Le football masculin et le long chemin vers une Coupe du monde.
(Baonghean.vn) - Le football vietnamien est confronté à une vérité incroyable mais indéniable : le football masculin est né et s'est développé plus tôt, a bénéficié d'investissements plus importants et a suscité plus d'attentes, pourtant le chemin vers une Coupe du monde semble incroyablement lointain.
Parallèlement, le football féminin et le futsal, plus récents et bénéficiant de moins d'attention et d'investissements, ont déjà participé à une Coupe du monde en 2023 et leur avenir s'annonce radieux ; le futsal, quant à lui, a participé deux fois à la Coupe du monde et a réalisé un parcours spectaculaire en phase de groupes, avec un avenir de plus en plus prometteur…
L'équipe nationale masculine de football du Vietnam fonde actuellement ses espoirs sur l'entraîneur français Philippe Troussier, misant ainsi sur la qualification pour la Coupe du Monde 2026 et, à terme, celle de 2030. Cet entraîneur a connu de grands succès, mais aussi des échecs retentissants. Cependant, sa volonté de relever ce défi, après le brillant succès de son prédécesseur Park Hang-seo, est un acte courageux et admirable qui mérite d'être soutenu. Plus que quiconque, Troussier comprend que le changement et un nouveau départ sont indispensables pour hisser le football vietnamien au sommet. Il s'agit d'un travail de longue haleine et minutieux ; les résultats ne s'obtiennent pas en quelques années de recherche et de construction.
Rappelons-nous qu'après son succès, Park Hang-seo lui-même n'a pas réussi à réitérer l'exploit avec ses meilleurs joueurs lors du troisième tour des qualifications pour la Coupe du Monde 2022 face aux meilleures équipes continentales, ni lors des Coupes AFF 2020 et 2021 contre l'Indonésie et la Thaïlande, ses rivaux régionaux. Bien sûr, la relève est inévitable. Mais compte tenu de la forme actuelle de joueurs comme Ngoc Hai, Tien Linh, Quang Hai, Hoang Duc, Cong Phuong, etc., et des récentes blessures, il est indispensable de trouver de jeunes talents et de miser sur eux. De plus, pour préparer les grandes compétitions de 2024 et 2025, mettre ces jeunes joueurs à l'épreuve et leur permettre d'acquérir de l'expérience sur la scène continentale est sans aucun doute la meilleure solution.
La défaite amère (0-1) de l'équipe nationale vietnamienne face à l'Indonésie lors de la récente Coupe d'Asie a mis en lumière de nombreux problèmes, et Philippe Troussier est personnellement pointé du doigt. Premièrement, les adversaires changent et deviennent nettement plus forts, tandis que l'équipe nationale vietnamienne, sous la direction de Troussier, est en proie au chaos, expérimentant différentes formations et cherchant un style de jeu adéquat. Alors que les joueurs cadres historiques sont à la fois hors de forme et en manque de confiance, la jeune génération peine à répondre aux espoirs fragiles du sélectionneur, faute d'encadrement par des joueurs expérimentés sur le terrain.
Franchement, la décision de Troussier d'aligner de jeunes joueurs n'était pas mauvaise en soi, mais le faire avec trop d'agressivité et sans réflexion était une erreur et un préjudice. Thai Son, submergé par les difficultés, a dû être remplacé prématurément, et Van Tung, inefficace, s'est blessé. Son argument selon lequel Hoang Duc n'avait pas vraiment fait d'effort pour s'adapter au nouveau style de jeu est juste et nécessaire, mais sa décision de laisser Hung Dung sur le banc pendant tout le match contre l'Indonésie était totalement erronée et soulève des doutes quant à sa capacité à analyser le jeu en tant que stratège.
Mais il est préférable d'attendre le prochain stage de préparation de l'équipe nationale vietnamienne, qui disputera le deuxième tour des qualifications pour la Coupe du Monde 2026 et affrontera à nouveau l'Indonésie lors de deux matchs. Comment le sélectionneur français gérera-t-il les anciens joueurs clés et les jeunes talents ? Parviendra-t-il à insuffler à l'équipe une certaine culture de la victoire et à mieux appréhender la réalité du football vietnamien afin d'adapter son style de jeu et la gestion de son effectif ?
Le débat passionné qui entoure actuellement le football masculin pourrait s'apaiser lorsqu'on entendra le point de vue du football féminin, celui de la star Doan Kim Chi, originaire d'Hô Chi Minh-Ville. Elle suggère que la Coupe d'Asie n'est peut-être pas l'objectif ultime, et que l'entraîneur Troussier aligne donc de nombreuses jeunes joueuses pour perfectionner leur jeu. Les qualifications pour la Coupe du Monde seront le principal terrain d'affrontement pour les meilleures joueuses de l'équipe nationale vietnamienne. Les joueuses ayant participé au tournoi de Changzhou en 2018 ont peu de chances de répondre aux attentes ; celles qui ont brillé lors des matchs précédents mais n'ont pas respecté les consignes d'entraînement pour la rencontre suivante ne sont donc pas surprises d'être écartées !
La porte n'est peut-être pas complètement fermée pour M. Troussier après la défaite face à l'Indonésie, mais si l'équipe nationale vietnamienne ne se remet pas de ce revers en mars prochain, sa collaboration avec le sélectionneur français prendra fin. Le football vietnamien n'aura d'autre choix que de lui dire adieu et de lui souhaiter bonne chance !