Les coutumes traditionnelles s'intègrent harmonieusement aux célébrations modernes du Têt.
La province de Nghệ An offre un spectacle unique pendant le Têt : un lieu où les bateaux sont chéris comme des partenaires de vie et où les mots sont précieux comme des prières pour la paix. Ces coutumes sont comme des liens délicats qui unissent le passé au présent, faisant du Têt un havre de paix et de réconfort pour ses habitants.
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Dans de nombreuses régions rurales, la coutume d’« abattre un cochon » pendant le Têt (Nouvel An lunaire) est devenue une tradition culturelle unique, une façon pour les gens de passer les fêtes du Têt ensemble dans la convivialité et la chaleur humaine.
Le matin de l'abattage du cochon, tout le village s'éveilla plus tôt que d'habitude. Le cliquetis des couteaux et des planches à découper résonnait comme un joyeux roulement de tambour. Les adultes s'affairaient, les enfants couraient partout, les yeux brillants d'une joie indescriptible.

Le jour de l'abattage du cochon tombe généralement entre le 23 du 12e mois lunaire et la veille du Nouvel An. À l'avance, les tâches sont clairement réparties : qui s'occupe de la cuisine, qui découpe le cochon et qui prépare les légumes et les épices. La cour se transforme alors en un marché miniature pour le Têt. Des hommes robustes attachent le cochon, tandis que les femmes cueillent les légumes avec agilité et allument le feu. Rires et bavardages se mêlent à la fumée des fourneaux, réchauffant un coin du village.
Les adultes discutaient en travaillant, parlant du nombre de gâteaux de riz gluant qu'ils avaient préparés cette année, de ce qu'ils avaient acheté et de la possibilité pour leurs enfants, qui travaillaient loin, de rentrer à la maison pour le Têt...
En fin de compte, l'abattage d'un cochon est la manière dont les habitants des campagnes se préparent pour le Têt (Nouvel An vietnamien), dans un esprit de solidarité et de convivialité. C'est une mémoire collective, une expression vivante de la culture villageoise vietnamienne – où le Têt ne s'achète pas au supermarché, mais prend racine dans la cour, autour de la marmite d'eau bouillante, des saucisses parfumées et des rires qui emplissent le village.

Dans un contexte urbain de plus en plus dense, la tradition de confectionner des bánh chưng (gâteaux de riz vietnamiens) devient difficile à perpétuer. Pour s'adapter, cette coutume a évolué. Au lieu de préparer les gâteaux individuellement, on a trouvé une autre solution : réunir plusieurs familles pour les confectionner ensemble, afin que le Têt (Nouvel An vietnamien) conserve toute sa place au cœur de l'effervescence citadine.
L'atmosphère pendant la confection des bánh chưng était à la fois animée et incroyablement détendue. Des mains expertes côtoyaient des débutants, leur montrant comment disposer les feuilles, doser le riz et nouer les ficelles pour obtenir des bánh chưng parfaitement carrés. Certains étaient magnifiques, d'autres imparfaits, mais cela importait peu. L'essentiel n'était pas la perfection du bánh chưng, mais le plaisir de partager un moment convivial, à raconter des histoires qu'on avait manquées durant cette année chargée.

Une fois les gâteaux de riz emballés, une grande marmite fut posée sur le feu et un feu fut allumé dans la douce lumière de fin d'après-midi. L'atmosphère se fit soudain calme, réchauffée par le murmure de l'eau qui bouillait. Les adultes s'empressèrent de mettre la table et de partager un repas de réveillon du Nouvel An en avance. Ailleurs, des feux de joie furent allumés et les gens se rassemblèrent autour pour veiller sur les gâteaux toute la nuit. La lueur vacillante des flammes et les conversations interminables donnèrent l'impression que le temps s'étirait au-delà des festivités de fin d'année, au cœur de la ville.
Préparer les bánh chưng (gâteaux de riz vietnamiens traditionnels) de cette manière conviviale n'est pas seulement une solution adaptée aux conditions de vie modernes, mais aussi une façon très naturelle de préserver l'esprit du Têt. Le partage décuple la joie. Et dans ces bánh chưng confectionnés à plusieurs, on réalise que les retrouvailles ne se limitent pas aux foyers, mais peuvent tisser des liens au sein de toute une communauté – une chaleur suffisante pour faire vivre l'esprit du Têt, malgré les bouleversements de la vie moderne.

Dans les villages côtiers de la province de Nghệ An, là où la terre s'achève sur la plage de sable fin et où commence l'embrun marin, le bateau n'est pas qu'un simple moyen de subsistance. C'est un second foyer, un lieu où l'on confie sa vie, un compagnon silencieux qui accompagne les pêcheurs à travers d'innombrables saisons de tempêtes. Ainsi, lorsque la dernière campagne de pêche de l'année s'achève, et que le Têt (Nouvel An lunaire) n'est pas encore arrivé, le rituel des offrandes au bateau a déjà discrètement commencé.
Dans les jours précédant le Têt (Nouvel An lunaire), les quais sont frais et froids. Une légère pluie printanière tombe et le village de pêcheurs semble retrouver son calme après une année ballottée par les marées. Pourtant, sur le débarcadère, on aperçoit encore des gens affairés : ils lavent les filets imprégnés d'odeur de poisson, nettoient les ponts, balaient les cabines de fond en comble et refont les amarres usées par le temps. Les bateaux sont soignés avec une méticulosité extrême, comme s'ils se préparaient pour un moment sacré – un moment où l'on sera écouté et apprécié.

La cérémonie de bénédiction des bateaux est un rituel empreint de sérénité, mais riche de sens. C'est un moment où les marins s'inclinent en mémoire de leurs ancêtres qui ont ouvert des voies navigables et leur ont transmis le savoir-faire de la vie en haute mer. C'est un moment pour remercier silencieusement leurs bateaux d'avoir bravé les vagues et les vents, les ramenant à bon port après chaque long voyage. C'est aussi un moment pour adresser des prières aux dieux du fleuve et de la mer, en espérant une nouvelle année paisible, des bateaux remplis de poissons et la santé et l'harmonie de l'équipage.
Certains exercent ce métier depuis la fin de leur adolescence ou le début de leur vingtaine, ayant sillonné les mers et travaillé comme « matelots », chargés de la cuisine à bord. Pour eux, la cérémonie d'adoration du bateau est un souvenir impérissable, comme un rythme respiratoire familier chaque printemps. Outre cette cérémonie, il existe d'autres coutumes telles que l'ouverture de la mer, l'immersion du bateau dans les premières eaux de l'année et le culte du Dieu Baleine… autant de traditions qui forment un magnifique système de valeurs spirituelles, reflétant la manière dont les pêcheurs vivent en harmonie avec la mer.

Au matin du premier jour du Nouvel An lunaire, tout est d'une clarté et d'une fraîcheur exceptionnelles. L'air semble purifié après une longue nuit de festivités, pur et sacré. Souvent, les adultes emmènent leurs enfants et petits-enfants aux temples et sanctuaires dans la fine brume matinale. On parle à voix basse, presque à voix basse, comme pour ne pas troubler la tranquillité unique de ce premier matin de l'année. La tradition de la calligraphie se déroule généralement dans l'enceinte du temple ou du sanctuaire, où le parfum de l'encens se mêle à l'odeur du vieux bois, où le son des cloches suffit à apaiser les cœurs. Dans cette atmosphère solennelle et sacrée, les caractères ne sont plus de simples mots, mais une prière.

Ceux qui souhaitaient apprendre la calligraphie attendaient sagement, chacun animé d'une douce impatience. Les enfants, blottis contre leurs parents, contemplaient avec curiosité les feuilles de papier coloré soigneusement rangées, impatients de recevoir le premier coup de plume de l'année.
À Nghệ An, commander une calligraphie en début d'année est aussi une façon pour les adultes d'inculquer aux enfants le goût de l'écriture et les bonnes manières. En ramenant la calligraphie à la maison pour l'accrocher, on conserve bien plus qu'une simple feuille de papier : on emporte avec soi l'émotion du premier jour de l'an. Les caractères, silencieux, nous rappellent que la nouvelle année commence sous de bonnes intentions. Et pour les habitants de Nghệ An, cela suffit à aborder la nouvelle année avec sérénité, détermination et espoir.