Deux heures de paillettes

Ces derniers jours, mon quartier a vibré au rythme des répétitions de danse et de chant des enfants. Chaque soir, ils affluent au centre culturel du quartier, expliquant qu'ils répètent pour une cérémonie à venir. Les adultes, intrigués, les suivent dehors pour voir ce qui se passe. Sous la direction des membres de l'association de jeunesse, les enfants dansent en rythme sur l'air de « Trois bougies scintillantes ». On y joue aussi une pièce de théâtre sur la famille, qui dépeint un repas familial à une époque où les parents travaillaient dur pour subvenir aux besoins de leur famille. En voyant la banderole « Bonne fête de la famille vietnamienne », les adultes hochent la tête, comprenant : c'est donc cette cérémonie qui enthousiasme tant les enfants de notre quartier défavorisé.

La Journée de la Famille vietnamienne a été instaurée en 2001 et est célébrée chaque année le 28 juin. Cela fait 22 ans – ce n'est pas une nouveauté, mais les parents l'oublient souvent. Même dans ce quartier modeste qui compte des centaines de foyers, rares sont ceux qui s'en souviennent. Sans les espiègleries des enfants, ce jour serait peut-être encore, pour les adultes, un mercredi comme les autres, une journée de travail et de labeur, sans aucune notion de fête particulière.

De nos jours, les liens familiaux s'estompent. Ce fossé se creuse en raison des différences générationnelles, des mentalités divergentes et des modes de vie variés. Ces facteurs contribuent à l'affaiblissement des liens familiaux par rapport à autrefois.

De nos jours, les parents sont préoccupés par les difficultés de gagner leur vie, surtout dans les villes trépidantes. Après l'école, les enfants sont absorbés par les jeux et autres divertissements attrayants sur les réseaux sociaux. En grandissant, ils se feront des amis et mèneront leur vie comme ils l'entendent. Ou, une fois qu'ils commenceront à travailler et à gagner de l'argent, ils iront prendre un café l'après-midi, feront des sorties, sans oublier ceux nés dans les années 90 et 2000 qui sont plus enclins à quitter le nid familial et à vivre de manière indépendante. Par conséquent, le lien familial se distend. Un repas de famille réunissant tous les membres n'a lieu qu'une fois par mois, une fois par an, ou même pendant le Têt (Nouvel An lunaire).

Pour les migrants venus de tout le pays et affluant vers les grandes villes pour gagner leur vie, leurs familles restent dans leurs villages. La vie est trépidante, et le long voyage du retour rend le mot « famille » presque insignifiant. De temps à autre, ils passent quelques coups de fil, qui ne durent que quelques minutes. S'ils utilisent les réseaux sociaux, ils font un bref appel vidéo avant de replonger dans le tourbillon de la vie citadine. Même un court week-end est impossible pour rentrer ; ce n'est que pendant les vacances qu'ils entreprennent le long voyage. Le concept de « famille » est présent, mais ils doivent s'y résigner. Souvent, ce séjour au pays ne dure que quelques jours, pendant le Têt (Nouvel An lunaire), avant qu'ils ne retournent en ville, confrontés aux difficultés de la vie. Le temps passe, la vie suit son cours, et le désir et les souvenirs s'estompent avec les soucis quotidiens. Finalement, cela devient une habitude ; le mot « famille » reste enfoui au fond du cœur, avec peu d'occasions de l'exprimer.

Ainsi, la Journée de la Famille vietnamienne nous rappelle les origines de l'amour, notre présence physique dans ce monde, et nous montre simplement qu'au milieu du tumulte de la vie, il existe un jour pour nous souvenir de ces deux mots précieux : Famille. Chacun a une famille au sein de laquelle il a grandi, qu'il a quittée, à laquelle il est revenu, et auprès de laquelle il fondera à son tour sa propre famille. Par conséquent, le mot « Famille » n'est pas seulement sacré comme le sang qui coule dans chaque cellule, mais aussi d'une beauté rayonnante, à l'image de l'identité culturelle du peuple vietnamien.

La famille a toujours été considérée comme une cellule indispensable de la société, le berceau qui façonne et élève des individus de bon caractère. Une famille saine engendre une société saine, et une société saine donne un sens à la vie. Et une vie qui vaut la peine d'être vécue commence parfois par la voix rayonnante des enfants d'aujourd'hui.


Article rédigé par : Tong Phuoc Bao
Photo d'illustration : TL