Trump négocie-t-il avec l'Iran ou avec les électeurs américains ?
De nouveaux signaux issus des contacts entre les États-Unis et l'Iran font naître l'espoir d'une possible désescalade des tensions au Moyen-Orient. Cependant, selon l'avocat Hoang Viet, ces négociations ne se limitent pas aux relations entre Washington et Téhéran ; elles reflètent également la pression croissante que subit le président Donald Trump sur le plan intérieur, entre les élections de mi-mandat, le prix de l'énergie et sa propre crédibilité politique.


De nouveaux signaux émanant de contacts entre les États-Unis et l'Iran font naître l'espoir d'une possible désescalade des tensions au Moyen-Orient. Cependant, dans un entretien accordé au journal Nghe An et à la radio-télévision, l'avocat Hoang Viet, spécialiste du droit et des relations internationales (Université de droit de Hô Chi Minh-Ville), a affirmé que ces négociations ne se limitaient pas à un simple différend entre Washington et Téhéran, mais reflétaient également la pression croissante que subit le président Donald Trump sur le plan intérieur, entre les élections de mi-mandat, le prix de l'énergie et sa propre crédibilité politique.
Effectuer:Hoang Yen - Huu Quan26/6/2026

PV : Les récents signaux positifs entre les États-Unis et l'Iran font naître l'espoir d'une possible désescalade des tensions au Moyen-Orient. Selon vous, quelle est la principale motivation de Washington pour relancer les négociations actuellement ? S'agit-il de la nécessité de réduire les tensions régionales ou cela découle-t-il de pressions économiques et politiques internes ?
L'avocat Hoang Viet :Il faut reconnaître que, ces derniers temps, l'Iran a maintes fois manifesté sa volonté de participer à des négociations avec les États-Unis. Toutefois, du point de vue de Téhéran, les actions militaires menées par Washington alors que les parties recherchent une solution diplomatique ont considérablement nui à la confiance bilatérale. Tant que cette confiance ne sera pas rétablie, le processus de négociation sera assurément confronté à de nombreuses difficultés.


D'un point de vue militaire, les États-Unis ont peut-être obtenu certains avantages. Mais sur le plan stratégique, l'Iran démontre toujours sa capacité à maintenir sa puissance et son influence. Il est donc difficile pour Washington d'affirmer avoir atteint ses objectifs déclarés.
Parallèlement, la pression politique intérieure sur le président Donald Trump est palpable. À l'approche des élections de mi-mandat, il doit démontrer que ses engagements en matière de politique étrangère produisent des résultats concrets. Il a cultivé jusqu'ici l'image d'un dirigeant pacifique, capable de résoudre les conflits internationaux. De ce fait, tout développement concernant l'Iran aura un impact direct sur sa position politique.


PV : Certains spécialistes affirment que la politique américaine envers l'Iran dépasse depuis longtemps le simple cadre de la politique étrangère ; elle est étroitement liée à la politique intérieure des États-Unis. Comment évaluez-vous cette affirmation dans le contexte actuel ?
L'avocat Hoang Viet :Je crois que cette analyse est tout à fait juste. En politique américaine, l'Iran n'a jamais été un simple enjeu de politique étrangère. Chaque décision concernant Téhéran peut avoir un impact sur l'électorat américain. C'est d'autant plus évident avec Donald Trump, qui a toujours cherché à démontrer sa capacité à résoudre efficacement les problèmes internationaux.

Cependant, force est de constater que nombre de ses principaux engagements en matière de politique étrangère n'ont pas encore produit les résultats escomptés. Par conséquent, la gestion du dossier iranien par la Maison-Blanche est actuellement scrutée de près par les électeurs américains. On peut affirmer qu'il ne s'agit pas seulement d'une confrontation entre les États-Unis et l'Iran, mais aussi d'une mise à l'épreuve des capacités de leadership du président Trump.

PV : Alors qu'au Moyen-Orient, l'attention se porte sur les négociations avec l'Iran, aux États-Unis, les préoccupations sont probablement davantage liées au prix de l'essence, au prix des denrées alimentaires et aux perspectives économiques. Selon vous, comment ces facteurs influencent-ils la politique de Washington ?
L'avocat Hoang Viet :Il convient de souligner que ces facteurs ont un impact considérable. Le détroit d'Ormuz est l'une des voies maritimes les plus stratégiques au monde, assurant le transit d'environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Toute perturbation dans cette zone pourrait entraîner des fluctuations importantes des prix de l'énergie sur le marché international.

Lorsque les prix du pétrole augmentent, ce sont les Américains qui en subissent les conséquences en premier. La hausse des prix de l'essence entraîne une augmentation du coût de la vie, créant des pressions inflationnistes et influençant directement le moral des électeurs. L'histoire politique américaine montre que de nombreux présidents ont payé le prix fort lorsque les prix des carburants s'envolent ou que l'économie est en difficulté. Par conséquent, la politique actuelle de la Maison-Blanche à l'égard de l'Iran est indissociable de calculs liés à l'économie intérieure.


PV : L'expert Stephen Cook a affirmé que les prix de l'énergie étaient l'un des facteurs les plus influents sur la politique américaine au Moyen-Orient. Cette affirmation est-elle toujours valable aujourd'hui ?
L'avocat Hoang Viet :À mon avis, cette analyse reste tout à fait juste. Lorsqu'on parle du Moyen-Orient, il est impossible de ne pas évoquer le pétrole et le gaz. L'Iran est un pays qui joue un rôle crucial dans le paysage énergétique de la région. Par conséquent, toute initiative américaine à l'égard de l'Iran est liée à des calculs relatifs au marché de l'énergie.

Pour un président comme Donald Trump, à l'approche des élections de mi-mandat, la stabilité des prix de l'énergie est primordiale. Autrement dit, chaque cycle de négociations avec l'Iran représente non seulement un effort diplomatique, mais aussi un moyen pour la Maison-Blanche d'atténuer les risques économiques intérieurs.

PV : Pour revenir à la question posée en début d'émission, selon vous, les négociations actuelles visent-elles à modifier le comportement de l'Iran ou à rassurer les électeurs américains ? Et si un accord est signé, qui en tirera le plus grand profit ?
L'avocat Hoang Viet :Il est encore trop tôt pour affirmer quoi que ce soit avec certitude, car tout dépend de la mise en œuvre effective de la confrontation par les parties.

Si un accord est conclu, les États-Unis et l'Iran en tireront sans aucun doute profit. Les États-Unis pourraient réduire la pression économique et politique, tandis que l'Iran aurait de meilleures chances d'améliorer sa sécurité et de diminuer les pressions extérieures. Cependant, les deux parties ont subi des pertes importantes ces derniers temps.

D'un point de vue plus général, certains pays tirent toujours un avantage indirect des ressources que leurs rivaux stratégiques consacrent à une confrontation prolongée. Cela montre que le problème géopolitique lié à l'Iran ne se limite pas aux relations américano-iraniennes, mais implique également les calculs stratégiques d'autres grandes puissances.
PV :Merci, Maître Hoang Viet, pour votre interview avec le journal Nghe An et la radio-télévision !