Comment l'intelligence artificielle va-t-elle transformer les smartphones ?
L'intelligence artificielle (IA) transforme progressivement notre utilisation des smartphones. Au lieu de se contenter d'attendre les commandes de l'utilisateur, les téléphones du futur pourront comprendre le contexte, proposer des suggestions de manière proactive et effectuer de nombreuses tâches à sa place.
Pendant des années, la course aux smartphones s'est principalement articulée autour de caractéristiques bien connues comme la vitesse de traitement, le nombre de mégapixels des appareils photo, la luminosité des écrans ou la capacité des batteries. Mais face à l'amélioration constante du matériel, les fabricants de téléphones cherchent de nouvelles façons de se démarquer.
Google est l'une des entreprises qui illustrent le mieux cette approche. Avec la récente série Pixel 11, la société a non seulement amélioré l'appareil photo et le processeur, mais a également intégré Gemini plus profondément dans l'expérience utilisateur.

Cela indique que les smartphones entrent dans une nouvelle phase : d'un appareil que les utilisateurs doivent contrôler activement, ils deviennent un appareil capable de comprendre l'utilisateur et de l'aider à être plus proactif.
Les smartphones comprendront le contexte au lieu de simplement recevoir des commandes.
Actuellement, la plupart des applications d'IA sur smartphones fonctionnent encore de manière assez simple. L'utilisateur ouvre l'application, pose une question ou fait une requête, et l'IA commence alors à la traiter.
Les futurs téléphones pourraient fonctionner différemment.
L'IA peut comprendre les actions de l'utilisateur, sa localisation, le sujet de la conversation et les informations pertinentes. Grâce à ces éléments, la machine peut formuler des suggestions sans que l'utilisateur ait nécessairement besoin d'exécuter une commande spécifique.
Par exemple, lors de la réception d'un message concernant un rendez-vous, l'IA peut reconnaître l'heure et le lieu, puis suggérer de l'ajouter à l'application Calendrier. Lors de la préparation d'un voyage, l'IA peut regrouper les informations relatives aux vols, aux hôtels et à l'itinéraire provenant de diverses autres applications.
Voilà la principale différence entre un assistant IA et un véritable assistant humain.
L'IA ne devrait pas seulement répondre aux questions, mais aussi comprendre ce que l'utilisateur essaie d'accomplir.
Les smartphones pourraient devenir de véritables « assistants personnels ».
Google appelle cette nouvelle approche sur les appareils Pixel « Gemini Intelligence », où l'IA est profondément intégrée à l'appareil et capable de fournir une assistance plus personnalisée et proactive.
Si cette tendance se poursuit, les utilisateurs n'auront peut-être plus besoin d'ouvrir chaque application pour effectuer une tâche.
Par exemple, au lieu de chercher manuellement une photo dans leur bibliothèque, d'ouvrir une application de retouche, de saisir du texte et de l'envoyer à leurs amis, les utilisateurs indiquent simplement leur message. L'IA identifiera automatiquement une photo appropriée, la retouchera et préparera le contenu pour l'envoi.
À ce moment-là, les téléphones n'étaient plus de simples outils pour exécuter des applications.
Elle sert de couche intermédiaire reliant les utilisateurs aux applications et services sous-jacents.
Les appareils photo des smartphones s'appuieront de plus en plus sur l'IA.
Les appareils photo des smartphones constituent également l'un des domaines où l'IA a engendré les changements les plus significatifs.
En réalité, l'intelligence artificielle est présente dans les appareils photo depuis de nombreuses années. Les téléphones peuvent reconnaître les visages, les scènes, les conditions d'éclairage et ajuster automatiquement les paramètres de prise de vue.
Mais la prochaine génération d'IA pourrait aller encore plus loin.
Sur le Pixel 11, Google continue d'intégrer la puce Tensor G6 au système de caméra afin d'améliorer la photographie en basse lumière, le traitement d'image et les capacités de zoom. Cette nouvelle puce est également utilisée pour accélérer le traitement d'image directement sur le téléphone.
À l'avenir, les utilisateurs n'auront peut-être plus besoin de maîtriser la photographie. L'IA décidera automatiquement du mode de prise de vue, de la mise au point, de la gestion de l'éclairage et sélectionnera le meilleur moment d'une vidéo.
En d'autres termes, la course aux appareils photo pourrait progressivement passer de « la qualité du matériel » à « la qualité du traitement par IA ».
L'IA sera traitée plus directement sur les smartphones.
Autre changement important : l’IA sera de plus en plus déplacée des serveurs cloud vers les appareils.
Cela nécessite que les smartphones soient équipés de processeurs dédiés à l'IA. Le Tensor G6 du Pixel 11 en est un exemple. Google affirme que cette puce intègre un processeur d'IA dédié (TPU) amélioré, permettant de traiter les tâches d'IA sur l'appareil de manière nettement plus rapide et économe en énergie.
Le traitement de l'IA directement sur votre téléphone offre plusieurs avantages indéniables.
Tout d'abord, il y a la rapidité. Les utilisateurs n'ont pas à attendre que les données soient envoyées au serveur puis qu'ils reçoivent les résultats.
Deuxièmement, il offre la possibilité de fonctionner sans connexion Internet pour les tâches prises en charge.
Troisièmement, et c'est peut-être le plus important, il y a la protection de la vie privée. Les données sensibles, telles que le contenu des messages, les images ou les informations personnelles, peuvent être traitées directement sur l'appareil au lieu d'être intégralement envoyées à un serveur.
Ce sera l'un des principaux axes de concurrence entre les fabricants de puces et de smartphones dans les années à venir.
Les smartphones sauront-ils ce dont les utilisateurs ont besoin avant même qu'on le leur demande ?
Cela pourrait être le plus grand changement.
Un smartphone classique ne réagit qu'après une interaction de l'utilisateur. Mais les smartphones dotés d'une intelligence artificielle poussée peuvent adopter un modèle proactif et d'assistance.
Par exemple, si un utilisateur se rend fréquemment à un endroit à une certaine heure, l'IA pourrait lui rappeler ses rendez-vous ou lui fournir des informations sur le trafic. Si un vol est sur le point de décoller, l'IA pourrait afficher les informations de vol à l'écran sans que l'utilisateur ait à les rechercher.
De même, l'IA peut reconnaître une conversation mentionnant un restaurant et suggérer son emplacement, ses horaires d'ouverture ou un itinéraire.
Google déploie également cette approche proactive sur d'autres appareils de son écosystème. Sur la Pixel Watch 5, Gemini est conçu pour fournir des informations et des suggestions contextuelles pertinentes, par exemple en aidant les utilisateurs à effectuer des tâches qu'ils devaient auparavant rechercher eux-mêmes sur leur téléphone.

Cela laisse penser que l'avenir ne se limitera peut-être pas à l'IA sur les téléphones, mais concernera plutôt la compréhension par l'IA de l'écosystème complet des appareils des utilisateurs.
Lorsque Gemini pourra fonctionner sur les téléphones, les montres connectées, les casques audio, les lunettes connectées et autres appareils, les utilisateurs n'auront plus forcément besoin de sortir leur téléphone à chaque fois qu'ils auront besoin d'informations.
On peut poser une question via un casque. Une notification peut apparaître sur la montre. Des lunettes connectées peuvent fournir des informations directement devant les yeux. Le téléphone sert de plateforme centrale pour la connectivité et le traitement des données.
Google étend simultanément l'intelligence artificielle à une large gamme d'appareils, ce qui laisse penser que les smartphones ne sont qu'un élément d'un nouvel écosystème informatique personnel.
Mais plus l'IA devient intelligente, plus les questions de confidentialité deviennent importantes.
Cette commodité soulève également une question cruciale : de combien d’informations l’IA a-t-elle besoin sur les utilisateurs pour fournir une assistance aussi efficace ?
Plus un assistant IA comprend son utilisateur, plus il a besoin d'accéder à des données : agendas, localisation, messages, e-mails, photos, contacts et habitudes d'utilisation.
C’est pourquoi les capacités de traitement de l’IA embarquée et les technologies de sécurité deviendront tout aussi importantes que les performances.
Google affirme que le Pixel 11 combine le Tensor G6 avec la puce de sécurité Titan M3, ajoutant ainsi des mécanismes de protection des données supplémentaires à l'appareil.
À l'avenir, les utilisateurs ne se contenteront peut-être plus de demander à leur téléphone « Quelle est la puissance de l'IA ? », mais aussi « Que sait l'IA de moi et où ces données sont-elles traitées ? »
La course aux smartphones est sur le point de changer.
L'IA ne fait pas disparaître les éléments traditionnels des smartphones. L'écran, l'appareil photo, la batterie, le design et les performances restent des éléments essentiels.
Mais l'IA crée une nouvelle couche d'expérience qui se situe au-dessus de tous ces éléments.
De meilleurs appareils photo permettent de prendre de meilleures photos. Des puces plus puissantes permettent aux applications de s'exécuter plus rapidement. Mais l'IA peut combiner toutes ces capacités pour accomplir une tâche à la place de l'utilisateur.
Dans les prochaines années, les utilisateurs accorderont peut-être moins d'importance au nombre de cœurs du processeur ou au nombre de mégapixels de l'appareil photo d'un téléphone. Ce qui comptera pour eux sera peut-être plus simple : ce téléphone me comprend-il vraiment et me fait-il gagner du temps ?
À ce moment-là, les smartphones ne seront plus seulement des appareils permettant de passer des appels, d'envoyer des messages, de prendre des photos ou d'exécuter des applications ; ils deviendront des assistants personnels dotés d'intelligence artificielle, toujours aux côtés de l'utilisateur.