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De l'IA à Starlink : la technologie des drones redessine le conflit russo-ukrainien.

Hoang Bach February 20, 2026 13:56

Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa cinquième année, les drones (UAV) ont acquis une domination quasi absolue sur le front. Cette profonde mutation de la guerre moderne redessine le paysage militaire et est suivie de près par les experts militaires du monde entier.

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Des soldats ukrainiens se tiennent près de pick-ups prêts à être déployés sur le front, dans un lieu tenu secret près de Kostyantynivka, dans la région de Donetsk, le 17 février 2026. Photo : 93e brigade mécanisée indépendante/Iryna Rybakova/AFP

Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a déclaré que les drones, allant des appareils commerciaux bon marché aux modèles miniatures transportant des explosifs, sont responsables de près de 80 % des dégâts sur le champ de bataille.

Cette dure réalité a transformé la ligne de front en une véritable zone de mort s'étendant jusqu'à 20 kilomètres de profondeur. L'experte militaire Kateryna Bondar a expliqué qu'il s'agissait d'une zone constamment surveillée par voie aérienne. De ce fait, les soldats ne pouvaient opérer qu'en petits groupes, se déplaçant rapidement et faisant preuve d'une vigilance extrême.

Les engins lourds tels que l'artillerie et les chars blindés sont désormais trop lents, facilement repérables et constituent des cibles pour les deux camps. Afin de minimiser les pertes lors de ses incursions en zones dangereuses, l'armée ukrainienne recourt de plus en plus aux robots terrestres pour le transport de ravitaillement et l'évacuation des blessés.

Aujourd'hui, la véritable course sur le champ de bataille repose sur les technologies de l'information et de la communication, ainsi que sur la capacité à maintenir la connectivité. Initialement, la plupart des drones fonctionnaient par ondes radio, mais ils se sont révélés vulnérables aux systèmes de guerre électronique.

Pour pallier le risque de brouillage ou d'interception, les forces russes ont opté pour des drones pilotés par des câbles à fibres optiques ultrafins, les rendant totalement insensibles aux interférences électroniques. Le déploiement massif de cette technologie a engendré des réseaux complexes de câbles recouvrant villes et champs le long de la ligne de front.

Parallèlement, les forces ukrainiennes ont cherché une solution alternative en équipant leurs drones de terminaux Starlink, leur permettant ainsi d'utiliser l'internet par satellite pour voler plus loin tout en bénéficiant d'un signal vidéo stable. Cette tactique a ensuite été adoptée par la Russie, jusqu'à ce que le milliardaire Elon Musk soit incité, le mois dernier, à désactiver les équipements russes.

Cette déconnexion a été évaluée par l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) comme ayant facilité certaines avancées localisées des forces ukrainiennes dans la région méridionale de Zaporijia au début de février 2026.

La prolifération des drones a contraint tous les acteurs à revoir en profondeur leurs systèmes de défense aérienne. L'utilisation de missiles intercepteurs à plusieurs millions de dollars pour abattre des drones bon marché n'est pas économiquement viable. Parallèlement aux mesures de brouillage, l'Ukraine a développé des drones intercepteurs peu coûteux, spécifiquement conçus pour détruire les aéronefs ennemis en vol.

Sur le terrain, les routes proches des lignes de front étaient bouclées par des filets de protection, les camions étaient renforcés par des cages en acier pour se protéger des drones, tandis que les mitrailleuses constituaient la dernière ligne de défense.

Afin d'améliorer les performances au combat, les ingénieurs s'efforcent d'intégrer l'intelligence artificielle (IA) aux drones. La technologie de « guidage terminal » a été développée, permettant à l'IA de prendre automatiquement le relais et de diriger les drones vers leurs cibles lorsque la connexion avec l'opérateur est perdue au dernier moment.

Bien que cette technologie augmente considérablement la précision, les experts affirment que l'autonomie complète des machines reste une perspective lointaine.

Les experts Kateryna Bondar et l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, s'accordent à dire que l'IA actuelle ne joue qu'un rôle de soutien et ne peut remplacer l'humain. Malgré le développement de technologies avancées, les forces terrestres conservent un rôle décisif sur le champ de bataille.

Hoang Bach