Tottenham choisit Roberto De Zerbi : une bouée de sauvetage ou un nouveau désastre dans la lutte pour le maintien ?
Confronté au risque de relégation pour la première fois en près de 50 ans, Tottenham Hotspur a décidé de nommer Roberto De Zerbi – un choix considéré comme un pari risqué, un « pari total ».
Roberto De Zerbi est un choix qui divise : génie tactique capable de redonner vie à l'identité de Tottenham Hotspur, mais aussi entraîneur connu pour ses démarrages difficiles et ses départs fréquents de clubs en conflit. Alors que les Spurs sont au bord de la relégation pour la première fois depuis 1977, miser sur le stratège italien est perçu comme un dernier recours, mais un recours lourd de risques.

La dure réalité du nord de Londres
Tottenham Hotspur traverse une saison catastrophique. À sept journées de la fin, les Spurs pointent à la 17e place du classement de Premier League avec 30 points, soit un seul point d'avance sur la zone de relégation. Une série de résultats désastreux, dont quatre défaites lors de leurs six derniers matchs, a mis l'équipe au pied du mur.
Auparavant, Igor Tudor avait été recruté pour redresser la situation. Cependant, ce changement s'est avéré inefficace, rapprochant même la relégation plus que jamais. Dans ce contexte, la direction du club s'est tournée vers Roberto De Zerbi, espérant que sa philosophie de jeu offensive et dynamique redonnerait confiance aux joueurs.
La philosophie de De Zerbi et le prix du risque.
Le style de De Zerbi se résume en une phrase : maîtrise du ballon, intensité élevée et prise de risques. Cela correspond parfaitement à la devise des supporters de Tottenham : « Oser penser, oser agir ». Cependant, s’en tenir à cette philosophie est une arme à double tranchant, car l’équipe n’a pas le temps de s’adapter.
L'histoire montre que De Zerbi a souvent besoin de beaucoup de temps pour que ses joueurs s'adaptent à son style de jeu. Lorsqu'il a succédé à Graham Potter à Brighton en 2022, il n'a remporté aucun de ses cinq premiers matchs. À Palerme en 2016, il a été limogé après moins de trois mois. Plus inquiétant encore, il a mené Benevento à la relégation de Serie A lors de la saison 2017/18 après une série de matchs sans victoire dès le début de son mandat.

D'après les données du supercalculateur Opta, De Zerbi doit remporter au moins 8 points lors des 7 derniers matchs pour permettre aux Spurs d'éviter la relégation. C'est un défi de taille, car son meilleur résultat lorsqu'il a pris les rênes d'une équipe en cours de saison n'a été que de 8 points lors des 7 premiers matchs.
Des personnalités fortes et le défi du développement durable.
Outre ses compétences professionnelles, le tempérament colérique de De Zerbi est également une source d'inquiétude majeure. À Marseille, il a même menacé de démissionner en novembre, estimant que les joueurs ne faisaient pas preuve du bon esprit d'équipe. Au sein d'une équipe soumise à une immense pression psychologique comme Tottenham, les accès de colère de l'entraîneur pourraient déclencher des tensions internes.

Par ailleurs, le parcours de De Zerbi en tant qu'entraîneur révèle un manque de constance dans son engagement. Son passage le plus long dans une même équipe a duré trois ans à Sassuolo. Lors de ses huit expériences précédentes, il a quitté la moitié des clubs avant d'atteindre la trentaine de matchs. L'offre de Tottenham, un contrat de cinq ans, témoigne d'une ambition à long terme, mais la viabilité de cette association reste incertaine.
Les sept prochains matchs seront décisifs pour le sort de Tottenham Hotspur. De Zerbi a beau être un génie capable de produire un football captivant, il doit pour l'instant se muer en un « soudeur » pragmatique pour sauver le navire avant de songer à des stratégies farfelues.