Analyse de la possibilité que la Corée du Nord possède des avions de chasse russes Su-35.
Dans un contexte où la Russie accroît sa production et renforce ses partenariats stratégiques, la Corée du Nord apparaît comme un candidat potentiel à l'acquisition d'avions de chasse Su-35 pour moderniser son armée de l'air.
En 2025, le chasseur de supériorité aérienne à long rayon d'action russe Su-35 a connu un tournant majeur sur le marché de l'exportation. Les données montrent que les commandes confirmées ont quintuplé, passant de 24 appareils vendus à la Chine à un total de 96 pour quatre pays, dont l'Iran, l'Éthiopie et l'Algérie. Face à cette augmentation de la production, les observateurs militaires internationaux estiment que la Corée du Nord est le prochain client potentiel.
La nécessité urgente de moderniser l'armée de l'air nord-coréenne.
Le partenariat stratégique entre Moscou et Pyongyang est plus étroit que jamais, d'autant plus que la Russie intensifie sa coopération militaire pour soutenir les opérations en cours. Le transfert d'armes sophistiquées à la Corée du Nord est perçu comme une option viable pour la Russie afin de rentabiliser le soutien qu'elle reçoit de son voisin.
En septembre 2023, une délégation nord-coréenne a inspecté directement le processus de production et le cockpit du chasseur Su-57 à l'usine aéronautique de Komsomolsk-sur-l'Amour, et a également assisté à un vol d'essai du chasseur Su-35. Ceci témoigne du vif intérêt de Pyongyang pour la nouvelle génération d'équipements aéronautiques russes.

Remédier aux faiblesses du système de défense.
Malgré une industrie de défense autosuffisante capable de produire des sous-marins nucléaires et des chars modernes, l'Armée de l'air est considérée comme la branche la moins avancée de l'Armée populaire de Corée (APC). Actuellement, elle accuse un retard technologique par rapport à ses rivaux régionaux.
Bien que le réseau de missiles sol-air (SAM) nord-coréen soit dense et constamment modernisé, l'absence d'avions de chasse modernes constitue une vulnérabilité majeure. L'acquisition du Su-35 permet non seulement de combler ce déficit technologique, mais agit également comme une « station de détection » aéroportée, améliorant ainsi la connaissance de la situation pour l'ensemble du réseau de défense aérienne terrestre.
Problèmes d'efficacité économique et opérationnelle
Sur le plan financier, le Su-35 est considéré comme une option viable. Un bataillon de 12 à 14 appareils coûterait environ un milliard de dollars. Ce montant est largement à la portée de la Corée du Nord, dont les exportations d'armements vers la Russie sont estimées entre 10 et 20 milliards de dollars par an.

De plus, le remplacement d'appareils obsolètes comme le MiG-19 ou le MiG-21 par un bataillon de Su-35 permettra d'optimiser les coûts de maintenance. Bien que le Su-35 soit imposant et engendre des coûts d'exploitation élevés, sa modernité et sa fiabilité lui confèrent une efficacité au combat supérieure aux modèles de l'époque de la Guerre froide.
Une étape intermédiaire vers les avions de chasse de cinquième génération.
L'acquisition du Su-35 pourrait également constituer une phase préparatoire permettant aux pilotes nord-coréens de se familiariser avec les équipements aéronautiques russes modernes avant une éventuelle adoption du Su-57M1. En Asie de l'Est, où les chasseurs de cinquième génération sont largement déployés, le Su-35 représente une solution temporaire, mais essentielle.
Le principal atout du Su-35 réside actuellement dans ses délais de livraison rapides, grâce à une chaîne de production fonctionnant à plein régime. Il s'agit d'un facteur crucial, car la Corée du Nord doit moderniser son armée de l'air au plus vite afin de préserver l'équilibre militaire.