Partie 4 : La participation active de tous les niveaux et de tous les secteurs est nécessaire.
(Baonghean)Suite à la série d'articles intitulée « Mise en œuvre du dispositif de soutien aux victimes de l'empoisonnement à l'Agent Orange », le journal Nghe An a reçu de nombreux commentaires. Non seulement les personnes chargées du traitement des demandes d'aide ont trouvé les procédures complexes et fastidieuses, mais les responsables ont également exprimé de nombreuses inquiétudes à ce sujet. Les journalistes de Nghe An ont interviewé les dirigeants des services et organismes concernés..
M. Dinh Xuan Tu - Président de l'Association des victimes de l'Agent Orange dans la province de Nghệ An : Les responsables politiques n'ont pas encore fait preuve d'empathie envers les victimes.
D'après les témoignages des victimes de l'Agent Orange recueillis par l'Association, les responsables politiques restent inflexibles, voire méconnaissent les politiques en vigueur et font preuve d'un manque d'empathie envers les victimes, ce qui engendre des difficultés et des obstacles pour les demandeurs d'aides. Dans certains cas, une même demande est traitée différemment selon les personnes, en raison de relations personnelles. De ce fait, de nombreuses personnes ont recours à des intermédiaires pour faire approuver leur demande. Nombre d'entre elles se sont plaintes auprès de l'Association des victimes de l'Agent Orange d'abus de pouvoir et de harcèlement de la part de fonctionnaires aux niveaux local, communal, régional et municipal, ainsi que du recours à des intermédiaires pour faciliter l'obtention des aides liées à l'Agent Orange. Il est donc nécessaire d'intégrer des membres de l'Association des victimes de l'Agent Orange à tous les niveaux de la commission d'examen des demandes.
Le Département du Travail, des Invalides et des Affaires sociales de la province de Nghệ An applique des critères plus stricts et plus exigeants que le Ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales pour l'examen des demandes de traitement préférentiel des victimes de l'Agent Orange. L'examen de ces demandes ne peut être effectué dans un délai précis (bien que notre province ait fixé une date limite au 31 décembre 2012), mais doit être achevé une fois toutes les demandes en attente traitées. La principale difficulté actuelle réside dans le fait que les personnes ayant participé au mouvement de résistance dans les zones contaminées par l'Agent Orange ont perdu leurs documents et ne peuvent donc pas finaliser leur demande. Il est donc nécessaire que tous les niveaux de gouvernement mettent en œuvre des solutions spécifiques et apportent leur soutien afin de faciliter le dépôt de leur demande de traitement préférentiel.
M. Nguyen Dinh Minh - Vice-président de l'Association des anciens combattants de la province de Nghe An : Il y a encore trop d'affaires en attente.
Actuellement, de nombreuses demandes dûment remplies restent en suspens car personne n'ose en vérifier l'exactitude, et les demandeurs doivent attendre l'avis du conseil d'évaluation à différents niveaux. Dans certains districts, les fonctionnaires du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales exigent la présentation des documents originaux (alors que des photocopies certifiées conformes peuvent être utilisées et comparées aux originaux). Or, ces documents originaux étant liés à d'autres prestations, les demandeurs craignent de les perdre et n'osent donc pas les fournir.
Nous demandons aux organismes responsables d'examiner rapidement les demandes soumises à tous les niveaux et, si des documents sont manquants, de leur demander de fournir les informations manquantes.
En raison d'un manque de coordination entre les agences et les services compétents, il est difficile de savoir qui remplit les conditions d'éligibilité, ce qui entraîne une ruée vers les demandes de traitement préférentiel. Faute de clarté, même les personnes éligibles doivent recourir à des intermédiaires pour faire traiter leur dossier. À mon avis, le nombre de demandes traitées par ces intermédiaires et celui des demandes transmises aux instances supérieures et en attente d'approbation sont loin d'être négligeables.
Pour remédier à cette situation, les services compétents et les autorités locales doivent coordonner leurs efforts afin de sensibiliser le public aux critères d'éligibilité à ces aides préférentielles et d'aider activement les victimes de l'Agent Orange à constituer leurs dossiers de demande. Il est essentiel que chacun comprenne clairement son éligibilité et ne les accepte pas sans réfléchir aux risques d'exploitation ou d'escroquerie.
M. Nguyen Thanh Phung - Directeur adjoint du Département du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales de Nghe An : De nombreux districts n'ont pas bien diffusé l'information et mis en œuvre le programme jusqu'au niveau local, ce qui entraîne des retards et des demandes non valides.
Concernant l'existence de réseaux d'intermédiaires facilitant le traitement des demandes d'indemnisation, il est impossible pour l'instant de la confirmer, la procédure de demande et d'approbation impliquant de nombreux services et organismes. Fin 2009 et début 2010, selon l'opinion publique à Dien Chau, un tel réseau existait, facilitant le traitement des demandes d'indemnisation pour les victimes de l'Agent Orange. Le Département du Travail, des Invalides de Guerre et des Affaires Sociales, en collaboration avec la Police Provinciale, a vérifié ces informations. Sur les plusieurs milliers de demandes soumises au Département du Travail, des Invalides de Guerre et des Affaires Sociales du district de Dien Chau, 42 % ont été jugées irrecevables.
Avant de soumettre la décision 1197 (14 avril 2011) à la province (une décision que beaucoup jugent plus stricte que dans d'autres provinces, pénalisant ainsi les victimes), nous avons dépêché des délégations afin de tirer des enseignements des expériences d'autres provinces et d'élaborer un plan à soumettre au Comité populaire provincial. Nous avons invité les districts et les parties prenantes à des sessions de formation préalables à la mise en œuvre. En raison de la complexité des procédures de demande dans certaines provinces, le ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales a publié, le 23 mai 2011, un document stipulant que la priorité devait être accordée aux cas de cancer et à ceux dont les dossiers médicaux dataient de 2009 ou d'avant. Ce document nous a contraints à suspendre temporairement le traitement des dossiers ne relevant pas de ces catégories.
De nombreuses demandes soumises au Département provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales sont rejetées parce que les niveaux de district et de commune ne procèdent pas à des évaluations approfondies, ce qui conduit à des demandes non valides, et dans certains cas, même à des demandes de personnes qui n'ont pas servi dans l'armée.
Le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales a émis des directives et exhorté les bureaux du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales des districts à agir. Or, lors du dernier examen (9 septembre 2011), sept districts – Con Cuong, Ky Son, Dien Chau, Yen Thanh, Tan Ky, Quy Hop et Que Phong – n'avaient toujours pas constitué les dossiers nécessaires à l'examen. Sur les 13 districts et communes restants, 203 des 238 dossiers soumis ont été examinés, laissant 35 dossiers invalides. De nombreux districts n'ont pas suffisamment diffusé l'information ni mis en œuvre le programme sur le terrain, ce qui entraîne des retards et des dossiers invalides.
Par ailleurs, les conditions fixées par le ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales, le ministère de la Défense nationale et le ministère de la Santé pour l'examen des demandes d'aide aux victimes de l'Agent Orange demeurent problématiques et déraisonnables, ce qui complique le processus d'examen. Dans l'immédiat, le Département s'attachera à traiter les dossiers conformément à la lettre officielle du ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales en date du 23 mai 2011. Les dossiers restants seront compilés et transmis au ministère du Travail, des Invalides et des Affaires sociales afin qu'il prenne les mesures nécessaires.
Afin de prévenir les escroqueries et les abus de la part d'intermédiaires lors du dépôt des demandes, les districts, les villes et les communes doivent veiller à une bonne diffusion de l'information et afficher les formulaires de demande dans les mairies et les bureaux de quartier pour faciliter leur accès. Les autorités des districts et des villes doivent inciter les collectivités locales à mettre en œuvre ces mesures et à assurer une coordination active entre les différents secteurs.
Équipe de journalistes