La banque centrale indonésienne a relevé ses taux d'intérêt à 5,5 % en guise de mesure d'urgence pour sauver la roupie.
La banque centrale indonésienne (BI) a relevé de manière inattendue son taux d'intérêt directeur de 0,25 point de pourcentage lors d'une réunion d'urgence le 9 juin afin d'éviter une chute record de la monnaie locale et une vague de sorties de capitaux étrangers.
Le 9 juin, la Banque centrale indonésienne (BI) a décidé de relever son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, le portant à 5,5 %. Cette intervention d'urgence, prise en dehors de sa réunion de politique monétaire ordinaire, constitue la deuxième hausse de taux d'intérêt décidée par la banque centrale en seulement trois semaines.
Efforts visant à enrayer la dépréciation de la roupie.
La décision de relever les taux d'intérêt a été prise suite à la performance décevante de la roupie. Plus tôt dans la journée, la devise indonésienne avait atteint un plus bas historique à 18 188 roupies pour un dollar américain. Après l'annonce de la Banque d'Indonésie (BI), la roupie s'est redressée de 0,9 %, s'échangeant à 18 030,5 roupies pour un dollar américain.
Depuis le début de l'année, la monnaie de la plus grande économie d'Asie du Sud-Est s'est dépréciée d'environ 9 %, devenant ainsi l'une des monnaies les plus faibles de la région. Outre la hausse des taux d'intérêt, la Banque d'Indonésie a également mis en œuvre un ensemble complet de mesures pour attirer les capitaux étrangers.
- Augmenter les rendements des actifs libellés en roupies.
- Augmenter les rendements sur toutes les échéances des instruments de dette à court terme.
- Une réduction de 10 points de base des taux de swap a été mise en œuvre afin de soutenir la couverture du risque de change pour les investisseurs.

Pressions liées à la politique budgétaire et à une vague de ventes massives.
Le marché financier indonésien subit de fortes pressions, son indice boursier de référence ayant chuté de près de 40 % depuis le début de l'année. Cette situation s'explique principalement par la prudence des investisseurs internationaux quant aux orientations politiques du gouvernement du président Prabowo Subianto.
Les analystes s'inquiètent du coût élevé des programmes populistes, notamment du programme de repas scolaires gratuits de 15 milliards de dollars, qui pèse lourdement sur le budget de l'État. Parallèlement, les projets de centralisation des exportations de matières premières stratégiques telles que le charbon et l'huile de palme par le biais d'agences étatiques suscitent des inquiétudes quant à l'intervention de l'État dans le secteur privé.
Statistiques sur les fluctuations du marché financier indonésien.
| Indice | Volatilité/Valeur | Note |
|---|---|---|
| taux d'intérêt de référence | 5,5% | Une augmentation de 0,25 point de pourcentage. |
| Taux de change roupie/dollar américain | 18 030,5 | Sa valeur a chuté de 9 % depuis le début de l'année. |
| Réserves de change | 144,9 milliards de dollars | Le niveau le plus bas depuis 2 ans |
| Indice boursier | Près de 40 % de réduction | Le groupe qui a connu le déclin le plus marqué au monde. |
Le défi de rétablir la confiance des investisseurs.
Les dernières données montrent que les réserves de change de l'Indonésie ont chuté à 144,9 milliards de dollars en mai, leur plus bas niveau depuis deux ans, en raison des dépenses importantes engagées par la Banque d'Indonésie pour soutenir le taux de change. L'institut de calcul d'indices MSCI a également mis en garde contre la liquidité du marché boursier indonésien, compte tenu de la forte concentration de son actionnariat.
Selon Jason Tuvey, économiste en chef adjoint pour les marchés émergents chez Capital Economics, la hausse des taux d'intérêt n'est qu'une solution temporaire. Il a déclaré au Financial Times que l'Indonésie a besoin de nouvelles hausses de taux pour stabiliser son taux de change. Plus important encore, le gouvernement doit revoir ses politiques populistes, qui pèsent sur le budget, afin de rétablir durablement la confiance des investisseurs.
La banque centrale indonésienne devrait tenir sa réunion de politique monétaire la semaine prochaine. Les économistes n'excluent pas la possibilité que la banque centrale prenne des mesures de resserrement monétaire plus strictes si les pressions sur le taux de change ne s'atténuent pas.