Les États-Unis lancent un « Conseil de paix » : de nouveaux espoirs pour la reconstruction de Gaza et la sécurité mondiale.
Aujourd'hui (19 février), à Washington D.C., le président américain Donald Trump a présidé la première réunion du « Conseil de paix » – une nouvelle initiative multilatérale visant à résoudre les conflits internationaux, avec pour objectif immédiat la consolidation du cessez-le-feu et la reconstruction de la bande de Gaza.

Selon l'AFP, DW et d'autres agences de presse internationales, l'événement a attiré des dirigeants et des représentants de haut rang de près de 30 pays, marquant une nouvelle étape dans les efforts diplomatiques mondiaux pour trouver une solution à la situation explosive du Moyen-Orient après plus de deux ans de conflit prolongé.
Engagement de 5 milliards de dollars et feuille de route pour la reconstruction de Gaza.
Le « Conseil de paix » a été créé sur la base des efforts de diplomatie de navette entrepris par l'administration Trump, en coordination avec le Qatar et l'Égypte, pour parvenir à un accord de cessez-le-feu d'ici octobre 2025. Entrant dans la deuxième phase du processus de paix, l'objectif principal du Conseil est d'assurer une sécurité durable et de rétablir la vie dans cette région fortement dévastée.
Lors de la séance d'ouverture, un engagement financier important a été pris. Les États membres prévoient de mobiliser plus de 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, où une grande partie des infrastructures a été détruite.
Le président américain a également proposé des idées audacieuses pour le développement économique, notamment des projets touristiques et immobiliers, visant à transformer l'avenir du territoire.
Outre les questions financières, la conférence a également abordé la création d'une « Force internationale de stabilisation » chargée de maintenir la sécurité à Gaza. L'Indonésie, pays qui compte la plus grande population musulmane au monde, s'est déclarée prête à déployer jusqu'à 8 000 soldats au sein de cette force de maintien de la paix si le mécanisme est approuvé. La présence de l'Indonésie, aux côtés de pays comme le Pakistan, la Hongrie et l'Argentine, témoigne d'une volonté de diversifier les acteurs de la consolidation de la paix, et de ne pas se limiter aux seuls alliés occidentaux traditionnels.
Défis rencontrés sur le terrain
Malgré le cessez-le-feu en vigueur, la situation sur le terrain demeure fragile. Le ministère de la Santé de Gaza signale que, depuis le début du cessez-le-feu, plus de 600 personnes ont été tuées lors d'affrontements sporadiques. Cela met à rude épreuve le rôle de supervision du Conseil de sécurité.
Au cœur des discussions sécuritaires se trouve le désarmement du Hamas. Les États-Unis et Israël considèrent tous deux qu'il s'agit d'une condition préalable. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a insisté sur une position ferme concernant la saisie des armes lourdes et des fusils d'assaut.
Jeremy Issacharoff, stratège de l'université Reichman (Israël), estime que désarmer le Hamas n'est pas une tâche simple, mais une voie nécessaire pour instaurer la confiance.
À l'inverse, des représentants du Hamas ont appelé le Conseil à faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à ses actions militaires et lève le blocus en vigueur depuis des années.
Pour relever les défis de gouvernance durant la période de transition, un comité technocratique dirigé par l'ingénieur Ali Shaath a été créé le mois dernier pour superviser les opérations civiles quotidiennes à Gaza.

mécanisme de fonctionnement et vision élargie
Bien que l'attention se porte actuellement sur Gaza, le « Conseil de paix » ambitionne de devenir un mécanisme mondial de résolution des conflits. Conformément à sa charte, sa structure organisationnelle comprend un Conseil exécutif composé de personnalités influentes telles que le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le président de la Banque mondiale Ajay Banga.
Un aspect notable du mécanisme du Conseil réside dans le rôle central des États-Unis. Le président américain dispose d'un droit de veto et a le dernier mot quant à l'orientation stratégique. Ceci reflète l'approche pragmatique de l'administration de Washington : tirer parti de sa position et de ses relations étroites avec diverses parties (notamment Israël) pour promouvoir des solutions que les mécanismes traditionnels ne permettraient pas d'obtenir immédiatement.
Jason Isaacson, directeur des politiques de l'American Jewish Committee (AJC), a exprimé un optimisme prudent : « Si ce modèle peut apporter des changements positifs sur le terrain, il pourrait obtenir des succès que les modèles de résolution de conflits précédents n'ont pas obtenus. »
Une nouvelle approche multilatérale
La création du « Conseil de paix » intervient à un moment où les institutions internationales traditionnelles, comme les Nations Unies, sont confrontées à un besoin urgent de réforme pour s’adapter à la nouvelle situation. Si certains pays européens, tels que la France et l’Allemagne, restent prudents et insistent sur le rôle central du Conseil de sécurité de l’ONU, beaucoup d’autres considèrent cette nouvelle initiative américaine comme un canal complémentaire nécessaire et pragmatique.
En novembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations Unies a également pris des mesures pour soutenir les efforts du « Conseil de paix » dans le cadre du règlement de la question de Gaza, reconnaissant que l'implication directe des États-Unis est un facteur clé pour influencer Israël.
La présence de voix diverses au sein du Conseil devrait également contribuer à équilibrer les intérêts, en veillant à ce que les solutions proposées ne servent pas seulement les grandes puissances, mais tiennent également compte des droits légitimes des populations dans les zones de conflit.
La première réunion du « Conseil de paix » à Washington n'a pas permis de résoudre immédiatement tous les conflits qui se chevauchent au Moyen-Orient, mais elle a ouvert la voie à une approche nouvelle, plus pragmatique et plus décisive.
Le succès futur du Conseil dépendra de sa capacité à concrétiser des engagements de plusieurs milliards de dollars, ainsi qu'à maintenir un équilibre entre les besoins de sécurité d'Israël et les aspirations du peuple palestinien à la paix et à l'indépendance.