberattaque avait été ordonnée personnellement par le président russe Vladimir Poutine.
Par ailleurs, Sean Spicer, porte-parole de Trump, a déclaré à la presse que si Trump prévoit de demander aux agences de renseignement américaines de préparer des contre-mesures face aux cyberattaques, sa position reste inchangée. Cette déclaration pourrait également être interprétée comme signifiant que, malgré cette déclaration, il est toujours incertain que Trump adopte une position ferme et se détourne de la Russie.
Il est clair que le président élu Donald Trump se trouve dans une situation délicate : d’un côté, il ne souhaite pas s’opposer à un rapprochement avec la Russie, mais de l’autre, il ne peut éviter de sanctionner la Russie comme le souhaitent les élus républicains. Selon les analystes, la récente déclaration de Trump montre qu’il est confronté à un dilemme et qu’il doit adopter une approche indirecte s’il ne veut pas que ses relations avec la Russie soient immédiatement compromises.
Il n'est donc pas exclu que le président élu Donald Trump doive approuver des sanctions contre la Russie, que ce soit avant ou après son investiture officielle le 20 janvier. Cela signifie également que, malgré son souhait, le chemin vers un réchauffement des relations avec la Russie sera long et semé d'embûches pour le président élu Donald Trump dans les prochains mois.
Phuong Hoa

