Qui succédera au guide suprême iranien Khamenei ?
La mort du dirigeant historique iranien a créé un immense vide de pouvoir, car il n'a jamais officiellement désigné son successeur.

Selon CNN, le matin du 1er mars, la chaîne de télévision d'État iranienne IRIB a annoncé : « Le Guide suprême de l'Iran s'est suicidé. » De son côté, l'agence de presse Mehr, proche du gouvernement, lui a rendu hommage : « Le grand érudit, le guerrier qui a sacrifié sa vie pour la renaissance de l'Iran… il figure désormais parmi les héros martyrs. »
Le gouvernement iranien a décrété quarante jours de deuil national en hommage au défunt guide suprême. Cette annonce fait suite à la déclaration conjointe des États-Unis et d'Israël selon laquelle Khamenei avait été tué lors d'une frappe aérienne coordonnée de grande envergure menée par les forces des deux pays contre le territoire iranien.
Le décès du dirigeant iranien, figure emblématique du pays, a créé un immense vide du pouvoir, car il n'a jamais désigné officiellement son successeur. Conformément à la loi, une assemblée de 88 hauts dignitaires religieux, appelée Assemblée des experts, sera chargée de choisir ce dernier.
Les analystes ont immédiatement identifié plusieurs candidats prometteurs. Parmi eux figurait Mojtaba Khamenei (56 ans), le deuxième fils de Khamenei. Mojtaba est connu pour son influence considérable et ses liens étroits avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la milice de volontaires Bassidj. Cependant, le principal obstacle pour Mojtaba est la tradition des religieux chiites, qui ne reconnaît pas la succession héréditaire. De plus, il n'est pas un dignitaire religieux de haut rang et n'occupe actuellement aucune fonction officielle au sein du gouvernement.
Prenons l'exemple d'Alireza Arafi (67 ans), qui, bien que moins connu sur la scène politique internationale, est un religieux respecté et un proche collaborateur de Khamenei. Il occupe actuellement le poste de vice-président de l'Assemblée des experts et est membre du puissant Conseil des gardiens, organe chargé de contrôler les candidatures aux élections et les lois parlementaires. Arafi dirige également le système des séminaires iraniens. Cependant, il n'est pas considéré comme un acteur politique majeur et n'entretient pas de liens étroits avec les services de sécurité.
Par ailleurs, plusieurs autres personnalités importantes, comme Mohammad Mehdi Mirbagheri (plus de 60 ans), un religieux intransigeant et membre du Conseil des experts, représentent l'aile la plus conservatrice du clergé. Selon l'organisation activiste IranWire, Mirbagheri nourrit des opinions fortement anti-occidentales et considère le conflit entre « croyants » et « non-croyants » comme inévitable. Il dirige actuellement l'Académie islamique des sciences de la ville sainte de Qom.
Hassan Khomeini (âgé de plus de 50 ans) est le petit-fils du fondateur de la République islamique, le grand ayatollah Rouhollah Khomeini. Il bénéficie d'une légitimité religieuse et d'un esprit révolutionnaire considérables. Il gère actuellement le mausolée Khomeini. Cependant, il n'a jamais occupé de fonction publique et semble avoir peu d'influence sur l'appareil sécuritaire ou l'élite dirigeante. On le considère également comme ayant des opinions plus modérées que nombre de ses contemporains.
Hashem Hosseini Bushehri (60 ans), haut dignitaire religieux, entretient des liens étroits avec les instances de gestion de la succession, notamment l'Assemblée des experts, dont il est le premier vice-président. Bushehri est réputé proche de Khamenei, mais il reste relativement discret sur la scène politique intérieure et ne bénéficie pas d'un soutien important de la part des Gardiens de la révolution.