Festival des combats de buffles : L'esprit chevaleresque de la province de Nghe An.
(Baonghean)Le festival de combats de buffles de la commune de Nghi Thai (district de Nghi Loc) s'est déroulé sur deux jours, du 12 au 13 septembre, attirant des milliers de personnes de Phuc-Thai-Tho et de la ville de Vinh, ainsi que des visiteurs d'autres régions.
Pour la troisième année consécutive, ce festival « à l'échelle de la commune » a été organisé, avec la participation de 16 buffles. Le festival de combats de buffles s'est conclu avec succès par la remise d'un prix de 15 millions de dongs au buffle numéro 36, appartenant à M. Dang Van Ngoc du hameau de Thai Loc, commune de Nghi Thai, district de Nghi Loc.
Le festival des combats de buffles témoigne de l'esprit chevaleresque et du caractère héroïque profondément ancrés dans la civilisation rizicole du Vietnam ancien. On ignore la date exacte de son origine, mais il est aujourd'hui devenu un élément culturel traditionnel et emblématique de nombreuses localités du pays, comme le district de Do Son, la ville de Hai Phong, le district de Lap Thach, la province de Vinh Phuc, et plus récemment la commune de Nghi Thai, district de Nghi Loc, province de Nghe An. Dans cette commune, les buffles participent aux combats depuis 2009 (deux animaux), puis cinq en 2010. Cette année, le festival a pris une ampleur considérable, avec la participation de seize buffles. L'organisation, assurée avec professionnalisme, a notamment bénéficié de la présence de gardiens et de responsables des buffles venus de Do Son, Hai Phong (où se tient chaque année le festival national des combats de buffles).

Deux « taureaux » s'affrontèrent, cornes serrées, étincelles jaillissant.
Malgré la pluie, les spectateurs ont assisté au festival.
À Do Son, on recherche avec soin des buffles de combat, en se rendant dans des villages de montagne reculés, voire jusqu'au Laos et au Cambodge. On y passe des semaines à manger et à dormir pour sélectionner le meilleur, et on investit des centaines de millions de dongs dans ses soins jusqu'à son entrée dans l'arène. À Nghe An, en revanche, la pratique des combats de buffles est plus primitive et plus simple. Les « buffles de combat » de l'arène de Nghi Thai sont tous sélectionnés dans leurs propres fermes, où ils travaillent encore aux côtés des agriculteurs, avec une alimentation à peine meilleure que celle des buffles ordinaires… Cela dit, « ce loisir demande beaucoup d'efforts », et tous les buffles ne sont pas aptes au combat. M. Nguyen Van Chung, propriétaire du buffle numéro 5, a partagé son expérience en matière de sélection : les buffles de combat doivent avoir des yeux rouges, épais et charnus, avec des paupières supérieures et inférieures proéminentes ; leurs cornes doivent être recourbées, larges et robustes. Les sabots antérieurs doivent être courts, et outre les volutes, un bison doit en présenter quatre en commun : deux sur les épaules et deux sur les hanches. Une seule volute sur la tête indique un bison espiègle, tandis que deux volutes indiquent un bison docile.
L'élevage de ces buffles pour les combats de Nghi Thai ne coûte pas cher, mais les soins sont méticuleux et bien organisés. M. Vuong Dinh Bac, propriétaire du buffle numéro 12, explique : « Les buffles doivent être vaccinés avec soin et leur alimentation doit être étudiée avec attention. À certaines périodes, nous leur donnons des aliments qui les rendent hyperactifs, brûlants de chaleur et les yeux injectés de sang ; à d'autres périodes, nous leur donnons des aliments rafraîchissants pour accroître leur endurance pendant le combat. »
Durant les deux jours du festival, malgré les fortes pluies, une foule immense s'est pressée autour de l'arène des combats de buffles, impatiente d'assister à ce spectacle d'arts martiaux. L'arène était en fait le stade du village. Bien que les organisateurs aient érigé de solides barrières en bambou, celles-ci n'ont pu contenir l'afflux croissant de spectateurs curieux à chaque combat, provoquant parfois l'effondrement d'un coin de l'arène sous les bousculades. De nombreux spectateurs grimpaient aux arbres pour mieux voir, et les toits et les immeubles se transformaient en tribunes improvisées. Lorsque les buffles entraient dans l'arène, le public explosait de joie, d'applaudissements et de commentaires enthousiastes. Les coups de tête enflammés, les chocs de cornes et les poursuites entre les buffles, au milieu des acclamations ferventes de la foule, conféraient au festival des combats de buffles un caractère unique…
Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ces « buffles de combat » sont tous de vaillants guerriers. Selon la coutume villageoise, leur viande est abattue et vendue comme porte-bonheur et symbole de prospérité, car les villageois croient qu’en manger un morceau porte bonheur : de 150 000 à 500 000 VND le kilogramme, selon que le buffle ait perdu lors des qualifications ou se soit qualifié… Ce festival est organisé avec une forte mobilisation sociale, attirant le soutien de 24 entreprises et récoltant plus de 150 millions de VND pour son organisation. Aucun vice ni jeu d’argent n’est toléré pendant le festival. L’entrée est gratuite et le public peut assister aux combats et s’imprégner de l’atmosphère festive, riche en culture traditionnelle et témoignant de l’esprit martial des habitants de Nghệ An.
Thanh Chung