Réflexion

Ne laissez pas l'amour devenir un fardeau.

Phuoc Anh March 8, 2026 10:00

Parmi les nombreux bouquets de fleurs du 8 mars, la subtilité est peut-être la plus précieuse. La subtilité dans notre façon de témoigner notre amour, d'exprimer nos sentiments et de partager notre joie. Car dans une société où chacun a sa propre situation, la subtilité est parfois le meilleur moyen de faire en sorte que ces belles fêtes ne deviennent un fardeau invisible pour personne.

đừng để yêu thương

Phuoc Anh• 8 mars 2026

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Ces dernières années, des fêtes comme le 8 mars et le 20 octobre sont devenues des occasions privilégiées pour témoigner sa reconnaissance envers les femmes. Un bouquet de fleurs, un petit cadeau ou un message attentionné font toujours plaisir. L'existence de ces fêtes, qui rappellent la présence et la contribution des femmes à la famille et à la société, est précieuse. La vie est trépidante, et parfois, on a besoin d'une occasion particulière pour faire une pause et exprimer l'affection qu'on hésite souvent à partager.

Cependant, à mesure que les bouquets de fleurs s'agrandissent, que les cadeaux deviennent plus ostentatoires et que les images de « maris idéaux » sont mises en avant sur les réseaux sociaux, la magie des fêtes peut parfois engendrer une pression invisible. On se focalise alors sur les images qui circulent partout : bouquets de billets, dîners aux chandelles fastueux, publications Facebook sur le thème « choyé(e) par son mari ou son petit ami »… Ces images sont certes belles et significatives pour certaines personnes, mais il est clair que tout le monde n'a pas la chance d'y figurer.

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Le 8 mars n'est donc pas seulement une journée de fleurs, de cadeaux et de vœux, mais parfois aussi une journée de comparaisons silencieuses. Une femme recevant un magnifique bouquet peut se sentir heureuse, mais quelque part, une autre femme fait défiler cette image sur l'écran de son téléphone, dans une petite chambre louée après une journée de travail épuisante. Il peut s'agir d'une ouvrière qui vient de terminer son service, d'une mère célibataire qui veille sur son enfant malade ou d'une veuve habituée à tout assumer seule. Ce sont des femmes comme les autres, mais leur vie n'est pas toujours faite de fleurs et de vœux.

La tristesse qu'elles ressentent dans ces situations n'est pas due à l'envie du bonheur d'autrui. En réalité, la plupart de ces femmes comprennent parfaitement que chaque vie est faite de circonstances particulières. Ce qui les attriste parfois, c'est simplement le sentiment d'être en dehors de l'image idéalisée que la société véhicule. Lorsque les réseaux sociaux regorgent d'images de fleurs, de cadeaux et de démonstrations d'amour, il est facile d'oublier que beaucoup de femmes mènent une vie bien plus paisible.

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À l'occasion de la Journée internationale des femmes (8 mars), un groupe de jeunes a offert des fleurs et témoigné son affection aux femmes travaillant tard dans la nuit. Photo : Tien Phong.

Un jour, le 8 mars, j'ai discuté avec une vendeuse au marché. Je lui ai demandé en plaisantant si elle avait reçu des fleurs. Elle a souri doucement et sincèrement, me confiant qu'elle avait bien d'autres soucis à la maison : ses enfants étaient encore à l'école et les fleurs étaient trop chères. Pour beaucoup de femmes actives, le 8 mars, le 20 octobre… passent comme n'importe quel autre jour. Elles se lèvent toujours tôt, vont toujours au marché, se préoccupent toujours de préparer les repas pour leur famille. Mais lorsqu'elles passent devant les étals de fleurs, ou lorsqu'elles rentrent chez elles le soir et découvrent des messages de félicitations joyeux sur leurs téléphones, leurs sentiments, jusque-là discrets, prennent alors une dimension plus claire.

Cela a amené les gens à réfléchir davantage à la façon dont la société perçoit les fêtes. Honorer les femmes est important, et des gestes comme offrir des fleurs ou exprimer son amour sont de belles attentions. Cependant, lorsque ces expressions deviennent trop ostentatoires, elles se transforment facilement en formalité. On se sent alors obligé de faire les choses « parfaitement », d'acheter des fleurs pour « ne pas être en reste », ou de publier une photo en ligne pour prouver que l'on a soi aussi passé un 8 mars réussi. Dès lors, le sens premier de témoigner de l'affection peut être supplanté par une mentalité comparative et une pression invisible.

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Peut-être que la clé de la bienveillance réside dans la compréhension que l'amour ne se mesure pas forcément à l'aune de bouquets de fleurs extravagants ou de cadeaux exhibés sur les réseaux sociaux. Parfois, témoigner de l'affection, c'est simplement aider sa femme à préparer un repas, appeler sa mère pour prendre de ses nouvelles ou adresser un mot sincère à une femme de la famille. Ces gestes n'apparaissent peut-être pas sur des photos glamour, mais leur valeur est bien plus profonde et durable.

Plus important encore, lorsqu'il s'agit de célébrer les femmes, la société doit se souvenir qu'elles ne forment pas un groupe homogène et ne vivent pas dans les mêmes conditions. Certaines vivent dans l'abondance, tandis que beaucoup d'autres peinent à joindre les deux bouts. Certaines sont aimées et choyées au quotidien, tandis que d'autres doivent endurer de longues et pénibles années de solitude. Il est donc essentiel de faire preuve de sensibilité dans la manière dont nous célébrons la Journée internationale des femmes, le 8 mars, afin que la joie des unes ne se transforme pas involontairement en chagrin pour les autres.

Des journées comme le 8 mars ou le 20 octobre continueront d'exister dans notre vie sociale, c'est indéniable. Ce qui importe, c'est la façon dont chacun les perçoit et y réagit. Si nous les considérons comme des occasions de nous rappeler mutuellement de vivre avec plus de bienveillance et d'attention, alors ces fêtes conservent toute leur beauté originelle. Mais si nous les transformons en une démonstration ou en une norme obligatoire à suivre pour tous, il ne restera finalement que superficialité.

Parmi les nombreux bouquets de fleurs du 8 mars, la subtilité est peut-être la plus précieuse. La subtilité dans notre façon de témoigner notre amour, d'exprimer nos sentiments et de partager notre joie. Car dans une société où chacun a sa propre situation, la subtilité est parfois le meilleur moyen de faire en sorte que ces belles fêtes ne deviennent un fardeau invisible pour personne.

Phuoc Anh