International

Le président syrien arrive aux États-Unis pour une visite historique.

Hoang Bach November 9, 2025 11:05

Le président syrien Ahmed al-Charia est arrivé à Washington le 8 novembre pour une visite officielle historique, au lendemain de son retrait de la liste des organisations terroristes par les États-Unis. Il devrait s'entretenir avec le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche.

rooj2wciz5ot3aptfzbwmie43m.jpg
Le président américain Donald Trump rencontre le président syrien Ahmed al-Charia à Riyad, en Arabie saoudite. Photo : Agence de presse saoudienne/REUTERS

Selon l'agence de presse officielle syrienne, Ahmed al-Sharaa, le chef des forces qui ont renversé le régime du président Bachar al-Assad à la fin de l'année dernière, devrait rencontrer le président américain Donald Trump le 10 novembre (heure locale).

Il s'agit de la première visite officielle d'un président syrien aux États-Unis depuis l'indépendance de ce pays du Moyen-Orient en 1946. Auparavant, les deux dirigeants s'étaient rencontrés pour la première fois à Riyad, en Arabie saoudite, lors de la tournée régionale de Trump en mai.

Cette visite intervient peu après la décision du département d'État américain, le 7 novembre, de retirer Sharaa de la liste internationale des organisations terroristes. Le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott, a déclaré que cette décision visait à « reconnaître les progrès » accomplis par les dirigeants syriens après le départ du pouvoir de Bachar al-Assad.

M. Pigott a affirmé que l'administration de M. Sharaa avait répondu aux exigences de Washington, notamment en coopérant à la recherche des citoyens américains disparus et aux efforts visant à éliminer toute arme chimique restante.

Le porte-parole a ajouté que la décision américaine favoriserait « la sécurité et la stabilité régionales ainsi qu'un processus politique global appartenant au peuple syrien et contrôlé par lui ».

Cette décision fait suite à une série de démarches diplomatiques. Le 6 novembre, Washington a mené un vote au Conseil de sécurité de l'ONU pour lever les sanctions imposées par l'organisation à Sharaa. En juillet, son groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), lié à Al-Qaïda, a également été retiré de la liste américaine des organisations terroristes.

Sharaa lui-même a été inscrit sur la liste des terroristes par les États-Unis en 2013, mais a annoncé avoir rompu ses liens avec Al-Qaïda en 2016.

Le voyage de Sharaa à Washington fait suite à sa visite historique aux Nations Unies à New York en septembre. C'était sa première visite aux États-Unis et également la première fois qu'un président syrien prenait la parole à l'Assemblée générale de l'ONU depuis des décennies.

Les observateurs estiment que l'un des principaux objectifs de Sharaa lors de sa visite était de solliciter des financements internationaux pour la reconstruction du pays après treize années de conflit. En octobre, la Banque mondiale a publié son estimation la plus prudente du coût de la reconstruction de la Syrie, l'évaluant à 216 milliards de dollars.

Du côté américain, l'envoyé spécial pour la Syrie, Tom Barrack, a déclaré plus tôt ce mois-ci que Sharaa « espère » signer un accord pour que la Syrie rejoigne la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre l'État islamique autoproclamé (EI).

Par ailleurs, une source diplomatique en Syrie a révélé à l'AFP que les États-Unis prévoient d'établir une base militaire près de Damas afin de « coordonner l'aide humanitaire et de suivre l'évolution de la situation entre la Syrie et Israël ».

Hoang Bach