Pression sur l'arsenal américain : la consommation de missiles au Moyen-Orient dépasse les capacités de production.
Les campagnes militaires au Moyen-Orient ont considérablement réduit les stocks américains de missiles Tomahawk et Patriot, obligeant le Pentagone à chercher des moyens d'accélérer la production de défense.
Au cours des quatre premières semaines de la campagne militaire au Moyen-Orient, l'armée américaine a lancé plus de 850 missiles de croisière Tomahawk, exerçant une forte pression sur ses stocks d'armements stratégiques. Selon le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), ce nombre dépasse largement celui des missiles utilisés lors des conflits précédents, suscitant de vives inquiétudes au sein du Pentagone quant à la capacité de maintenir des moyens de combat à long terme.
Le défi posé par le taux de consommation élevé des missiles de croisière.
La réduction des stocks de missiles de haute technologie est désormais une priorité absolue pour le département de la Guerre américain. Avant l'opération Epic Fury, la marine américaine estimait posséder entre 4 000 et 4 500 missiles Tomahawk. Cependant, avec une production prévue de seulement 150 missiles par an d'ici la fin de la décennie, il faudra de nombreuses années à Washington pour reconstituer son stock initial.

Il convient de noter que les États-Unis ont également déployé l'intégralité de leur stock de nouveaux missiles de frappe de précision (PrSM). Cette arme stratégique venait d'être utilisée pour la première fois au combat. Selon le Washington Post, l'emploi intensif d'armes coûteuses de combat aérien à longue portée (BVR) durant les dix premiers jours de la campagne a placé le stock de missiles en état d'alerte maximale.
Le paradoxe des coûts dans la défense antimissile
Outre les armes offensives, les systèmes de défense aérienne comme le Patriot et le THAAD sont confrontés à une consommation de munitions sans précédent. Au cours des seize premiers jours du conflit, plus de 1 800 missiles intercepteurs Patriot ont été utilisés, soit plus du double du nombre utilisé par l'Ukraine en quatre ans. Bloomberg Intelligence estime que les États-Unis et leurs partenaires régionaux ont lancé jusqu'à 1 000 missiles intercepteurs PAC-3 Patriot en réponse aux attaques iraniennes.

La guerre moderne révèle un paradoxe stratégique : chaque missile PAC-3, d’un coût d’environ 4 millions de dollars, est déployé pour détruire des drones (UAV) qui ne coûtent qu’environ 50 000 dollars. Cette disparité n’est pas seulement un problème économique, mais elle entraîne également l’épuisement rapide des stocks de missiles de défense aérienne, initialement conçus pour des menaces sophistiquées, par des cibles moins coûteuses.
Efforts visant à rétablir les capacités de défense nationale
Pour concentrer ses forces au Moyen-Orient, les États-Unis ont été contraints de retirer des unités d'interception de nombreuses bases à travers le monde. Dans la région du Golfe, l'intensité des opérations de combat a été jugée la plus élevée depuis des décennies. Les forces de défense aérienne des Émirats arabes unis (EAU) ont intercepté à elles seules 2 256 drones, 537 missiles balistiques et 26 missiles de croisière grâce à des systèmes de fabrication américaine.
Face à l'épuisement de ses armements, l'administration américaine a soumis au Congrès un projet de budget de la défense record pour 2027, s'élevant à 1 500 milliards de dollars. Washington s'efforce de mettre son industrie de défense en état de « temps de guerre » afin de reconstituer ses stocks. Cependant, les experts estiment que les États-Unis auront encore besoin d'au moins deux à trois ans pour remplacer intégralement les missiles épuisés par ce conflit.