Représentant de l'OMS : « Le Vietnam a bien maîtrisé l'épidémie de Covid-19 »
Le représentant de l'OMS au Vietnam a estimé que le Vietnam avait déployé de grands efforts pour contrôler l'épidémie de Covid-19 (nCoV) et qu'il avait jusqu'à présent bien géré l'épidémie.
Voici une déclaration du Dr Kidong Park, chef du Bureau de représentation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Vietnam, alors que l'épidémie de Covid-19 (nCoV) évolue de manière très complexe. Au Vietnam, 16 personnes ont été testées positives au Covid-19 (nCoV), et aucun décès n'a été recensé.
|
| Dr Kidong Park, chef du bureau de représentation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam. |
Journaliste:Pourriez-vous nous indiquer comment l'OMS évalue la gravité de la pneumonie aiguë causée par la Covid-19 par rapport aux épidémies précédentes ?
Dr Kidong Park :Chaque nouvelle maladie infectieuse présente des caractéristiques très différentes. D'après les informations recueillies jusqu'à présent, il apparaît que la Covid-19 (nCoV) diffère considérablement des souches précédentes de Covid-19 telles que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient).
Par conséquent, on observe une différence significative du taux de mortalité du Covid-19 (nCoV) par rapport au SRAS et au MERS. Alors que le taux de mortalité du SRAS était de 10 % et celui du MERS atteignait 35 %, ce chiffre n'est que de 2 % pour le Covid-19 (nCoV). De plus, le nombre de patients nécessitant une assistance respiratoire diffère également : 20 % pour le SRAS et 80 % pour le MERS, contre seulement 9 à 10 % pour le Covid-19 (nCoV). Ainsi, le Covid-19 (nCoV) apparaît moins grave que le SRAS ou le MERS.
![]() |
| Les responsables du Comité populaire provincial de Nghệ An et du Département de la santé inspectent les mesures de prévention et de contrôle de l'épidémie à l'hôpital général régional du Nord-Ouest. Photo : Tien Hung. |
À l'instar du SRAS et du MERS, la COVID-19 (nCoV) se transmet principalement par contact direct entre personnes, notamment par les gouttelettes émises lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue, ou par contact avec des surfaces contaminées. Toutefois, le mode de transmission de la COVID-19 (nCoV) demeure encore mal connu. Des investigations sont en cours et nous recueillons davantage d'informations sur la maladie avant de tirer des conclusions officielles.
Dr Kidong Park :S’appuyant sur l’expérience de l’épidémie de SRAS de 2003, l’OMS a révisé le Règlement sanitaire international en 2005. Ce règlement est généralement contraignant pour tous les États membres de l’OMS. Conformément au nouveau Règlement sanitaire international, les pays doivent se doter des capacités de base nécessaires pour détecter, signaler et maîtriser toute épidémie inattendue de maladies infectieuses susceptible de se propager au-delà des frontières.
Chaque année, l’OMS Vietnam soutient le gouvernement vietnamien dans l’accès et le renforcement des capacités susmentionnées. Nous avons également réalisé une évaluation de ces capacités en 2016.
Le 31 décembre 2019, le gouvernement chinois a signalé à l'OMS, conformément au Règlement sanitaire international, une grave épidémie d'une maladie inconnue. L'OMS a immédiatement informé ses États membres, dont le Vietnam.
Dès le début de l'épidémie, l'OMS a diffusé des dizaines de recommandations techniques et d'avertissements concernant les risques d'infection à destination des pays membres. Elle a également organisé de nombreuses formations en ligne pour les professionnels de santé. Au Vietnam, l'OMS a aussi apporté un soutien direct aux professionnels de santé dans l'élaboration de recommandations nationales, conformément à ses directives.
Le 30 janvier 2020, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré le nouveau coronavirus (maintenant connu sous le nom de Covid-19) comme une urgence de santé publique.
M. Ghebreyesus a également formulé des recommandations provisoires à l'intention de tous les États membres de l'OMS, notamment des recommandations supplémentaires pour les premiers pays touchés par la pandémie de Covid-19. L'OMS Vietnam est chargée de veiller à ce que ces recommandations soient approuvées et mises en œuvre au Vietnam.
L’OMS continue de suivre et d’évaluer de près la situation concernant l’épidémie. Nous fournirons aux pays, notamment au Vietnam, les orientations et le soutien nécessaires pour maîtriser efficacement la maladie et protéger la santé de leurs populations.
|
| Le matin du 10 février, du personnel médical contrôle la température corporelle de Vietnamiens de retour de Wuhan. |
Journaliste:Comment l'OMS évalue-t-elle les efforts déployés par le gouvernement vietnamien dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 au cours de la période écoulée ?
Dr Kidong Park :À ce jour, le Vietnam a très bien maîtrisé la pandémie de Covid-19. Dès l'apparition des premières informations sur la maladie, le pays a activé un système de réponse comprenant le renforcement de la surveillance, la prévention de la propagation du virus et la mise en place de mécanismes de coopération efficaces entre les ministères et les agences.
Journaliste:Quel soutien supplémentaire l'OMS apporte-t-elle au Vietnam pour faire face à la Covid-19, sachant que l'épidémie devrait atteindre son pic en Chine dans les 4 à 7 prochains jours et au Vietnam quelques jours plus tard ?
Dr Kidong Park :Il est très difficile d'affirmer quoi que ce soit avec certitude. Nous ne connaîtrons le pic de l'épidémie qu'après avoir pris connaissance des dernières évaluations. Nous ne ferons aucune prédiction. Nous pensons que de nouveaux cas d'infection en Chine seront annoncés dans les prochains jours.
Je peux toutefois affirmer que de nombreux pays, dont le Vietnam, ont fait leur maximum pour maîtriser l'épidémie. Malgré cela, nous devons rester extrêmement vigilants face à l'évolution imprévisible de la maladie.
Journaliste:Merci, monsieur !


