«Chaque pouce carré de terre vaut son pesant d'or.»

March 12, 2015 09:59

(Baonghean) – L’autre jour, j’ai lu un article sur des agriculteurs d’une commune qui subissaient d’énormes pertes à cause d’une récolte exceptionnelle de chayottes. Des tonnes de chayottes sont restées invendues, servant soit à nourrir le bétail, soit à pourrir au pied des plants comme engrais. Après quelques années où la chayote a brillé comme une solution miracle pour les agriculteurs, les surfaces cultivées se sont étendues spontanément, entraînant une surproduction…

Nos ancêtres nous enseignaient souvent que « tout excès nuit en tout », et pourtant, paradoxalement, notre peuple apprécie généralement l'abondance, parfois jusqu'à l'excès. Manger et boire se doit d'être fastueux, signe de richesse et d'hospitalité. Quant aux aliments nutritifs, qu'ils viennent d'Orient ou d'Occident, d'hier ou d'aujourd'hui, qu'ils soient yin ou yang, ou encore des cinq éléments, pourvu qu'ils soient rares ou précieux, ils les dévorent sans hésiter. En réalité, cette façon de penser et de vivre est à la fois irrationnelle et source de gaspillage.

Non seulement en matière d'alimentation et de consommation, mais aussi parce que la préférence pour la quantité semble profondément ancrée dans l'inconscient collectif. Un exemple flagrant : dès qu'un magasin ou un produit rencontre le succès, tout le monde s'empresse de le copier, d'utiliser les mêmes méthodes, voire de le commercialiser sous la même marque. Résultat : des rues entières se retrouvent avec des boutiques arborant toutes le même nom et, pour se démarquer, ajoutant des termes comme « authentique », « véritable », « original », etc. Comble de l'ironie, le vol de marque est monnaie courante : voyant prospérer un commerce, le propriétaire décide de résilier le bail et d'ouvrir sa propre boutique sous la même marque. Bien entendu, au bout d'un certain temps, les clients apprennent à distinguer le produit authentique des contrefaçons. En clair, la passivité, la paresse intellectuelle et la recherche de la facilité ne mènent pas au succès.

Pour revenir à l'histoire de la chayote, certains pourraient se demander : quel est le lien avec le vol de marque mentionné précédemment ? En réalité, l'expansion spontanée de la culture de la chayote constitue également une forme de vol de propriété intellectuelle. Cependant, elle n'est pas entièrement négative, car elle découle d'une intention louable : celle de s'inspirer de modèles performants et de les appliquer. Néanmoins, un manque de planification, une évaluation erronée de la demande et de l'échelle du marché ont entraîné une surproduction, provoquant une chute vertigineuse des prix et rendant même impossible la vente des chayotes. Si, au lieu de copier mécaniquement le modèle de culture de la chayote, on avait envisagé d'autres légumes et fruits, ou des services connexes tels que le transport et les intermédiaires, on aurait pu préserver la valeur économique de ce produit agricole facile à cultiver et à fort potentiel.

Ông Hồ Văn Đước (xóm 6, xã Quỳnh Liên) gom quả su su làm phân bón.
M. Ho Van Duoc (Hameau 6, Commune de Quynh Lien) ramasse des fruits de chayote pour les utiliser comme engrais.

En fin de compte, tout se résume à un manque de dynamisme, une mentalité étriquée et une pensée mécanique. Une croyance naïve et mécanique selon laquelle la position d'un produit sur le marché est immuable. Or, la valeur économique dépend de deux variables étroitement liées : l'offre et la demande. Si l'offre et la demande sont relativement équilibrées, la valeur du produit restera stable. Tout écart entre ces deux variables entraînera des fluctuations de la valeur économique du produit, à la hausse comme à la baisse, jusqu'à atteindre inévitablement un point de saturation. De même, les individus doivent s'adapter et répondre aux besoins changeants de la société pour garantir leur valeur et leur place au sein de celle-ci. La passivité, la paresse et le manque de créativité mèneront inévitablement à la saturation et à l'oubli, à l'image d'une chayote mûre après une mauvaise récolte. Quelle place souhaitez-vous occuper dans cette société ? Chacun souhaite acquérir un bon lopin de terre, mais la surpopulation épuise même les terres les plus fertiles. Trouver des espaces libres, les « réhabiliter » et les « aménager » en atouts précieux : voilà comment affirmer sa propre valeur !

Hai Trieu

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