La stratégie de la « ville souterraine de missiles » aide l'Iran à maintenir sa capacité de dissuasion.
Un réseau de près de 30 systèmes de missiles situés jusqu'à 500 mètres de profondeur dans les monts Zagros aide l'armée iranienne à préserver ses forces et à maintenir sa capacité de riposter aux frappes aériennes.
Dans le cadre de sa stratégie de défense moderne, l'Iran a mis en place un système de bases militaires souterraines spécialisées, souvent qualifiées de « villes de missiles ». Ce réseau d'installations de stockage, d'assemblage et de lancement de missiles est conçu pour résister aux attaques aériennes les plus intenses. Selon des rapports d'analyse militaire, Téhéran exploite actuellement près de 30 complexes de ce type, principalement concentrés le long des monts Zagros et dans des zones désertiques stratégiques.
L'envergure et les capacités défensives des bases souterraines
Les cités de missiles iraniennes ne sont pas de simples dépôts d'armes, mais sont conçues comme des écosystèmes militaires autonomes. Ces installations remplissent de multiples fonctions, du stockage et de l'assemblage de composants aux essais de moteurs, le tout sous terre. Un élément clé de leur conception est leur profondeur, qui varie de 50 à 500 mètres.

Cette spécification technique est cruciale car même les bombes pénétrantes les plus puissantes actuellement disponibles ne peuvent pénétrer qu'une soixantaine de mètres de sol compacté ou quelques mètres de béton armé. Situées à plusieurs centaines de mètres de profondeur dans des montagnes rocheuses, les installations iraniennes sont pratiquement invulnérables aux armes conventionnelles. À l'intérieur des tunnels se trouve un système de lancement mobile, permettant aux missiles de se déployer rapidement en position de tir et de se replier à couvert en un temps record.
Histoire de la formation et philosophie de conception
Ce système de défense souterrain est le fruit des enseignements tirés du conflit irano-irakien (1980-1988). Après avoir subi de lourdes pertes lors de frappes aériennes sur les infrastructures de surface, le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a fait du développement d'infrastructures hautement résistantes une priorité.
Pour garantir leur capacité opérationnelle, les bases souterraines sont équipées de systèmes de commandement et de communication multicouches, comprenant des câbles à fibre optique et des liaisons satellitaires. Ceci assure le maintien du réseau de commandement opérationnel même en cas de destruction totale de l'infrastructure de télécommunications de surface. Parmi les sites stratégiques, la base près de Yazd est considérée comme un exemple parfait : son plateau, entouré de montagnes et de désert, forme une forteresse naturelle et inaccessible.

arsenal diversifié et stratégie saturée
Ce réseau de tunnels souterrains abrite le vaste arsenal de missiles de Téhéran, servant une stratégie de saturation des défenses aériennes ennemies. Les principaux types de missiles sont les suivants :
- Lignée Shahab :Missiles balistiques à moyenne portée d'une portée d'environ 2 000 km.
- Lignée Sejjil :L'utilisation d'un système à propergol solide à deux étages réduit considérablement le temps de préparation au lancement.
- Missile Emad :Il est possible d'ajuster la trajectoire dans la phase finale pour améliorer la précision.
- Missile Haj Qasem :Une portée de 1 400 km avec une ogive hautement manœuvrable.
Outre les missiles balistiques, les villes souterraines abritent également des missiles de croisière volant à basse altitude. La présence d'un grand nombre d'armes de types variés rend difficile, même pour les systèmes de défense ennemis les plus modernes, leur interception complète lors d'une attaque coordonnée unique.
Importance pour la sécurité régionale
La capacité de maintenir la production et l'assemblage souterrains confère à l'Iran une grande flexibilité face à la surveillance internationale et aux sanctions. Militairement, ce système instaure une posture défensive passive mais extrêmement efficace. Même en cas de neutralisation de ses aérodromes et bases, l'Iran conserve une importante capacité de riposte souterraine, ce qui accroît le risque d'une intervention militaire directe sur son territoire.