Les prix du porc en Chine ont atteint leur plus bas niveau en 16 ans, chutant à 9,59 yuans/kg.
Les prix historiquement bas enregistrés depuis 2010 reflètent une situation de surproduction grave sur le plus grand marché porcin du monde, exerçant une pression déflationniste sur l'économie.
En Chine, le prix du porc vivant à l'abattoir a atteint 9,59 yuans/kg (soit 1,40 dollar/kg) le 26 mars. Selon les données du cabinet de conseil agricole Shanghai JC Intelligence, il s'agit du niveau le plus bas depuis 16 ans, nettement inférieur au coût de production réel.

Évolution des prix et pression liée à la surproduction
Le marché du porc en Chine approche de son niveau le plus bas depuis 2010. Selon les données officielles publiées par le Financial Times, les prix hebdomadaires du porc ont également atteint 22 yuans/kg, le niveau le plus bas depuis octobre 2021. Il est à noter que cette évolution se produit malgré le fait que le porc soit un élément clé du panier de l'indice des prix à la consommation (IPC) et joue un rôle central dans la stratégie d'autosuffisance alimentaire de Pékin.
La grave surproduction actuelle de porc résulte de la construction massive d'élevages suite à des années d'incitations gouvernementales à accroître la production. Cependant, la faiblesse de la demande des consommateurs et les pressions déflationnistes persistantes ont maintenu les prix à la baisse, malgré l'annonce par la Commission nationale du développement et de la réforme que les prix se situaient dans des « zones d'alerte ».
Les efforts du gouvernement pour freiner la production
Pour remédier à cette situation, l'agence chinoise de planification économique a annoncé l'achat de viande congelée pour les réserves d'État. Parallèlement, Pékin a intensifié sa campagne de réduction de la production porcine afin d'alléger la pression financière sur les éleveurs et de stabiliser le marché.
- Objectifs pour 2024 :Maintenir environ 39 millions de truies reproductrices.
- Chiffres réels :À la fin de l'année dernière, ce nombre atteignait 39,61 millions.
- Impact sur l'activité :Le groupe Muyuan, premier éleveur de porcs au monde, a indiqué que les prix de vente en février n'avaient atteint que 11,59 yuans/kg, soit une baisse de 19 % par rapport à la même période l'année précédente.
Darin Friedrichs, directeur chez Sitonia Consulting, a fait remarquer qu'il s'agit d'un changement radical, car les producteurs qui étaient encouragés à maximiser leur production il y a quelques années à peine sont maintenant invités à la réduire drastiquement.
Défis liés à la transparence des données de marché
Bien que le ministère chinois de l'Agriculture publie régulièrement des chiffres mensuels sur le nombre de truies reproductrices, aucune donnée pour 2026 n'a encore été publiée. Les analystes prévoient que ces chiffres ne seront probablement publiés que trimestriellement par le Bureau national des statistiques.
L'absence de données mensuelles empêche le marché d'évaluer précisément l'ampleur du déclin du cheptel de truies. Il en résulte un risque de hausse arbitraire de la production par les éleveurs dès qu'ils constatent une diminution du nombre de truies, ce qui compromet les efforts du gouvernement pour équilibrer l'offre et la demande dans un contexte de forte concurrence sur les prix, notamment avec le secteur des véhicules électriques et celui des produits alimentaires.