Société

Quand les hommes « enflamment » le bonheur

Thanh Quynh (Rédacteur) June 28, 2026 09:58

Le bonheur familial ne commence pas toujours par de grands gestes ; parfois, il commence par des choses très simples : le mari qui participe à la préparation du dîner en cuisine, qui passe du temps à écouter les enfants ou qui partage proactivement les tâches ménagères traditionnellement considérées comme la responsabilité de la femme.

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Thanh Quynh(Effectuer) /Présent:Hong Toai28 juin 2026

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Le bonheur familial ne commence pas toujours par de grands gestes ; parfois, il commence par des choses très simples : le mari qui participe à la préparation du dîner en cuisine, qui passe du temps à écouter les enfants ou qui partage proactivement les tâches ménagères traditionnellement considérées comme la responsabilité de la femme.

Dans un contexte où de nombreuses valeurs familiales sont impactées par le rythme de la vie moderne, changer les perceptions et les actions des hommes devient l'une des clés pour construire des foyers égalitaires, aimants et durables.

Début mai 2026, l'Union des femmes de la province de Nghệ An a lancé le modèle « Les hommes, acteurs du bonheur familial » dans les communes de Giai Xuan et Quan Thanh, avec la participation de près de 80 hommes représentant 80 familles. Bien plus qu'un simple modèle promotionnel, il s'agit également d'un espace d'échange permettant aux hommes d'apprendre à partager, à écouter et à initier le changement au sein même de leur foyer.

À l'occasion de la Journée de la famille vietnamienne (28 juin), le journal Nghe An et la radio-télévision ont interviewé M. Dang Trong Trung et M. Nguyen Van Hoa, responsables du comité de gestion modèle dans deux localités, au sujet de leur parcours de changement des mentalités, des difficultés rencontrées dans le processus de mise en œuvre et de leur espoir de diffuser des valeurs positives de chaque famille à la communauté.

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PV :Beaucoup pensent encore que le rôle d'un homme au sein de la famille se limite principalement à subvenir à ses besoins financiers. Selon vous, pourquoi ce modèle met-il l'accent sur le terme « pionnier » ? Quelles devraient être les priorités d'un homme pionnier aujourd'hui ?

M. Dang Trong Trung :À mon avis, le premier changement nécessaire concerne la perception du rôle de l'homme au sein de la famille. Auparavant, beaucoup pensaient qu'il suffisait de bien gagner sa vie pour remplir ses responsabilités. Mais la vie moderne exige davantage. Un homme ne doit pas seulement être le pilier financier du foyer, mais aussi un partenaire pour sa femme, proche de ses enfants et contribuer à créer une atmosphère familiale harmonieuse.

La première raison est que les hommes détiennent la clé pour faire évoluer les stéréotypes. Historiquement, le principal obstacle à l'égalité des sexes et à la lutte contre les violences conjugales provient de la mentalité patriarcale de certains hommes. Il est donc essentiel de s'attaquer au problème à la source. Lorsque les hommes prendront l'initiative de changer, le mur des stéréotypes s'effondrera le plus rapidement.

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M. Dang Trong Trung (deuxième en partant de la gauche) lors de la Conférence 2026 sur les familles exemplaires, dont le thème était « Les hommes, pionniers dans la construction de familles heureuses ». Photo : Thanh Quynh

Deuxièmement, il s'agit de partager les responsabilités avec les femmes. Dans la vie moderne, nombreuses sont celles qui travaillent, contribuent à l'économie et assument la majeure partie des tâches ménagères. Ce « double fardeau » engendre facilement pression et fatigue, et peut être source de tensions conjugales. Lorsque les hommes prennent les rênes en cuisine et participent aux soins des enfants, c'est la solution la plus pratique pour partager les responsabilités et rétablir l'équilibre familial.

Enfin, ce modèle redéfinit la notion de virilité. Traditionnellement, les hommes étaient des pionniers dans la société, lors de rassemblements sociaux ou dans leur carrière. Mais ce modèle affirme : « Être un pionnier en protégeant, en prenant soin et en élevant sa famille est la véritable marque d’un homme. » Cet esprit pionnier leur vaut le respect absolu de leurs épouses et l’amour de leurs enfants.

M. Nguyen Van Hoa :Selon moi, l'esprit pionnier se manifeste avant tout par la compréhension claire, chez un homme, de son rôle dans la création d'une atmosphère familiale harmonieuse. Cela implique de modifier proactivement ses habitudes comportementales, de maîtriser son ego, d'éviter d'imposer sa volonté et de maintenir une attitude positive en toutes circonstances.

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Être un pionnier, c'est aussi faire preuve de responsabilité par des actions concrètes, qu'il s'agisse de prendre soin des enfants, de partager les tâches ménagères ou de la manière dont les membres de la famille interagissent. Ces petites choses peuvent paraître insignifiantes, mais elles ont un impact considérable sur les liens et les émotions partagées par toute la famille.

Plus important encore, lorsque les hommes remplissent efficacement leurs rôles, la stabilité et le bonheur familiaux sont renforcés, créant ainsi une base pour que des valeurs positives se diffusent dans toute la communauté.

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PV :Au cours de vos échanges avec les familles et de la mise en œuvre de ce modèle, vous avez certainement été témoin de nombreuses histoires troublantes. Selon vous, quels sont ces « espaces de silence » qui érodent peu à peu le bonheur familial ? Et par où un homme peut-il commencer à changer ?

M. Dang Trong Trung :Ce qui me préoccupe le plus, c'est que de nombreuses familles ne se déchirent pas à cause d'un événement majeur, mais sont plutôt fracturées par des distances subtiles et sous-jacentes.

En milieu rural, la nécessité de gagner sa vie contraint de nombreuses personnes à travailler loin de chez elles. Les couples ont peu d'occasions de se retrouver et les enfants sont privés de la présence de leurs parents. Cette distance géographique prolongée, si elle n'est pas compensée par l'attention et le partage, peut facilement engendrer une distance affective.

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À Nghệ An, de nombreuses familles perpétuent la tradition des « quatre générations vivant sous le même toit ». Là-bas, la joie et le bonheur ne se mesurent pas aux possessions matérielles, mais se nourrissent du partage, de la compréhension et de l'amour entre les membres de la famille. Photo : D.T.

Une autre réalité est que, dans de nombreuses familles, les hommes considèrent encore que gagner de l'argent est leur principale responsabilité, tandis que la garde d'enfants, les tâches ménagères et les soins aux parents incombent aux femmes. Cette mentalité conduit nombre d'épouses à assumer une double responsabilité : gagner leur vie et gérer simultanément toutes les tâches domestiques.

En réalité, le bonheur ne dépend pas de qui en fait le plus, mais de la capacité de chacun à partager. Préparer un repas ensemble, aider les enfants à faire leurs devoirs le soir, ou simplement passer du temps à s'écouter après une longue journée de travail suffit à créer une atmosphère chaleureuse et aimante au foyer.

À mon avis, le véritable caractère d'un homme aujourd'hui ne réside pas dans le fait d'avoir toujours raison ou d'être toujours fort, mais dans sa capacité à écouter, à protéger sa femme et ses enfants des préjugés dépassés et à être assez sage pour dire non à la violence, à l'alcoolisme, au jeu ou à d'autres habitudes qui pourraient nuire à sa famille.

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M. Nguyen Van Hoa :Depuis la mise en place du modèle, j'ai surtout constaté que de nombreux hommes étaient initialement assez réticents à y participer. Certains disaient : « Je sais déjà faire le ménage, pourquoi devrais-je apprendre ? » D'autres étaient gênés, craignant les moqueries de leurs amis qui les traitaient d'« hommes parlant tout le temps de cuisine ».

Mais lorsqu'ils se sont assis ensemble et ont partagé des histoires tout à fait ordinaires, ils se sont rendu compte qu'ils n'étaient pas les seuls à avoir du mal à concilier travail et famille.

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Des hommes participent au programme « Messieurs en cuisine : renforcer l’amour », organisé par l’Union des femmes Giai Xuan à l’occasion de la Journée de la famille vietnamienne. Photo : fournie par la personne interviewée.

La bonne nouvelle, c'est qu'après chaque réunion, de nombreux membres ont commencé à changer, même de façon très minime : en emmenant proactivement leurs enfants à l'école, en préparant les repas du week-end avec leurs épouses ou en passant plus de temps à discuter avec les membres de leur famille.

À mon avis, le bonheur familial ne se résume pas à de grands gestes. Il se construit sur de petits changements pratiqués au quotidien.

PV :Beaucoup d'hommes dissimulent encore leur stress, y voyant un signe de force. Parallèlement, de nombreuses femmes font des sacrifices en silence, renonçant à leurs loisirs et même à leur épanouissement personnel pour prendre soin de leur famille. Messieurs, comment pouvons-nous briser ce silence de part et d'autre afin que la famille devienne véritablement un lieu où chaque membre est écouté, respecté et soutenu ?

Monsieur Dang Trong TrungÀ mon avis, beaucoup de gens pensent encore que l'amour exige beaucoup de sacrifices. Mais si une seule personne cède toujours et supporte tout le fardeau, tôt ou tard, elle finira par se lasser.

Un homme ne devrait pas considérer le fait de refouler son stress comme un signe de force. Parfois, dire simplement à sa femme : « Je suis fatigué aujourd’hui », ou lui demander spontanément de partager une difficulté liée au travail, est une preuve de confiance précieuse.

À l'inverse, les femmes ne devraient pas s'habituer à subir les choses en silence. Lorsqu'une chose leur déplaît, elles devraient l'exprimer pour que leurs maris comprennent, au lieu de garder le silence et de créer une distance entre eux.

J'ai toujours pensé qu'une famille heureuse n'est pas celle où une seule personne fait le plus de sacrifices, mais celle où personne n'a à se sacrifier seul.

M. Nguyen Van Hoa :Lors de nos réunions, nous posons souvent aux hommes une question très simple : « À quand remonte la dernière fois que vous avez remercié votre femme ? » Beaucoup rient parce que… ils ne s’en souviennent pas.

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En réalité, le changement ne commence pas par de grands bouleversements. Prendre des nouvelles les uns des autres après une journée de travail, s'excuser en cas de colère et exprimer sa gratitude pour des choses apparemment anodines peut transformer l'ambiance familiale.

Je pense que lorsque mari et femme sont disposés à partager leurs sentiments au lieu de souffrir seuls, la famille devient un lieu où chacun a envie de revenir.

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PV :Un modèle n'a de véritable sens que s'il engendre un changement au sein de chaque famille. Quels changements prévoyez-vous après un an, trois ans ou cinq ans ? Et pour que cette démarche ne s'arrête pas aux seules réunions communautaires, de quoi d'autre avez-vous besoin, selon vous ?

M. Dang Trong Trung :J'espère qu'un jour, le partage des tâches ménagères entre les hommes, la garde des enfants, la cuisine et les travaux ménagers sera considéré comme normal, plutôt que comme quelque chose à « louer ».

Notre objectif n'est pas d'obtenir des changements à court terme, mais de transformer les mentalités. Lorsque les hommes évolueront, que les femmes se verront confier davantage de responsabilités et que les enfants grandiront dans l'amour et le respect mutuels, alors ce sera le plus grand succès de ce modèle.

Pour y parvenir, outre les efforts de chaque famille, le soutien du gouvernement, des organisations et de la communauté est essentiel pour garantir que le modèle dispose des conditions nécessaires pour maintenir ses activités, dispenser des formations professionnelles et diffuser des histoires inspirantes à davantage de localités.

M. Nguyen Van Hoa :Ce qui me rend le plus heureux, ce n'est pas le nombre de membres supplémentaires que compte le modèle, mais le fait qu'après chaque réunion, beaucoup d'entre eux commencent à appliquer ce qu'ils ont appris à leurs propres familles.

Gia đình Việt Nam với mô hình gia đình hạt nhân đang ngày càng phổ biến
Partager et se soutenir mutuellement en tant que mari et femme est la clé d'une famille heureuse. Photo : PV

Certains hommes disent avoir appris à s'excuser auprès de leur femme après chaque accès de colère. D'autres ont pris l'initiative d'emmener leurs enfants à l'école pour la première fois ou de participer à la préparation des repas du week-end. Ces changements sont minimes, mais ce sont eux qui déterminent véritablement le bonheur d'une famille.

Je crois que lorsqu'un homme change, ce n'est pas seulement sa famille qui change. Sa femme et ses enfants sont plus heureux, les enfants grandissent dans un environnement plus positif, et ces bonnes valeurs continueront à se diffuser dans de nombreuses autres familles.

PV :Si vous ne pouviez adresser qu'un seul message aux hommes qui lisent cet article, que diriez-vous ?

M. Dang Trong Trung :La famille est un refuge, pas un lieu où déverser sa colère. En tant qu'homme, il suffit parfois de s'abstenir de toute parole blessante, d'être plus à l'écoute ou de participer activement aux tâches ménagères pour préserver la paix au foyer.

M. Nguyen Van HoaNe voyez pas l'amour comme quelque chose de grandiose. Commencez dès aujourd'hui par un repas en famille, une conversation avec vos enfants ou un simple merci à votre conjoint. Le bonheur se construit toujours à partir des plus petites choses.

PV :Merci pour cette conversation !

Thanh Quynh (Rédacteur)