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Les États-Unis visent une domination des marchés gaziers européens via les Balkans.

Thu Trang July 31, 2026 18:40

Les États-Unis consolident progressivement leur position de principal fournisseur de gaz à l'Union européenne (UE), tandis que celle-ci accélère sa transition énergétique et s'affranchit de la dépendance à l'égard de la Russie. Les experts estiment que la région des Balkans, avec son réseau de terminaux méthaniers et de gazoducs la reliant à l'Europe centrale, deviendra un maillon stratégique du plan de Washington visant à étendre son influence énergétique sur le continent.

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Terminal flottant de GNL près de l'île croate de Krk. Photo : AFP

Suite au déclenchement du conflit russo-ukrainien en 2022, la sécurité énergétique est devenue une priorité absolue pour l'Union européenne. Les interruptions répétées des approvisionnements en gaz russe ont incité Bruxelles à accélérer ses plans de diversification de ses sources d'importation et de réduction progressive de sa dépendance à l'égard de Moscou.

Selon le Conseil de l'Europe, la Russie représente actuellement environ 12 % des importations totales de gaz de l'UE. Toutefois, l'Union européenne s'est engagée dans une feuille de route visant à mettre fin aux importations de gaz russe d'ici fin 2027. Pour atteindre cet objectif, elle a investi des milliards d'euros dans les ports de réception de gaz naturel liquéfié (GNL), l'expansion des réseaux de gazoducs et l'augmentation des capacités de réception de gaz transporté par voie maritime.

Les analystes estiment que la transition de l'UE vers le GNL a créé une opportunité majeure pour les États-Unis. Grâce à une forte augmentation de la production de gaz de schiste ces dernières années, Washington est rapidement devenu le premier exportateur mondial de GNL et est désormais le principal fournisseur de GNL de l'UE. Selon les prévisions de l'Institut d'économie de l'énergie et d'analyse financière (IEEFA), d'ici 2026, les États-Unis dépasseront la Norvège pour devenir le premier fournisseur de gaz naturel de l'UE, ce qui marquera un tournant important dans le paysage énergétique de la région.

La Croatie est devenue un maillon essentiel.

L'un des maillons essentiels de la stratégie américaine est le terminal GNL flottant situé au large de l'île croate de Krk. Après sa modernisation, ce terminal a désormais une capacité de réception d'environ 6,1 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit près de 2 % de la consommation totale de gaz de l'UE.

Le gaz naturel importé par le port de Krk est acheminé par des gazoducs le reliant à la Hongrie et à plusieurs pays d'Europe centrale, facilitant ainsi un accès plus direct du GNL américain au marché européen.

Selon l'expert en énergie Ivan Brodic, le rôle du port de Krk pourrait s'accroître encore dans les années à venir, les États-Unis poursuivant leur objectif de remplacer totalement les approvisionnements russes en Europe.

Les États-Unis soutiennent également la mise en œuvre d'un projet de gazoduc entre la Bosnie et la Croatie, reliant la Bosnie au terminal méthanier de Krk avant son intégration au réseau européen de transport de gaz. Selon les experts, ce gazoduc permettra non seulement de diversifier les sources d'approvisionnement de la région des Balkans, mais pourrait aussi ouvrir un nouveau corridor de transport de gaz vers l'Ukraine d'après-guerre à un coût plus compétitif que les itinéraires actuels.

Outre le port GNL de Krk, la Croatie possède également un réseau de pipelines la reliant à la Bosnie-Herzégovine, à la Hongrie, à la Slovénie et à la Serbie, capable de transporter près de 500 000 barils de pétrole brut par jour.

La présence accrue des États-Unis sur le marché gazier européen reflète non seulement une évolution de la structure de l'offre suite au conflit russo-ukrainien, mais indique également que la compétition géopolitique pour l'énergie entre dans une nouvelle phase.

Thu Trang