Analyse du tir manqué du missile Tomahawk américain au Nigéria.
Au moins trois missiles Tomahawk n'ont pas explosé ou ont manqué leurs cibles lors de l'attaque américaine au Nigéria, laissant sur place des ogives WDU-36/B de 310 kg.
Au moins trois missiles de croisière Tomahawk, déployés par les États-Unis dans le cadre de leur campagne contre des cibles de l'État islamique (EI) au Nigéria, n'ont pas atteint leurs objectifs. Après l'attaque du soir du 25 décembre, des habitants du district d'Offa, dans l'État de Kwara, ont découvert des débris de missiles et des ogives non explosées éparpillés dans la zone résidentielle.
Preuves techniques et de site
Des photographies du site de l'attaque ont été publiées par Trevor Ball, chercheur spécialisé dans les conflits et membre du groupe de journalisme d'investigation Bellingcat. Ces données ont révélé la présence d'une ogive à fragmentation WDU-36/B de 310 kg, ainsi que des fragments d'aile de missile de croisière.

D'après les premières constatations, si le missile a dévié de sa trajectoire prévue, le système de mise à feu a probablement mal fonctionné, empêchant ainsi l'activation de l'ogive à l'impact. Tajuddin Alabi, ancien conseiller spécial du gouverneur de l'État de Kwara pour la sécurité, a confirmé que les habitants ont entendu trois fortes explosions vers 21h00. Au moins cinq bâtiments ont été endommagés ou détruits à différents endroits, dont l'hôtel Offa Central.
Contexte de la campagne militaire
L'attaque a été menée sur ordre du président américain Donald Trump et visait des positions de l'État islamique au Nigéria. Le ministère nigérian des Affaires étrangères a confirmé qu'il s'agissait d'une opération coordonnée entre les deux pays, axée sur des frappes aériennes ciblées dans le nord-ouest du pays afin d'éliminer les éléments terroristes.

Auparavant, les États-Unis avaient lancé de fermes avertissements concernant la protection de la communauté chrétienne et avaient chargé le département de la Guerre de préparer des options d'intervention militaire. En réponse, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a affirmé que son pays restait déterminé à lutter contre l'intolérance religieuse et les groupes extrémistes.
Impact et victimes
Bien qu'aucun décès ne soit à déplorer pour l'instant, l'incident a fait plusieurs blessés et causé d'importants dégâts aux infrastructures civiles. Le Nigéria lutte contre le groupe terroriste Boko Haram depuis plus de vingt ans. Selon les chiffres des Nations Unies, depuis 2009, les violences liées au terrorisme ont fait plus de 40 000 morts et plus de 2 millions de déplacés.