CAN 2025 : Calendrier controversé et lutte de pouvoir.
La FIFA a fixé un calendrier déraisonnable pour la CAN 2025, obligeant les équipes africaines à se préparer avec seulement quelques jours, ce qui a suscité des accusations de priorité accordée aux intérêts du football européen.
La bataille autour d'un calendrier de matchs inéquitable.
Alors que le Maroc s'apprête à accueillir la Coupe d'Afrique des Nations 2025 (CAN), la fierté de tout un continent est assombrie par une décision controversée de la FIFA. Le tournoi le plus prestigieux d'Afrique est contraint à un calendrier surchargé, révélant ainsi le rapport de force inégal qui domine le football mondial.
Le problème fondamental réside dans le temps de préparation quasi inexistant. La FIFA a fixé au 15 décembre la date limite pour que les clubs européens libèrent leurs joueurs en vue d'un tournoi qui débute seulement six jours plus tard, le 21 décembre. Cette situation est sans précédent dans les 68 ans d'histoire de la CAN et est perçue comme un manque de respect des normes professionnelles.

Le sélectionneur angolais, Patrice Beaumelle, a vivement critiqué la situation, déclarant : « On ne peut pas préparer une équipe performante en seulement deux ou trois séances d’entraînement. » Cette préparation insuffisante non seulement nuit à la qualité du tournoi, mais expose également les joueurs à un risque élevé de blessure, car ils sont immédiatement contraints d’enchaîner avec une compétition continentale après s’être épuisés en Europe.
Prioriser les intérêts du football européen.
La raison sous-jacente de ce calendrier illogique serait la priorité absolue accordée par la FIFA aux compétitions européennes. Organiser la CAN en décembre et janvier vise à éviter les conflits de calendrier avec la Ligue des champions et la Ligue Europa. Cela démontre que les intérêts financiers des grands clubs européens priment sur les valeurs traditionnelles et la fierté de tout le continent.

L'attitude du président de la FIFA, Gianni Infantino, n'a fait qu'exacerber la frustration. Ses déclarations, qualifiant la CAN de tournoi « inutile » et suggérant de l'organiser tous les quatre ans comme l'EURO, ont révélé une incompréhension de la structure économique spécifique du football africain.
Contrairement à l'UEFA, qui bénéficie de revenus stables grâce à la Ligue des champions, la Confédération africaine de football (CAF) dépend presque entièrement de la CAN pour assurer son fonctionnement. Les recettes prévues de plus d'un milliard de dollars provenant des droits médias ne sont garanties que si la compétition conserve sa fréquence biennale. Modifier le cycle de la compétition porterait un coup dur à la viabilité financière du football africain.
Les inquiétudes du pays hôte et un signal d'alarme.
Malgré les polémiques, le Maroc, pays hôte, poursuit sa préparation avec détermination et ambition pour le tournoi. Après leur parcours exceptionnel jusqu'en demi-finale de la Coupe du Monde 2022, les Lions de l'Atlas visent à mettre fin à une disette de titres qui dure depuis près d'un demi-siècle. Cependant, la pression est immense sur le sélectionneur Walid Regragui, car ses joueurs clés n'ont pas eu le temps de récupérer et de procéder aux ajustements tactiques nécessaires.
La crise du calendrier de la CAN 2025 est un signal d'alarme concernant le déséquilibre des pouvoirs dans le football mondial. Le football africain, avec son immense contribution au monde, mérite le respect et une place plus équitable.

Si la FIFA et la CAF ne parviennent pas à s'entendre sur le respect des valeurs uniques de l'Afrique, les tournois futurs continueront d'être influencés par les intérêts de groupes puissants. Des stars comme Mohamed Salah et Victor Osimhen doivent pouvoir rentrer chez elles en pleine forme, au lieu d'être obligées de faire des allers-retours entre les deux continents épuisées.