Nouvelles propositions pour l'assurance agricole.
Le ministère des Finances a proposé de porter la subvention des primes d'assurance agricole à 95 %, d'élargir le nombre de bénéficiaires et de mettre en place un mécanisme d'emprunt pour le paiement des primes. Cette proposition devrait créer un filet de sécurité financière permettant aux agriculteurs de mieux protéger leur production contre les risques de catastrophes naturelles et de maladies.
Relever le plafond de soutien, élargir le groupe cible.
Le ministère des Finances rédige un décret visant à modifier et compléter plusieurs articles du décret 58/2018/ND-CP relatif à l'assurance agricole.
Selon le projet, le ministère des Finances propose de modifier et de compléter la réglementation relative aux bénéficiaires d'assurance afin d'élargir le champ d'application et d'accroître le montant de l'aide. Plus précisément, les personnes exerçant une activité agricole et appartenant à des ménages à faibles revenus bénéficieront d'une aide couvrant jusqu'à 95 % des primes d'assurance agricole, soit une augmentation de 5 % par rapport au niveau actuel.
Il est à noter que les producteurs agricoles individuels qui ne sont pas classés comme ménages pauvres ou à faible revenu – un groupe qui ne bénéficiait auparavant que de 20 % d'aide – verront leur soutien porté à 50 %. Parallèlement, il est proposé que les organisations de production agricole reçoivent une aide de 30 % pour leurs primes d'assurance, soit une augmentation de 10 % par rapport à la situation antérieure.
Cette mesure est considérée comme un ajustement important, visant à inciter un grand nombre d'agriculteurs et d'entreprises à souscrire une assurance agricole, au lieu de se concentrer principalement sur les ménages pauvres et à faibles revenus comme par le passé. Selon le ministère des Finances, sur la base des propositions des comités populaires des provinces et des villes, le soutien total estimé du budget de l'État s'élève à environ 151,8 milliards de VND par an.
Outre le relèvement du niveau de soutien, le projet de loi élargit également le champ des personnes assurées. En plus des trois groupes existants – cultures (riz, caoutchouc, poivre, noix de cajou, café, arbres fruitiers, légumes), élevage (buffles, bovins, porcs, volailles) et aquaculture (crevettes tigrées, crevettes blanches, poissons-chats) –, le ministère des Finances propose d'y ajouter les principales cultures, l'élevage et les produits aquatiques de chaque localité. Cette mesure permettra de rendre la politique plus flexible et mieux adaptée aux spécificités de production de chaque région.

Face à l'aggravation du changement climatique, à la multiplication des catastrophes naturelles et à la multiplication des épidémies, la production agricole est confrontée à de nombreux risques. C'est pourquoi le renforcement du soutien à l'assurance agricole est considéré comme une solution indispensable pour dynamiser les secteurs agricole et rural. Si elles sont approuvées, ces nouvelles propositions contribueront non seulement à augmenter le taux de souscription à l'assurance, mais démontreront aussi clairement le rôle de l'État comme facilitateur dans la protection des moyens de subsistance de millions de ménages agricoles.
Proposition de prêt pour l'achat d'une assurance.
Autre nouveauté notable : la proposition d’autoriser les établissements de crédit à octroyer des prêts aux agriculteurs et aux particuliers afin de couvrir la part des primes d’assurance excédant la subvention budgétaire. Le contrat d’assurance pourrait, le cas échéant, servir de garantie pour le prêt.
Selon le ministère des Finances, cette réglementation revêt une importance sociale indéniable et permet aux agriculteurs de surmonter les obstacles financiers liés à l'assurance agricole. Dans un contexte de forte dépendance de la production agricole aux aléas climatiques, aux maladies et aux fluctuations du marché, cette protection supplémentaire leur permettra d'investir et d'accroître leur production en toute sérénité.
Après avoir évalué le processus de mise en œuvre au cours de la période écoulée, le ministère des Finances a indiqué que, malgré l'expérience acquise lors de la phase pilote de 2011-2013, l'assurance agricole demeure un produit nouveau et complexe. Son organisation et sa mise en œuvre restent difficiles non seulement pour les agriculteurs, mais aussi pour les agents de terrain chargés de l'application des politiques.
Par ailleurs, certains agriculteurs ignorent encore le rôle et l'importance de l'assurance agricole. La mentalité consistant à « attendre l'aide après une catastrophe naturelle » persiste, ce qui explique les faibles taux de participation. En réalité, les participants sont principalement des ménages pauvres ou à faible revenu – le groupe qui bénéficie du soutien le plus important – tandis que la participation des particuliers qui ne sont pas en difficulté et des organisations de production demeure assez modeste.

Du point de vue des compagnies d'assurance, l'assurance agricole est considérée comme une activité complexe et à haut risque en raison du caractère imprévisible des catastrophes naturelles et des épidémies. Pour la mettre en œuvre efficacement, les entreprises doivent disposer de solides capacités financières, d'une équipe expérimentée et d'un vaste réseau de distribution couvrant même les villages, les hameaux et les coopératives ; elle requiert également la participation de réassureurs internationaux et une étroite collaboration des autorités locales.
Le ministère des Finances a indiqué que l'expérience internationale montre que de nombreux pays accordent des subventions sur les primes d'assurance équivalentes, voire supérieures, à celles du Vietnam. Aux États-Unis, le gouvernement subventionne environ 69 % de la prime ; au Canada, 66 % ; et en Espagne et au Japon, environ 50 %. Outre ces subventions, les gouvernements de ces pays mettent également en œuvre de nombreuses mesures complémentaires, telles que la prise en charge des frais de gestion des compagnies d'assurance, l'acceptation de la réassurance ou la fourniture gratuite de contrats d'assurance de base contre les catastrophes naturelles pour l'ensemble des cultures.
D'après les données du Département de la supervision et de la gestion des assurances (ministère des Finances) pour la période 2019-2024, quatre localités ont mis en œuvre des politiques de soutien à l'assurance agricole. Il s'agit des localités de Nghệ An et Thaï Binh pour les cultures de riz, et de Ha Giang et Binh Dinh pour l'élevage (buffles et bovins). Plus de 20 000 agriculteurs et organisations de production y ont participé. Le montant total des biens assurés s'élevait à 217 milliards de VND. Le total des primes d'assurance atteignait près de 9,5 milliards de VND (dont 8,02 milliards de VND pris en charge par le budget de l'État).