L'UEFA boycotte la FIFA : son projet de vendre pour 10 milliards de dollars d'actions de la Coupe du monde risque de s'effondrer.
Les 55 fédérations membres de l'UEFA ont boycotté à l'unanimité les tournois de la FIFA pour protester contre le projet de commercialisation de la Coupe du monde de Gianni Infantino, d'un montant de 10 milliards de dollars.
Lors d'une réunion d'urgence en ligne de deux heures, les 55 fédérations membres de l'UEFA ont décidé à l'unanimité de boycotter tous les tournois organisés par la FIFA. Cette mesure radicale fait suite au projet du président de la FIFA, Gianni Infantino, de créer une société appelée « FIFA Forward Enterprise », un projet visant à vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés afin de lever 10 milliards de dollars (soit 7,52 milliards de livres sterling).
L'accord unanime des principales fédérations membres, telles que l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Écosse, l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, a fait de cette crise institutionnelle la plus grave de l'histoire moderne du football. Les représentants de la Fédération anglaise de football (FA) ont affirmé que la Coupe du monde appartient à la communauté mondiale du football et se sont fermement opposés à la volonté de la FIFA de commercialiser le tournoi.

La vague de protestations s'est propagée à travers le monde.
Le projet de commercialisation d'Infantino s'est heurté à une forte opposition, non seulement en Europe, mais aussi sur d'autres continents. La Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) a exprimé sa vive inquiétude quant au manque de transparence des procédures de vérification mises en place par les instances dirigeantes compétentes.
Il convient de noter que la Confédération asiatique de football (AFC), organisation considérée comme un proche allié d'Infantino, a également exprimé sa déception de ne pas avoir été consultée sur le projet de vente d'actions. Cette décision unilatérale du président de la FIFA a, de fait, créé une large coalition d'opposition parmi les fédérations continentales.
Liste de nombreux tournois menacés d'annulation.
La décision de boycott de l'UEFA met en péril plusieurs événements mondiaux de la FIFA prévus pour la période 2026-2027. Si la FIFA ne renonce pas à son projet de vente de ses parts, les équipes nationales européennes se retireront officiellement de plusieurs tournois importants, notamment :
- Coupe du monde féminine U20 en Pologne (septembre 2026)
- Coupe du monde féminine U17 au Maroc (octobre 2026)
- Coupe du monde U17 au Qatar (novembre 2026)
- Coupe des championnes de la FIFA à Miami (janvier 2027)
- Coupe du monde féminine au Brésil (juin 2027)

En particulier, la Coupe du monde masculine de 2030, prévue en Espagne, au Portugal et au Maroc, est menacée d'annulation. L'absence de représentants européens priverait directement le tournoi le plus prestigieux de la planète de toute sa valeur professionnelle et commerciale.
L'avantage tactique et la position du football européen
Les analystes sportifs estiment que le projet de Gianni Infantino est totalement irréalisable financièrement sans l'implication de l'Europe. Les statistiques de la Coupe du monde 2026 témoignent de la suprématie du Vieux Continent : 6 des 8 équipes ayant atteint les quarts de finale, les 3 équipes en demi-finales et l'Espagne, championne en titre, étaient toutes membres de l'UEFA.
Un investissement de plusieurs milliards de dollars serait totalement inutile aux yeux des investisseurs si le tournoi était privé de grandes nations comme la France, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne. De plus, l'UEFA et la CONMEBOL sont parfaitement capables d'organiser leur propre compétition mondiale, réunissant les meilleures équipes d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie, et isolant ainsi la Coupe du Monde de la FIFA.

Une crise de confiance pour Gianni Infantino.
Malgré le succès retentissant de la Coupe du Monde 2026, notamment en termes de recettes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, voit sa crédibilité sérieusement mise à mal. De nombreux responsables du football estiment qu'il outrepasse ses prérogatives d'administrateur en tentant de transformer les compétitions en instruments financiers et politiques.
Le premier affrontement de cette rivalité aura lieu en octobre prochain lors des barrages de qualification pour la Coupe du Monde Féminine. La décision des représentantes européennes de participer ou non à la compétition marquera le début d'une profonde restructuration des rapports de force dans le football mondial.