Le mois d'avril marqua la fin de la guerre et le pays entra dans une période de réunification.
Il y a des jours dans l'année qu'il faut absolument garder en mémoire. Mais il y en a aussi qui, plus on s'en souvient, plus on prend conscience de la nécessité de vivre pleinement. Le 30 avril est l'un de ces jours.
Au milieu des drapeaux rouges flottant dans les rues, des chants familiers qui résonnent chaque année en avril, des regards silencieux de ceux qui ont vécu la guerre et de l'émotion de ceux qui sont nés en paix, la Journée de la Réunification nationale ne se contente pas de réveiller la mémoire nationale, elle nous rappelle aussi une chose très importante : la force qui a mené à la victoire par le passé doit continuer d'être préservée pour permettre le développement d'aujourd'hui.
Avril au Vietnam a toujours une lumière très particulière. C'est la lumière du soleil d'été, des drapeaux et des fleurs, des rues flamboyantes de rouge, des rencontres entre le passé et le présent.

Certaines familles perpétuent la tradition de jouer de vieux chants à cette occasion. Certains pères et mères ayant vécu la guerre ralentissent soudain leur voix lorsqu'ils évoquent le 30 avril. Aujourd'hui encore, certains jeunes, même sans avoir connu les bombes et les balles, ressentent une vive émotion en voyant les foules envahir les rues pour cet anniversaire, en entendant les récits des années de division du pays, des sacrifices consentis pour réunir la nation.
Le 30 avril n'est donc pas qu'un simple événement historique. C'est une mémoire collective nationale, une source spirituelle qui permet à chaque Vietnamien de se sentir appartenir à un pays qui a tant souffert, mais qui est aussi si héroïque et résilient.
Dans son discours prononcé à l'occasion du 50e anniversaire de la réunification du pays, le secrétaire général To Lam a souligné l'importance historique de la grande victoire du printemps 1975 et a affirmé la vérité.«Le Vietnam est un seul pays, le peuple vietnamien est une seule nation.»

Mais la valeur du 30 avril ne réside pas seulement dans le caractère sacré du souvenir. Plus profondément, cette journée nous offre un enseignement intemporel : lorsque toute la nation regarde dans la même direction, plaçant les intérêts de la Patrie au-dessus de tout, aucune difficulté n’est insurmontable.
La victoire du printemps 1975 ne fut pas seulement le triomphe d'une campagne militaire. Ce fut une victoire du patriotisme, de la volonté d'indépendance, de l'aspiration à la paix et de la force de l'unité nationale. C'est ce qui fait du 30 avril non pas un vestige du passé, mais une source constante de réflexion pour le présent. Car si, en temps de guerre, l'unité fut la force qui permit d'atteindre l'indépendance et la réunification, alors, en temps de paix, l'unité doit devenir la force qui permettra au pays de se développer, de devenir véritablement prospère, humain et vivable.


C’est peut-être là aussi un point de convergence très clair entre les souvenirs du 30 avril et les messages de développement que le secrétaire général et président To Lam a soulignés à plusieurs reprises ces derniers temps.
Dans son discours d'investiture en tant que président, le 7 avril, il a affirmé que la priorité absolue était de bien comprendre et de mettre en œuvre ce point de vue...« Le peuple est le fondement. »Promouvoir fermement le rôle moteur du peuple, mobiliser les forces du peuple et la grande unité nationale.
En particulier, le dicton« L’objectif ultime est que le peuple puisse profiter des fruits du développement. »Il ne s'agit pas simplement d'une directive, mais aussi d'un rappel essentiel de la nature de la croissance dans un État du peuple, par le peuple et pour le peuple. La croissance ne saurait se réduire à une simple courbe ascendante. Elle doit se mesurer à l'aune de la réalité vécue par les citoyens, de la confiance sociale et du sentiment que chacun contribue à l'avenir commun du pays.
En replaçant ce proverbe dans le contexte du mois d'avril, nous comprenons encore plus profondément le sens de la paix.
La paix ne se résume pas à l'absence de coups de feu. La paix, c'est lorsque les sacrifices passés sont récompensés par un présent meilleur pour le peuple. L'unification ne se limite pas à l'harmonisation des cartes. L'unification doit aussi être un lien des cœurs, des convictions et des perspectives de développement.
Un pays ne peut véritablement passer de la guerre à la paix que lorsque les populations de toutes les régions ressentent les fruits du développement ; lorsque les disparités entre les régions se réduisent ; lorsque les habitants des zones reculées, des régions frontalières et des îles ont le sentiment de ne pas être laissés pour compte dans la marche en avant du pays ; lorsque le souvenir des pertes ne se referme pas sur la douleur, mais s'ouvre sur la conviction que ces sacrifices portent leurs fruits dans la vie d'aujourd'hui.
Il existe une image qui touche profondément ces temps-ci : celle des soldats d’antan, silencieux devant les drapeaux, leurs cheveux grisonnants observant les jeunes défiler sous le drapeau rouge et jaune. Entre ces deux générations s’étend un long chemin pour la nation. Celle qui a connu la guerre a défendu la patrie au prix de son sang et de ses os. La génération d’aujourd’hui doit la défendre par l’intelligence, la discipline, le travail créatif et le sens civique.

Si, par le passé, les plus grands défis étaient les bombes et la division, aujourd'hui, il s'agit de parvenir à un développement rapide et durable, à une forte croissance tout en préservant l'équité, à une intégration profonde tout en préservant l'identité, et à une innovation forte tout en maintenant la cohésion sociale. Pour relever ces défis, notre nation n'a d'autre choix que de continuer à préserver la force de son unité nationale.
En réalité, l'unité nationale en temps de paix n'a rien d'utopie. Elle repose sur des fondements très familiers : la confiance des citoyens dans les politiques mises en œuvre, le sentiment d'équité dans l'accès à l'éducation, aux soins de santé, à l'emploi et aux loisirs culturels, le fait que chacun soit entendu et respecté, les liens unissant les compatriotes au pays comme à l'étranger, la bienveillance au sein de la vie communautaire, la responsabilité du bien commun et la volonté de ne laisser personne de côté.
Dans son discours prononcé à l'occasion de la Journée de l'unité nationale de 2025, le secrétaire général To Lam a souligné que l'unité nationale est« La tradition est un atout et un héritage inestimables de nos ancêtres, la force qui a permis toutes les victoires et les réalisations de notre nation. »Lorsque nous considérerons l'unité nationale comme un « héritage inestimable », nous comprendrons qu'il ne s'agit pas seulement d'un souvenir dont nous pouvons être fiers, mais aussi d'un atout précieux qu'il faut cultiver par des actions quotidiennes.
Par conséquent, l'histoire de la croissance économique aujourd'hui, envisagée dans la perspective du 30 avril, ne peut se résumer aux seuls capitaux investis, aux marchés ou à la productivité. Il s'agit aussi de veiller à ce que le développement ne creuse pas de nouvelles inégalités sociales : comment éviter que les chiffres de la croissance ne restent froids et indifférents à ceux qui continuent de lutter ? Comment garantir que toutes les régions, des grandes villes aux zones montagneuses les plus reculées, aient la possibilité de suivre le rythme du développement national ? Comment faire en sorte que la population n'entende pas seulement parler de développement, mais qu'elle en ressente véritablement les changements dans sa vie ? Ce n'est qu'à cette condition que la croissance aura une véritable portée et que la réunification nationale ne sera pas seulement une étape historique, mais une réalité concrète dans le quotidien des citoyens.
C’est aussi pourquoi, chaque 30 avril, au milieu de l’atmosphère festive des drapeaux et des fleurs, les cœurs s’apaisent. Car derrière la célébration se cache la gratitude, derrière la joie se cache la reconnaissance, et derrière la reconnaissance se cache la responsabilité.
Il incombe aux décideurs politiques de concrétiser les politiques, afin que le développement ne se limite pas aux rapports, mais se manifeste dans chaque foyer, chaque salle de classe, chaque centre de santé, chaque lieu culturel et chaque route reliant les zones défavorisées aux pôles de développement. Il incombe à chaque citoyen de vivre plus vertueusement, de contribuer davantage et de se soucier davantage de son pays. Car la plus grande reconnaissance envers ceux qui sont tombés n'est pas seulement de s'incliner en signe de commémoration, mais de contribuer chaque jour à l'amélioration du pays qu'ils ont défendu au péril de leur vie.

Avril a toujours cette façon unique d'émouvoir les gens. C'est lorsqu'on se trouve au cœur d'une ville paisible et qu'on réalise soudain que cette paix a été acquise au prix de tant de sacrifices. C'est lorsqu'on voit des enfants jouer sous le drapeau national et qu'on pense aux générations qui nous ont précédés et qui se sont battues pour que les enfants d'aujourd'hui puissent grandir dans un pays uni. C'est lorsqu'on entend à nouveau d'anciennes histoires et qu'on comprend qu'on ne peut se permettre de vivre superficiellement le présent. C'est peut-être pour cela que le 30 avril, chaque Vietnamien, où qu'il soit, se sent plus proche de sa patrie, plus proche des autres et plus conscient de ses responsabilités.
Dans ce contexte émotionnel, le message de développement mis en avant par le Secrétaire général et Président To Lam prend une résonance encore plus forte : le peuple doit être au cœur, au centre et bénéficiaire des fruits du développement. C’est ainsi, en définitive, que l’on perpétue l’esprit du 30 avril dans cette nouvelle ère. Par le passé, la nation tout entière s’est unie pour instaurer la paix et l’unité. Aujourd’hui, elle doit poursuivre cette union pour transformer cette paix en prospérité, cette unité en moteur de créativité et ce souvenir héroïque en énergie de développement. C’est sur cette voie que le pays pourra non seulement se souvenir du passé avec fierté, mais aussi avancer vers l’avenir avec confiance et résilience.
Et c'est peut-être là toute la beauté d'avril. Avril n'est pas seulement un jour de fête. Avril nous rappelle qu'une nation qui a triomphé de la guerre grâce à l'unité peut aussi atteindre la prospérité grâce à l'unité. Que la force qui a permis les victoires d'antan ne se limite pas aux musées ni aux pages de l'histoire, mais continue d'animer le pays aujourd'hui.
Si nous savons comment préserver, nourrir et transformer cela en actions de développement concrètes, humaines et inclusives, alors le 30 avril ne sera pas seulement le souvenir d'une victoire, mais aussi une flamme qui couve encore et qui dure, éclairant le chemin vers un Vietnam prospère, civilisé et heureux.